Ca y est le vent s'est levé...mais un peu trop fort.
Jeudi dernier, Cheikh nous envoie un mail où il nous anonce que des vents très violents, inhabituels pour cette époque de l'année, se sont abattus sur Sowane. Résultat, une des pièces en bois de l'éolienne s'est cassée.
Nous contactons directement Cheikh et Seikou qui nous rassurent sur la situation. Le système de maintenance mis en place pendant notre mission s'est mis en marche. La pièce n'étant pas réparable sur Sowane, Seikou l'avait ramenée à Cheikh qui s'est chargé de la transférer au Centre Don Bosco. La pièce sera réparée et réinstallée d'ici deux semaines.
Points positifs de cette casse, le système de maintenance mis en place fonctionne correctement et malgré la violence de la tempête, la pompe n'a pas été touché et seule une pièce, possédant certainement un défaut de fabrication, a été endommagé.
Le problème de cette maintenance réside dans la mise en place des moyens financiers pour payer les différents frais de Cheikh et du Centre Don Bosco. En effet, le Comité de Gestion créé à Sowane n'a pas encore suffisament de fonds pour payer l'ensemble de l'opération, une aide financière devra donc être envisagée.
Sowane, le retour….du 29 aout au 5 septembre
Nous quittons donc Damien et Julien à Mbailing et nous dirigeons vers notre petit village de Sowane. Rien n’a bougé, les hommes se retrouvent toujours sous le manguier pendant les périodes de chaleur, les femmes préparent le repas, les enfants courent et crient, un monde en dehors du temps… Nous rendons visite à Mamadou et sa famille, et nous mettons au courant des dernières actualités : le puits est terminé, l’équipe du village jouera la finale d’un autre championnat de foot, bref tout va bien. Le repas n’est pas encore prêt, nous allons nous reposer un peu, en fait, nous n’arriverons pas à nous relever de tout l’après-midi. Philippe est cloué au lit à cause d’un gros mal de tête et moi à cause de mon mal de dos… Le rythme soutenu des 4 jours de fabrication à Thiès nous a exténué. L’installation se fera finalement le lendemain matin.
Nous nous levons tôt afin de profiter de la « fraicheur » du matin, après différents réglages sur l pompe nous nus dirigeons enfin vers le puits. L’eau est bien présente mais elle est très boueuse, impossible de voir le fond du puits. L’installation se poursuit, de nombreux villageois nous rejoignent, curieux de voir notre système, le soleil commence à taper très fort. Enfin, nous descendons la pompe, effectuons quelques réglages : adapter la longueur de la transmission au puits, couper les tubes PVC et placer la pompe sous l’éolienne. Tout est prêt, hélas, ce que nous ignorions c’est que ce puits récemment creusé avait un fond complètement ensablé. La pompe s’est donc enfoncée dans le sol et les mesures prises précédemment n’ont plus lieu d’être. Bon, ne paniquons pas, chacun se met à chercher une solution. Les villageois tentent de nous aider, cela devient une affaire publique…. Nous trouvons finalement un raccord qui fera l’affaire, il est déjà l’heure d’aller manger, il faudra revenir cet après-midi. 15hr, le thermomètre indique 40°C, nous nous dirigeons malgré tout vers les champs. La réparation est faite, nous replongeons la pompe. Soulagement, elle marche ! Mais l’eau reste au fond du puits… Et oui, nous avions voulu faire un essai en remplaçant le tuyau d’arrosage par de l’Anjou mais les raccords fuient énormément, impossible de remonter de l’eau ! Quelques essais de serrage sont faits mais non, vraiment cette solution ne convient pas, il faut aller à Fatick, à 7km, pour racheter les raccords et le tuyau nécessaire. L’installation se terminera donc le lendemain matin, nous l’espérons du moins…La frustration se fait sentir, la fatigue aussi mais les villageois qui restent souriants et confiants, nous rassurent.
Lendemain matin, nous nous remettons au travail et au bout de quelques heures, enfin, le système marche ! Le vent n’est pas au rendez-vous mais chacun s’amuse à faire tourner l’éolienne à la main et à voir cette eau qui sort. Tout le monde nous dit de ne pas nous en faire, il y aura assez de vent pendant la saison sèche pour faire fonctionner la pompe. Nous restons tout l’après-midi près de l’éolienne, peut-être pourrons nous faire des essais si le vent se lève….
Le lendemain le vent n’est toujours pas de la partie, nous partons en charrette à Fatick avec Thierno, le fils de Mamadou, pour faire quelques courses et commander des boubous. L’après-midi nous travaillons sur les livrets et attendons le vent… Le lendemain, très tôt, le vent nous réveille et nous décidons de profiter de ce vent pour faire des mesures de débits… Une fois ces valeurs obtenues, nous décidons de changer la taille des pistons afin d’avoir d’autres valeurs… Seulement voilà, nous avons oublié une pièce ! Un aller-retour à Thiès s’impose, il nous faudra nous lever tôt demain pour y aller et faire les essais dans la même journée afin de ne pas perdre de temps.
Nous partons donc et en profitons pour prendre Cheikh au passage afin qu’il suive l’installation et la mise en place du comité de gestion de la Pompe Valdes à Sowane. De retour, nous nous mettons au travail tout l’après-midi.
Lendemain très tôt, nous remettons le piston censé être utilisé par la suite à Sowane, et la pompe fonctionne du premier coup, pour une fois ! Heureusement d’ailleurs, car nous devons par la suite animer la réunion avec Seikou pour organiser le comité de gestion de la pompe. Nous sommes surpris par le nombre de participants : le chef du village, le Comité Villageois au Développement (CVD), Seikou (coordinateur de la DAHW) et l’ensemble des maraîchers bénéficiaires ou futurs bénéficiaires des puits et de la pompe, en tout, 26 familles du village sont présentes. La réunion se passe encore mieux que nous l’avions prévue, le comité de gestion est créé devant nous, les villageois ont tenu à s’appuyer sur les structures déjà existantes du CVD et ont nommé le responsable de la commission hydraulique président et le responsable de la commission environnement vice président du comité de gestion. Ceux-ci se trouvent être les deux responsables de la maintenance. Mais pour ne pas qu’il y ait de problèmes au niveau de la gestion de l’argent, une trésorière est nommée. Celle-ci est aussi directement concernée par le projet. En effet, son mari n’est autre que le premier bénéficiaire de la pompe. Ce Comité nous semble bien équilibré avec la gestion des actions confiée aux responsables de la maintenance et la trésorerie à une bénéficiaire de la pompe. En ce qui concerne la maintenance, les 26 familles bénéficiaires s’engagent chacune à verser 250 fr cfa par mois c'est-à-dire que la caisse destinée à rembourser les frais de maintenance contiendra en 6 mois 60 euros. Cela nous semble largement supérieur à ce qui devrait être nécessaire, qi sait si tout se passe bien peut-être que les villageois pourront se payer eux-mêmes une pompe un jour ! Il est aussi important de noter que seules 3 familles bénéficient pour l’instant de l’usage de la pompe, les autres paient simplement en tant que futurs bénéficiaires…
Nous ressortons donc de la réunion très satisfaits, et commençons à penser à aller rejoindre les autres à Mbailing pour faire les essais avec eux… Nous retournons jeter un dernier coup d’œil à la pompe, et là une surprise nous attendait. La pompe ne fonctionne plus. Nous commençons vraiment à nous inquiéter… La pompe est donc sortie du puits et démontée. Un rouleau a été cassé, l’arbre est sorti de son logement et a bloqué le système. Il nous faut vraiment faire des modifications et remettre des collerettes sur les rouleaux des paliers. En fait, nous nous étions déjà rendu compte de ce problème et l’avions corrigé sur la deuxième pompe mais il semble maintenant nécessaire de faire de même avec la première. Un retour à Thiès s’impose…
Nous partons donc le lendemain matin pour Thiès, nous profitons de la journée pour rencontrer le directeur des eaux et forêts de la région de Thiès qui nous donnent tous les contacts nécessaires pour commander du bois en Casamance. Nous passons aussi par la principale quincaillerie de Thiès pour négocier les prix, nous leur laissons la liste des fournitures et nous repasserons la semaine prochaine à notre retour de Sowane. Le lendemain matin, nous partons pour le Centre Don Bosco, où par chance, François et Etienne, deux des professeurs ayant suivis la formation sont là et nous proposent leurs aides. Nous terminons ainsi les modifications vers 16h. Heureusement car une fois revenus l’après midi pour réaliser les dernières finitions, le courant fait défaut. Nous terminons notre travail et revenons à l’auberge. Nous partons pour Mbailing le lendemain matin avec Cheikh, nous arrivons à la fin de la réunion pour la création d’un Comité de gestion, la situation emble plus difficile qu’à Sowane avec l’abandon du périmètre maraîcher à cause de la salinité de l’eau. Nous faisons le point sur l’installation de l’éolienne normalisée et nous partons après le repas pour Sowane. Nous arrivons dans la soirée, l’installation sera pour le lendemain. Nous voici déjà en fin de semaine, l’installation de la pompe nous prend la matinée entière. Nous décidons de rester jusqu’au lendemain midi pour réaliser les derniers essais. Malheureusement, le vent fait défaut et à l’heure du départ le doute subsiste…Nous faisons nos adieux aux villageois en espérant revenir un jour, nous partons en passant une dernière fois par la pompe. Le vent décide de se lever et l’éolienne se met à tourner, ça y est nous y sommes arrivés…enfin. Nous pouvons donc partir l’esprit tranquille pour rejoindre MBailing et sa grande éolienne.
Après cette dernière semaine passée entre Peycouck et Thiès, pour régler les quelques affaires, nous voilà prêts à partir. Nous regagnons la France par groupe de deux, comme au départ. Damien et Julien seront de retour sur le sol français le dimanche, Anaïs et Philippe le lundi.
Il nous restera à publier les lettres de ces deux dernières semaines, passées en compagnie des sénégalais qui nous ont suivi dans notre travail et qui vont beaucoup nous manquer.
Le travail n'est pas terminé pour nous ; beacoup de documents, notices, compte-rendus, feuilles de comptes restent à faire à notre retour. Puis il faudra penser à léguer l'association à la prochaine génération.
Merci pour votre fidélité.
A bientôt.
L'équipe EQDM au Sénégal.
Bonjour à tous,
Voici l’un de nos derniers mails du Cameroun. Et oui, nous sommes actuellement à Douala et nous avons du quitter Garoua une semaine plus tôt pour être sur de prendre l’avion. En effet, c’est toute une histoire l’avion ici et on est jamais très sur du départ alors nous avons préféré anticiper et ne pas être bloquer au Cameroun.
Pas de journal de la semaine mais un bref résumé de nos derniers instants en Afrique.
Concernant le travail, tout a été accéléré. Une fois que l’arbre a été coupé, il a suffit de fabriquer les pièces avec l’atelier mis en place. David nous ayant rejoint, le travail a été plus rapide avec ce jeune homme plein d’idées.
La pompe a été assemblée sans grande difficulté, une seule erreur sur les cotations a été faite et la pompe a pu voir le jour et là … parfait. L’engin tourne comme sur des roulettes. L’arbre à excentrique qui avait l’habitude de monter et de se déplacer ne bronche plus. A croire que les rouleaux avec rainures sont plus efficaces (pour vous les conscrits ;) ). Il a donc été préparé une série de test donc nous avons vu que le début. Après une mise en route laborieuse (les tuyaux pvc étant de mauvaise qualité, ils se sont pliés et n’ont pas apporté le rendement attendu), une autre série de test, que nous n’avons pas vu a été plus que réussie. Dans un puits de 17m, la pompe équipée de pistons de 35 mm a sorti de l’eau et a un débit plus que raisonnable. En effet, à raison de 1 tour par seconde, 1 litre est obtenu en 2 minutes. Il faut savoir que l’éolienne a été remplacée par nos propres mains. Il y a tellement peu de vent à Garoua qu’il fallait trouver un compromis rapidement.
La pompe fonctionne bien et nous en sommes agréablement surpris. Robert, Fabien et David ont hâte de commencer d’autres pompes, aidés pourquoi pas de leurs élèves puisqu’ils sont eux-mêmes enseignants au CTG. La pompe Valdès peut même être intégrée dans les cours (recherche de solution de mise en rotation manuelle, recherche d’amélioration, …). Le CTG a l’air d’avoir apprécié le système et nous pensons que la pompe Valdès a un futur ici.
Concernant l’éolienne, il faudra penser à la remettre en état car elle a perdu un peu de ses capacités.
Sinon, concernant notre vie personnelle. Nous avons pu, grâce à Bernard, faire un peu de tourisme dans le Nord Cameroun. La région est belle mais les animaux sont partis pendant la saison des pluies. Il reste quand même le paysage africain avec la région de Mokolo qui nous offre un paysage de roches volcaniques s’élevant droit au ciel. Le village de Rhumsicki est plein d’histoire et d’anecdotes. Un vieux devin nous annonce l’avenir en téléphonant à un crabe… ou encore les fêtes de villages contées par notre guide. L’aventure a été très sympa et nos appareils photos s’en souviendront. Merci à Bernard pour ce tour.
Maintenant que nous sommes à Douala, nous respectons les consignes de sécurité qui se résument à « ne sortez pas dans la rue » car le banditisme est bien présent. Bientôt le départ pour la France d’où nous vous donnerons des nouvelles et des anecdotes. (le cyber-café n’est pas le meilleur endroit pour perdre son temps)
A bientôt,
Sylvain et Vincent, from Douala, Cameroun
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