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  • : Association à but non lucrative, créée pour développer le projet Pompe Valdes.Il s'agit d'une pompe éolienne pouvant être fabriquée dans les PED, le but étant au final de créer des ateliers sur place et donc une micro-économie.
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /2006 21:17

Bonjour à tous.

Nous sommes de retour à Thiès pour cette dernière semaine...

Les deux pompes éoliennes fonctionnent à merveille. Mission accomplie.

Voila la première partie des aventures à MBalling, en attendant la suite, puis celles de Sowane.

A bientôt.

EQDM sénégal

 

- Retour dans les villages – MBalling – Damien et Julien –

 

 

Le mercredi 30 Août au matin, nous quittons une nouvelle fois l’auberge des manguiers pour retourner dans les villages, où notre projet doit trouver en quelque sorte son dénouement ; nous avons fabriqué tout ce qui devait nous aider à garantir la réussite de la mission, et désormais il nous reste à expérimenter nos systèmes : les comparer, les valider dans les conditions où ils aideront, nous le croyons aujourd’hui plus encore qu’à nos débuts, les courageux agriculteurs de cette région difficile.

Le père Grégoire a accepté une fois de plus de faire la livraison de nos machines absurdes ; François a décidé de l’accompagner sur cet ennuyeux trajet, embarqués tous deux dans le pick-up, d’où notre éolienne, éclairée d’une couche antirouille écarlate, anime la curiosité des piétons et des automobilistes.

Nous complétons le convoi tous les quatre à bord de notre véhicule ou l’on s’échange les dernières consignes, juste avant de se séparer. Anaïs a pris le volant pour remplacer Cheick, bloqué à Peycouck par de récentes commandes au niveau de son atelier, mais qui nous a promis de nous rejoindre bientôt.

Nos deux amis de Dom Bosco nous quittent juste après avoir déchargé, et réitèrent leurs invitations pour notre dernière semaine de séjour, pendant laquelle nous espérons pouvoir profiter des derniers instants sénégalais…

Une fois les outils méthodiquement partagés, c’est au tour d’Anaïs et Philippe de prendre la route, direction Sowane où ils espèrent trouver les travaux du puits terminés.

Nous retrouvons quelques instants monsieur Ba, absent lors de notre départ précipité, qui s’enquiert poliment de nos nouvelles créations. 

Nous gagnons sans tarder le puits où la pompe a sans doute tourné pendant ces quelques jours d’absence. Le jardinier nous fait comprendre par quelques mots de français qu’elle a tourné les jours de bon vent ; ajoutée à l’eau remontée au seau, la quantité d’eau pompée pendant notre absence reste inconnue. Cependant nous comprenons bien à l’état apparent du système qu’il fonctionne correctement mais que cette saison des pluies, trop peu ventée, ne nous permettra pas de faire toutes les mesures espérées.

Pour reprendre nos essais, il nous faut démonter partiellement la pompe pour remettre correctement une des deux membranes, celle changée par les élèves lors de la formation à la maintenance, et qui débite maintenant moins d’eau que l’autre. Ensuite nous devons percer le morceau de transmission qui servira à ces essais, ainsi qu’une des cornières de l’éolienne sur laquelle il faut agrandir un trou ; mais aujourd’hui pas d’électricité au village

Nous nous apercevons bientôt qu’il nous manque une clé plate de dix, sans laquelle nous ne pouvons démonter la pompe…Nous décidons de faire un tour à MBour, l’occasion de passer dans un cybercafé pour envoyer des mails urgents.

Le taxi nous dépose en plein marché central, là où nous avions fait nos courses quelques jours auparavant. Nous peinons à trouver un cybercafé, demandons à deux jeunes notre route, pour finalement apprendre des types discutant devant les ordinateurs éteints, que la ville aussi est privée de courant… La chose paraît plutôt logique ici mais le fonctionnement de la Sénélec à Thiès, qui y dessert les quartiers à tour de rôle, nous a mal habitués. Nous achetons deux bidons d’eau minérale, et partons dans la nuit tombante à la recherche d’une clé de dix qui justifiera peut être notre déplacement ; les quincailliers à l’heure de la fermeture ne se montent pas très coopératifs, nous repartirons au moins avec l’eau qui commence à manquer au village.

Dans la matinée de jeudi, nous trouvons une clé de dix dans l’unique quincaillerie du village, où nous commençons à devenir de fidèles clients. Nous pouvons reprendre nos essais sur place. Nous déplaçons l’éolienne au dessus d’un déversoir voisin du puits, pour pomper avec une transmission plus courte, dans l’idée d’en mesurer l’influence, avec des hauteurs de refoulement diverses, de zéro mètre à trois mètres, atteints en montant debout sur le cadre de l’éolienne. Toujours pas d’électricité pour percer, nous partons à la recherche d’une solution dans le village : cela devrait nous occuper un petit moment.

Nous choisissons d’aller trouver Dominique, le propriétaire du restaurant à la limite du village, sur la route de MBour, auquel le chef du village nous avait présentés la semaine passée. La devanture de notre ami électrotechnicien était toute illuminée hier soir, il doit sûrement utiliser un groupe électrogène.

Personne à son domicile, son voisin nous explique qu’à cette période de l’année, la clientèle est rare le midi, ce qui le pousse à abandonner le tablier de cuistot pour reprendre son ancien métier, sur un chantier un peu plus loin.

Notre deuxième espoir habite en bord de mer, c’est un autre Toubab, un français d’une cinquantaine d’année, que nous avions rencontré la semaine dernière lors d’une virée sur la plage. Il terminait alors la construction d’une cuisine extérieure, bâtie autour d’un splendide four à pain de sa création. Ce type doit être bricoleur et nous avait paru sympathique ; va pour le  bord de mer.

Il nous invite cette fois dans sa propriété : un terrain paradisiaque perchée sur la  grande dune qui ferme le littoral des pêcheurs. Gilles, de son nom français, Samba comme l’appellent les villageois, est un ancien sportif professionnel qui a longtemps vécu entre l’Afrique et la France, avant de s’installer au Sénégal il y a bientôt neuf ans. Marié à une fille du village, ce papa de deux petites métisses a manifestement des projet plein la tête ; touche à tout, il se lance dans la pêche, l’exploitation agricole, la boulangerie, place son argent sur des terrains voisins et s’essaie aux énergies renouvelables. Mais son groupe est en panne… Nous passons la fin d’après-midi à discuter avec lui. Bientôt bercés par le bruit systématique des vagues et par la fraîcheur du vent, abondant en haut de cette dune, nous ne voyons même pas le courant revenir vers sept heure trente. Nous rentrons après un verre d’alcool de pin de singe fait maison ; le temps d’avancer un peu sur les rapports de mission divers, il sera l’heure de manger.

Le vendredi est une grande campagne d’essai, nous mesurons tout : vent, vitesse de rotation, débit, nous permettent de mieux cerner le comportement du système en situation.

Le travail ayant bien avancé, nous décidons l’après-midi de faire une virée à MBour, car il y urgence à trouver un cybercafé.

A peine descendus du taxi, nous rencontrons Chérif qui arrive de Saly en vélo. Notre ami nous accompagne pendant nos courses, nous indique la poste et nous donne rendez-vous avant notre départ, histoire de garder le contact, d’échanger des adresses. 

Nous commettrons ce soir une erreur qui aurait pu être fâcheuse pour la mission. Dans un excès de fainéantise, nous décidons de laisser l’éolienne au dessus du bassin d’essai, fixée sommairement par deux pattes bétonnées, mais surtout sans les renforts, nous convainquant qu’elle n’irait pas bien loin…Cela aurait était vrai par une nuit calme comme nous en avions eu jusque là.

Mais cette nuit, c’est la tempête qui nous arrache à notre sommeil. A l’abri dans nos lits, nous imaginons déjà le désastre que nous trouverons le lendemain.

Le réveil du samedi est plus difficile que les autres : on s’attarde sur le petit déjeuner, redoutant le moment où il faudra aller constater les dégâts sur place.

A mesure que nous approchons du puits, plus de doute possible ; le cadre de l’éolienne, privé de ses renforts, s’est affaissé, infligeant des efforts démesurés aux pales, qui fatalement se sont pliées.

Il nous faudra toute la matinée pour redresser nos bidons et nos barres qui par chance supportent bien le choc. Nous remontons l’éolienne qui ne semble pas avoir perdu ses anciennes propriétés. Cette leçon ne nous aura coûté qu’une matinée.

En prenant le thé qui conclue généralement le repas de midi et marque pour nous le retour aux champs, nous prenons des décisions concernant le système de refoulement. Agacés depuis quelques temps par le tuyau d’arrosage qui se plie et augmente considérablement les efforts dans notre système, nous décidons d’accompagner Baba sur MBour, où il doit acheter des pièces pour réparer une conduite d’eau courante.

Nous pensons acheter du tube PVC pour refouler l’eau en surface, mais il vaut mieux attendre la voiture qui arrivera avec Anaïs et Philippe d’ici quelques jours. Nous prospectons pour les raccords divers qu’il faudra racheter, puis nous prenons le chemin du retour. Mais aujourd’hui nous n’arrivons pas à remplir un taxi, donc pour économiser, il nous faudra prendre le car rapide ; ces transports en commun typiquement sénégalais, qui doivent leur nom à la témérité de leurs chauffeurs, et le nombre de véhicules retournés sur le bord de la route, ressemblent à des vans d’une quinzaine de passagers. Nous ne risquons pas grand-chose, jusqu’au village la route est droite.

Nous aspirons à une journée de repos, car nous accumulons la fatigue depuis quelques temps ; les nuits sont souvent abrégées par la prière de cinq heure du matin, appelée par le muezzin, ou par les chèvres qui vivent autour de l’école et poussent des gémissements angoissants d’humanité...La proximité de la route n’arrangeant rien, nous prenons notre jour de repos ce dimanche, l’occasion d’honorer l’invitation de Samba à déjeuner chez lui. La journée passe vite entre un bon plat sénégalais préparé par sa femme Daba, et une virée dans son champ, non loin de notre éolienne, où nous partageons ses projets d’agriculture et ses rêves d’énergies renouvelables. Notre ami, plus sénégalais que les sénégalais, nous apporte un regard nouveau sur sa terre d’adoption et les habitants de ce village auxquels nous commençons à nous attacher tout particulièrement.

A partir de cette dernière semaine, nous passons beaucoup plus de temps avec la famille de Baba, à force de repas, de thés et de soirées télévisées. A l’image de Cheick, son ami de longue date, Baba est un homme droit, comme le disent les gens d’ici. Nous pouvons en dire de notre côté que son sérieux et son amour de la terre conviennent sûrement à son rôle de responsable du périmètre maraîcher qu’il exerce parallèlement à son métier premier d’instituteur. Deux autres personnalités se détachent dans cette maison qui abrite et nourrit près de dix personnes. Les deux jeunes cousins de Baba, Zal et Moudou, d’une gentillesse authentique, portent un intérêt profond à notre projet et nous seront d’une aide capitale dans les innombrables montages et démontages de l’éolienne. A partir de cette matinée de lundi, il vont nous accompagner chaque matin au champ, pour proposer leur aide, et souvent leur savoir faire : Zal est menuisier métallique, c'est-à-dire métallo soudeur, et Moodoo est le maçon de la famille.

 

 

A suivre…

 

 

 

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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 13:36

- Sénégal - Retour temporaire à Thiès – du 25 au 29 Août -

 

Le vendredi après-midi nous quittons MBalling tous les cinq, avec Cheick, et promettons à Baba de revenir dans quelques jours, sûrement mardi.

Un rapide coup de téléphone pour prévenir Selly de notre retour à l’auberge de Peycouck, et nous sommes en route. Tout s’est finalement décidé très vite et il en sera désormais de même avec toutes les décisions, puisqu’il ne nous reste que deux semaines pour finaliser notre projet.

Nous retrouvons avec joie une chambre astiquée et parfumée : un confort oublié ces derniers jours. Nous apprécierons évidemment la douche après les journées de fabrication qui nous attendent.

Nous retrouvons avec grand plaisir les gens de Peycouck dont nous avons si peu parlé au travers de ces lettres, et qui nous manquerons décidément beaucoup à notre retour en France…

Selly et El Hadj bien sûr qui se sont occupé de nous, qui nous ont aidé le projet à leur manière. Leur petit neveu de deux ans nommé lui aussi Cheick, et sa mère, venus de Dakar pour ces deux mois d’été. Notre jeune philosophe Moustafa et tant d’autres personnes avec qui nous avons partagé ces moments de travail et de détente…

Nous prévoyons d’occuper les ateliers pendant trois jours durant lesquels il faudra fabriquer la fameuse éolienne normalisée et les pistons de diamètre quatre-vingt millimètres pour la pompe de Sowane. Dès demain il va falloir commencer tôt. Pour ce soir en tout cas, il est tard lorsque nous terminons de nous installer. Trop tard même pour faire des achats de matériel…car nous prévoyons de faire encore des modifications sur la tuyauterie…

A partir du samedi matin nous n’arrêterons plus ; quatre jours de fabrication acharnée, au lieu des trois prévus, seront nécessaires pour atteindre nos objectifs, même si le courant nous est favorable.

Les journées sont longues et les nuits rendues difficiles par la chaleur nous semblent souvent trop courtes. Partis le matin à sept heures, nous ne terminons qu’à la nuit tombée, vers huit heures et demie ; après le repas du soir nous veillons rarement…

Le week-end, le père Grégoire nous ouvre les ateliers qui restent habituellement vides. Le dimanche matin nous essayons de ne pas trop taper sur les bidons d’huile, pour ne pas déranger la messe que notre ami donne à quelques dizaines de mètres de là.

Les deux jours suivants, nous recevons la visite de nos élèves venus mettre un peu d’ordre dans les ateliers. François et Emma nous aiderons même à terminer nos soudures et les pièces en bois dont la découpe en menuiserie est souvent sportive, car les machines ici ont bien vieilli.

Même si nous ne l’avions pas prévu dans la formation, la construction d’une nouvelle éolienne devrait être pour eux une expérience utile à la suite du projet : si la solution s’avère durable, d’autres seront sûrement commandées avec les pompes.

Nous terminons l’éolienne seuls, le mardi après-midi. Le montage est plus difficile que pour les précédents modèles, et nous aurons même des petites frayeurs en essayant de l’élever dans la cour. La structure culmine à quatre mètres cinquante de hauteur et même si nous parvenons à la monter tous les quatre, nous sommes obligés pour la recoucher d’appeler au secours quelques jeunes en plein entraînement de basket, non loin de là.

Nous sommes optimistes concernant ce système : même s’il subsiste un problème d’équilibrage des pales qui l’empêche de démarrer sous des vents faibles, l’éolienne agrandie délivre un couple en sortie qui devrait permettre aux plus gros pistons, qui supportent une pression plus élevée lors du refoulement de l’eau, de fonctionner même par un vent moyen. Mais désormais le temps nous manque ; demain nous devons repartir installer la seconde pompe à Sowane et il nous faudra un certain temps pour réaliser tous les essais à MBailling, en comptant les jours de vent faible. Enfin ces journées de fabrication commencent à nous fatiguer…Le pick-up du père Grégoire est libre demain : nous décidons de partir avec l’éolienne qu’il faudra améliorer sur place.

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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 13:34

 Depuis Sowane  - Anaïs et Philippe

 

 

Après avoir déposé Julien et Damien, nous faisons route vers le Sud-est dans la région du Sine Saloum pour rejoindre le deuxième site d’installation : le petit village de Sowane. Nous quittons la route principale reliant Dakar à Tambacounda, et empruntons les 4 km de piste bordés par des champs de mil à perte de vue, des baobabs et un paysage verdoyant en cette saison. A notre arrivée, nous sommes accueillis par Mamadou Faye, le président du CVD ( Comité Villageois de Développement) qui nous présente Antoine et Nicolas les deux volontaires pour suivre la formation à la maintenance de la pompe. Nous apprendrons que ces deux jeunes sont respectivement responsables du domaine hydraulique et environnemental du CVD. Ce village est décidément vraiment bien organisé…  Après avoir constaté que le matériel livré quelques minutes plus tôt par le Père Grégoire était bien complet, nous nous dirigeons vers les champs pour aller voir le puits où sera installé le système. Une surprise nous attend. Le puits n’est pas terminé ! L’étonnement laisse place à l’amusement et après concertation rapide nous modifions notre emploi du temps.

Au lieu d’installer le système jeudi nous le ferons le mardi suivant, mais nous rentrerons sur Thiès entre temps afin de réaliser une éolienne normalisée. La formation aura tout de même lieu le lendemain avec nos deux élèves qui nous posent déjà de nombreuses questions concernant la pompe, ce qui est plutôt bon signe…

De retour dans le village, nous visitons notre logement : une grande salle vide, le foyer des jeunes, qui fera office de chambre et d’entrepôt du matériel. Nous devons également acheter un matelas pour remplir ce grand espace, une excursion à Fatick, la ville la plus proche à 10km de là s’impose. Mais auparavant Mamadou nous montre « la salle de bains », des toilettes à la turque toutes neuves qui nous servirons également de douche grâce à la bassine prêtée par la voisine, un vrai retour aux sources ! Nous partons donc à Fatick accompagné d’Antoine qui, comme il le dit, est « à notre disposition » ce qui implique ici qu’il se doit de satisfaire nos moindres besoins, l’hospitalité sénégalaise est vraiment sans égale…

De retour, Mamadou nous invite à partager son repas, un bon Ti bou Tien… Nous discutons du village, de sa remarquable organisation, des besoins de ce petit village, de la pompe, de leurs attentes. Ici, l’agriculture est la seule source de revenus et les habitants ne disposent que de 1km de terre qu’ils se sont partagées entre famille. L’électricité et l’eau ne sont arrivées au village dans les années 2000. De nombreuses ONG ont œuvré et œuvre encore ici, apportant ainsi des habitations, des puits, un four à pain,… Tout cela en collaboration avec les habitants par le biais du CVD. Nous ressentons le besoin en eau de ces cultivateurs et espérons vraiment répondre à leur demande.

La formation commence finalement quelques heures plus tard (ici la préparation du repas peut prendre du temps) par la mise en place et le bétonnage des pieds de l’éolienne. Nous terminons la nuit tombée et rentrons pour nous reposer un peu. Ce sera difficile, des habitants du village viennent nous rendre visite toutes les 5mn pour savoir si nous n’avons besoin de rien. Le fils de Mamadou qui a notre age vient également nous inviter à une fête qui a lieu le soir même dans un village voisin, nous acceptons par politesse malgré la fatigue. Sans regret cependant car une bonne ambiance régnait à cette soirée .(  Après le repas nous partons donc sur les pistes avec Mamadou et arrivons à la fête. Un espace délimité par des bâches (des sacs de riz) dont l’entrée est à 500 fcfa, une sono avec un gros ampli suffisent à créer une boite de nuit à la sénégalaise. Tous les jeunes des villages environnants se retrouvent)

Le lendemain, réveil matinal afin de commencer la formation concernant la pompe Valdes. Nos élèves sont à l’heure, nous nous installons sous un arbre et commençons à démonter la pompe en donnant les explications nécessaires. Cheikh nous rejoint et suit attentivement le déroulement de cette journée, en nous donnant quelques fois un coup de main pour la traduction en wolof de certains aspects techniques. Nous effectuons quelques réparations de maintenance et nos élèves remontent ensuite la pompe sans grande difficulté, ils sont vraiment intéressés et motivés, cela fait plaisir à voir ! Nous avons hâte d’installer ensemble tout le système. A la fin de la journée, nous assistons à un match de foot, c’est la demi finale du championnat inter-villages, autrement dit un évènement ici. L’équipe de Sowane encouragée par les chants des jeunes villageoises gagne 1 but à 0 et c’est tout le village partage la victoire. La soirée se déroule tranquillement nous restons à palabrer chez Mamadou.

 

Lendemain matin, nous finissons de couler les autres pieds de l’éolienne et préparons nos affaires pour le retour à Thiès. Nous repartons avec Cheikh le midi, en pensant passer voir Damien et Julien à Mbailing puis rentrer et commencer à fabriquer la nouvelle éolienne ainsi qu’un nouveau groupe de compression avec un piston plus gros pour notre pompe afin de fournir assez de débit à l’utilisateur du système. Mais une fois notre équipe réunie, Damien et Julien nous font part de leur volonté de rentrer eux aussi, le vent sur place n’étant pas assez important pour réaliser des essais fiables. Nous reprenons donc la route ensemble et retrouvons notre petite auberge, qui commençait à nous manquer un peu…

Nous passons la soirée à définir la structure de la nouvelle éolienne, dite « éolienne normalisée ». Elle est deux fois plus haute (4m50) et deux fois plus large car cette fois nous allons utiliser un bidon entier par pale. Nous espérons pouvoir ainsi faire marcher la pompe avec des vents inférieurs à 10km/hr.

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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 13:32

– Parenthèse depuis MBailling – Damien et Julien -

 

Nous arrivons à MBailling le mercredi 23 Août. Anaïs, Philippe et Cheick nous déposent en voiture à l’entrée du village et repartent aussitôt, direction Sowane, pour installer la seconde pompe. Cheick nous a laissé entre les mains d’un ami, surnommé Baba, qui est aussi le responsable du périmètre maraîcher. Nous avions déjà rencontré cet homme sérieux, avec qui nous avions discuté des cultures locales et des besoins exprimés par les exploitants agricoles.

Il nous dirige sans tarder vers l’école du village, habité par l’inamovible directeur, monsieur Bâ. Nous y resterons vraisemblablement durant toute la campagne d’essais que nous voulons mener sur place. L’éolienne désormais installée, nous voulons établir des liens sérieux entre la vitesse du vent, la rotation de l’éolienne et le débit sortant de la pompe, en fonction des hauteurs de remontée d’eau, et de la taille des pistons de la pompe…vaste programme. Espérons que le vent, d’habitude rare en cette saison d’hivernage, soit suffisant.

A peine arrivés nous repartons en taxi vers la ville la plus proche, MBour, pour y acheter de quoi nous installer sommairement ; deux matelas, un peu de corde pour étendre notre linge et fixer nos moustiquaires, enfin une lampe à pétrole pour prévenir les éventuelles pannes de courant. Le chauffeur nous dépose en plein marché central où nous n’avons aucun mal pour tout acheter. Nous rencontrons un type à qui nous expliquons notre travail sur place et qui nous aide à compléter nos courses. Il nous oriente vers les boutiques les plus proches et négocie de bons prix pour nous. Bien que le type soit vraiment sympathique et qu’il semble nous considérer en étudiants fauchés, il n’en attend pas moins un petit pourboire pour son aide, surtout pour le pétrole destiné à la lampe, qu’il a dû négocier à la station en petite quantité. Nous lui cédons un peu d’argent mais lui faisons comprendre que ses manières n’étaient pas très correctes ; nous nous quittons avec beaucoup de déception de chaque côté…Pour revenir le taxi essaie à son tour d’extorquer les Toubabs en nous proposant la course pour trois fois son prix…il s’amuse finalement à négocier un prix plus raisonnable, et nous dépose à l’entrée du village, avec sur son visage une expression curieuse, celle d’un homme  qui se demande ce qui nous amène dans ce coin sans grande activité touristique.

Nous logerons dans une salle de classe qui se situe au deuxième et dernier étage de cette grande école financée il y a quelques années par la DAWH , en collaboration avec un Lion’s club. Nous posons nos deux matelas de mousse au milieu de la pièce et commençons à tendre nos moustiquaires entre des bancs d’écoliers empilés pour obtenir une hauteur convenable. Un fil tendu entre deux fenêtres traverse la classe, où le vent abondant qui perce l’immeuble permettra de faire rapidement sécher quelques affaires, et nous rafraîchira pendant les nuits. Deux bancs nous servent enfin de bureau pour y poser l’ordinateur et quelques autres affaires. Le résultat est plutôt amusant ; une vrai base de missionnaires…

Une fois l’installation terminée, nous partons voir notre éolienne dans le champ voisin. Pour s’y rendre depuis notre école, nous traversons la route qui mène à la ville et deux cents mètres de culture sous un soleil plus brûlant encore qu’ailleurs ; les chapeaux sont les bienvenus. L’armature de l’éolienne est toujours en place, la pompe attend au fond du puits que les pâles retirées avant notre départ se remettent à tourner. Nous attendrons cependant demain la formation des jeunes villageois à la maintenance pour remonter l’ensemble du système.

Baba confirme que deux menuisiers métalliques sont disposés à s’occuper de la maintenance pour le village et que nous les rencontrerons demain. Le soir nous mangeons chez lui en compagnie bien sûr de toute sa petite famille. Ici au bord de la mer, le poisson est encore meilleur que celui que nous mangions à Thiès…Nous ne tardons pas à nous coucher, cette journée a été visiblement fatigante.

Le lendemain au réveil nous partons pour une expédition petit déjeuner. A la recherche de notre Chocoleca (une pâte à tartiner version Nutella mais au goût cacahuète) et d’une baguette de pain. Personne ne vend de pots ici, les vendeurs vous tartine votre pain ou votre beignet pour quelques francs supplémentaires ; généralement les enfants affluent dans les boutiques à l’heure du goûter avec une petite pièce…

C’est l’occasion de tester une nouvelle pâte à tartiner sénégalaise.

De passage à l’école pour prendre quelques clefs nécessaires au montage de l’éolienne et de la pompe, nous croisons les trois enfants de la famille Ba qui s’amusent de la venue des Toubabs dont la chambre aménagée comme une cabane d’enfants, regorge de jeux fabuleux ; un ordinateur, un appareil photo, des stylos et du papier pour dessiner…

Sur la route du champ, il était convenu que nous ramassions au passage les deux jeunes qui travaillent à l’atelier métallique. Une fois sur place nous reconnaissons un des ouvriers qui avait assisté à l’installation quelques jours plus tôt, sans que nous sachions alors qu’il devait suivre la suite de la formation. Il semble être le seul à avoir prévu cette journée à son planning ; aucun autre ouvrier ne se montre vraiment partant. Il semble toutefois y avoir déjà beaucoup de travail à l’atelier…

Toujours embêtés par des problèmes de communication, nous décidons de trouver Baba pour éclaircir les choses. Bien que nous le dérangions en plein petit déjeuner, notre ami enfile sans traîner une paire de sandales et nous accompagne sur place, en nous confirmant qu’il y a bien deux jeunes qui ont été désignés pour la formation et qu’ils sont disposés, malgré le travail à l’atelier, à aider les bénéficiaires directs du système ; nous attendons seulement qu’ils finissent quelques soudures…

En attendant près du puits, nous contemplons six mètres plus bas, une cornière de l’éolienne que nous avions fait tomber quelques jours plus tôt…cela fait partie des choses que l’on ne prévoit pas lorsqu’on planifie le travail sur place. A force d’échanges et de questions, la tête toujours penchée au dessus du puits où habite désormais notre pompe, nous commençons à intriguer le paysan qui occupe cette parcelle, ce paysan dont nous ne connaissons toujours pas le nom…

Bien qu’il ne l’ait jamais fait, et qu’il n’ait jamais vu personne le faire sur ce puits, notre ami semble décidé à descendre pour nous rendre service. Essayant de l’en dissuader, en vain, nous l’aidons finalement à descendre au bout d’une corde renouée en plusieurs endroits et d’un bâton de fortune qui lui servira de chaise. Nous sommes aidés par deux gars costauds qui passaient par là. Nous fermons souvent les yeux. Au moment par exemple où notre acrobate toujours pieds nus arrive au fond et se jette dans l’eau, dans l’espoir secret d’avoir pied, puisqu’il ne sait probablement pas nager… Nous récupérons finalement notre jardinier et notre cornière sans avoir eu le temps de réaliser.

Nous sommes bientôt rejoins par Monsieur Ba, accompagné pour l’occasion d’un Toubab d’une cinquantaine d’année. Au cours des présentations, nous apprenons qu’il est professeur de sport dans un lycée professionnel agricole situé près de Lille, et qu’il projette d’emmener des élèves au Sénégal, puisqu’il possède désormais une maison dans le village, afin de travailler avec les paysans d’ici. Cette idée nous plaît beaucoup car les méthodes d’arrosages ici ne sont pas très bien étudiées, et la consommation d’eau reste très élevée. Eveiller les populations à ces problèmes, c’est aussi accroître l’intérêt de notre pompe qui ne fournit pour l‘instant pas autant d’eau que n’en remontent quotidiennement les jardiniers, avec deux sceaux, une poulie et beaucoup d’efforts…

Nous effectuons finalement la formation avec beaucoup plus de deux élèves : Mr Ba et son ami français, Baba qui nous accompagne, sont aussi présents, sans oublier notre jardinier cascadeur. A ce petit comité vient s’ajouter Chérif, qu’Anaïs et Philippe ont rencontré lors d’un passage à Saly, la grande citée touristique de la côte, et qui semble intéressé par nos pompes, qui pourraient lui permettre d’exploiter sa propriété et de mettre ainsi un terme à une longue période d’inactivité. Notre nouveau contact a déjà des propositions de prêt remboursable à chaque récolte ; l’idée est intéressante et doit constituer pour nous une piste de réflexion à venir, mais pour l’instant nous ne pouvons proposer à ce brave garçon que de simples démonstrations autour du système…

 

La formation sera beaucoup plus courte que prévue, malheureusement. Nous avions prévu de démonter et remonter entièrement la pompe, pour en expliquer rapidement le fonctionnement. Mais l’empressement des jeunes et les interventions répétées de Mr Ba dont la vivacité d’esprit dépasse le rythme du groupe, nous obligent à revoir nos ambitions. Nous nous contenterons d’un changement de membrane, une opération qu’ils auront à effectuer tous les six mois environ, et d’une installation complète de la pompe au fond du puits, de l’éolienne et enfin de la transmission. A deux heures, l’ensemble est terminé, nous partons manger.

Ce midi nous dévorons en quantités déraisonnables le délicieux plat préparé chez Baba. Après le thé, la digestion est difficile et la sieste sur une natte s’impose. Fatigués par le soleil qui tape et les récentes longues journées de fabrication, nous avons du mal à reprendre le chemin du travail.
Après avoir pris la lourde décision de redémarrer, nous sommes arrêtés en plein élan, juste devant l’école, par le professeur de sport qui nous invite à boire un rafraîchissement chez lui ; puisqu’il doit quitter le village dans cinq jours, nous ne pouvons refuser…

Nous ne retrouverons le chemin du puits que vers cinq heures et demie. Comble de cette journée, nous sommes rappelés à l’ordre par un des deux jeunes formés plus tôt dans la journée. Celui-ci nous félicite de cet acharnement au travail ; venant d’un sénégalais, la remarque est pour nous déconcertante…

Arrivés sur place nous retrouvons notre pompe qui n’a pas l’air de débiter beaucoup d’eau. En fait c’est un jour sans vent aujourd’hui, sûrement pas un jour pour commencer nos essais. Nous nous contentons de corriger les pièces de la transmission qui paraissent peu soignées. Mais ici la moindre retouche est l’occasion d’un aller retour à l’école qui est le point électrifié le plus proche du puits.

Nous n’avons pas plus de chance le lendemain : le vent est toujours faible et ne permet pas de faire des mesures efficaces. Ce midi nous devons retrouver Anaïs, Philippe et Cheick, dont les plans à Sowane ont été légèrement modifiés…Le puits qui nous avait été présenté lors de notre première visite n’accueillera pas la pompe ; celle-ci est réservée à un puits qui n’est pas encore terminé…

Nous devrons alors discuter ensemble de la possibilité de réaliser une nouvelle éolienne deux fois plus large que celles déjà installées, et qui devrait fournir un couple supérieur pour l’entraînement de la pompe, et des données supplémentaires pour notre étude.

Nous quittons tous ensemble MBailling dans l’après-midi, pour retourner sur Thiès, avec la ferme intention de construire en quelques jours, cette grande éolienne…

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Mardi 22 août 2006 2 22 /08 /2006 19:26

 

L'équipe d'EN QUETE DU MONDE au Sénégal est très fière de vous annoncer la naissance de leurs deux petites pompes....!

Eh bien voilà nous avons terminé la fabrication et commencé l'installation à Mballing. Les journées ont été longues ces derniers temps donc nous n'avons pas pu publier de news letter. Nous vous raconterons ces derniers jours un peu plus tard....

Nous installons la seconde pompe demain et entrons dans la phase d'essais et de formation à la maintenance. Sans oublier la remise à jour des livrets et la mise en place des comité de gestion des pompes dans les villages ; du boulot en perspective !

Voilà pour les nouvelles d'aujourd'hui.

N'hésitez pas à aller voir les photos dans la rubrique correspondante !

A bientôt !

Sénégalement.........EQDM

Par en quête du monde - Publié dans : nouveautés sénégal
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