Cameroun : où en est on ?
Ces deux dernières semaines, nous avons fini la fabrication de la pompe et ainsi terminée la formation de nos deux compagnons. Il a été très difficile de trouver le matériel et on espère que tout restera en place pour les futures pompes.
Cependant, l’arbre sur pied que nous voulons n’a pas encore été coupé et le débit du bois n’a pas commencé faute de moyen pour faire ça proprement (seulement une hache pour faire tout ce travail). Il est impossible de trouver une tronçonneuse dans Garoua.
Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Robert et Fabien ont bien compris la fabrication des pièces, nous avons pu faire ça sur du bois de faible qualité pour se chauffer. Mais ce bois étant tellement cassant et peu résistant, le montage fut difficile et beaucoup de pièces se sont fissurées. On les rassure en leur disant que le teck est beaucoup plus dur et donc le rendu sera plus sympa. Le problème est que Robert et Fabien seront indisponibles à partir du 29 août et que allons changer d’équipe, ce qui veut dire que nous allons recommencer la formation d’une personne pour fabriquer la pompe... Nous nous étions fixé comme objectifs de former des personnes, de fabriquer une pompe, de faire des essais dans différents puits, de trouver un système manuel de mise en rotation, ....
A mi-chemin, nous avons formé 2 personnes sur du bois sec. Sachant que les ateliers du Centre et les professeurs seront indisponibles les 2 dernières semaines de notre séjour (la rentrée des classes est pour le 4 septembre), il nous reste 2 semaines pour faire ... beaucoup de choses. Nous allons faire le maximum pour avoir une pompe en teck humide, utilisable mais ce sera tout...
Sinon, nous avons pu voir un peu les environs de Garoua lors du week-end du 15 août et des amis passent souvent nous voir pour discuter avec nous. Cela les aide à mieux connaître le monde, on leur apporte un peu de rêves, d’espoir. Leur pays étant très pauvre, le rêve américain est présent dans leurs esprits.
Pour voir notre avancement jour après jour, voici notre journal de la semaine.
Journal de la semaine
· Samedi 5 août
Ce matin, c’est grasse matinée. Pas grand chose nous a réveillé et nous pouvons donc nous reposer. Nous n’avons encore rien prévu aujourd’hui mais Bruno a dit qu’il allait passer nous voir dans la fin d’après-midi. La journée commence par le prêt du ballon aux enfants qui sont tous fous à chaque fois. On peaufine la newsletter que nous allons envoyer du cybercafé et on s’apprête à partir quand Bruno nous appelle. « Les gars, le match de l’équipe du Garoua commence dans 30 minutes, ça vous tente ? » Evidemment qu’on accepte et nous sommes partis pour le stade de Garoua afin de voir le Coton sport de Garoua qui est leader de la première division camerounaise. Le premier reçoit le second donc on s’attend à un match de qualité. Une fois arrivé au stade, il n’y a pas grand monde dans les gradins faits tout en ciment. Les supporters ont l’habitude de voir leur équipe évoluer le dimanche et non pas le samedi. Tant pis pour l’ambiance, on prend nos places en tribunes d’honneur pour 10 francs seulement, on offre les places à nos 2 amis du jour. Et le match commence. Bruno est venu avec un ami à lui qui connaît bien le football camerounais et qui donc nous raconte beaucoup de choses sur les joueurs. « lui, il joue en équipe nationale A’, tiens, lui, il a commencé à jouer sur le terrain en sable à coté de chez vous…. » On apprend qu’un joueur sur le terrain a seulement 14 ans…Le stade possède une pelouse, il y a seulement 3 stades au Cameroun qui ont la chance d’avoir de l’herbe. Les gradins sont situés en hauteur et on peut apercevoir le paysage qui entoure Garoua. Ca ressemble à l’Arizona, au grand canyon mais avec de l’herbe et pas de la terre rouge.
Le match commence et le niveau est correct. Garoua conserve son statut de favori en battant le second par 4-0.
En rentrant, petite lessive, casse-croute et nous partons pour le cybercafé, la journée est vite passée, il est déjà 19h30 quand on sort du cyber. On passe devant un restaurant qui n’a pas l’air d’être surbooké, alors ce soir, c’est restaurant. Au menu, steak avec frites. Comme ça, ça paraît banal mais c’était très bon sauf qu’on a attendu un bon moment avant d’être servi, il y avait un problème en cuisine, ok, on veut pas savoir la suite... De retour à 22h15 à la maison, le temps d’étendre la lessive et de faire sa toilette. A demain pour le culte dansant…
· Dimanche 6 août 06
Ce matin, le réveil fut mouvementé. En effet, Bruno est venu à 7h nous demander le ballon puisqu’il jouait avec son équipe. Pas de souci. Ensuite, ce sont les enfants du coin qui viennent nous demander un autre ballon. Il est 7h30. Nous sommes dimanche et nous n’arrivons pas à dormir. Une demi-heure plus tard, il faut se lever afin de se préparer pour le culte dansant. Bernard est à l’heure. On a essayé de bien présenter mais on ne rivalise pas avec les habits du dimanche des autres personnes. Une fois dans l’église, on se place comme la dernière fois. Le décor est le même. Il y a seulement plus de monde. Le curé arrive avec ses Anciens tout habillé de blanc et qui viennent s’asseoir juste à coté de nous. Oui, nous sommes entourés d’Anciens. Le culte commence, il est en français puis aussitôt après traduit en Fofoundé, la langue de la région. Autant dire que l’on ne comprendra pas grand chose. Avant l’arrivée de tout le monde, la chorale s’échauffe avec des petits chants bien sympas.
La messe commence, rien de spécial pendant un bon moment, sauf quand les femmes de la chorale Fofoundé entrent en scène. Des chants traditionnels avec des instruments traditionnels, des percussions… C’était bien à écouter.
Ensuite, il n’y a pas eu grand chose, ça reste une messe, sauf qu’elle est deux fois plus longue puisqu’elle est traduite simultanément. Nous resterons 3h dans l’église…
Autre chose marrante, le moment de se présenter. On le fait de nouveau car il y a plus de monde et que personne nous connaît. Le curé le fait à notre place car il a bien vu qu’il nous a pris de court et apparemment il s’est bien renseigné sur nous.
« - Voici 2 jeunes étudiants de France, des ingénieurs des Arts et Métiers, Sylvain, 23 ans, et Vincent, 23 ans aussi, ils viennent pour travailler au centre technique de Garoua pendant 2 mois, des pompes à eau. Ils sont là pour leur stage, ils sont…. beaux, n’est ce pas (là, on a été très surpris), vous comptez rentrer accompagné ?
-euh, non, pas tellement, (en plus tata montre sa bague)
-ah ok, sinon, il faut nous dire…. »
Donc, voilà comment se faire remarquer en deux secondes, déjà qu’on est blanc. Enfin bon, le culte a quand même duré 3h et c’est pas que ce n’est pas notre hobby préféré mais bon…
Une fois rentré, on se repose parce que la nuit fut courte et mouvementée. La viande d’hier soir nous a pas fait mal au ventre, on y retournera. En plus, c’est moins cher qu’un plat de riz avec du maïs et du thon.
Le soir, c’est dodo et on repart pour une nouvelle semaine chargée… il y a 2 matches qui nous attendent sur le terrain d’à coté ; puis il y a le bois mouillé qui doit arrivé, du teck.
· Lundi 7 août
Enfin, nous avons passé une bonne nuit. Il faut malheureusement se lever. Nous arrivons, une fois n’est pas coutume, à l’heure au travail. Ce matin nous continuons la pompe évidemment : tata s’occupe des corps de piston, du bouchon du palier inférieur et des rouleaux avec Robert tandis que voodoo et Fabien se chargent du coulisseau ainsi que de la découpe d’autres pièces. Malheureusement nous allons devoir recommencer depuis le début le coulisseau, en effet l’état de surface de la pièce ne nous convient pas… Nous rentrons à la pause prendre notre repas traditionnel : des pâtes ! ! !
Une petite partie de PES et nous voilà reparti. Nous finissons le travail entamé le matin et à 15H30 nous partons faire des courses. « Chouette les blancs arrivent », nous dévalisons le supermarché, un petit tour à la boulangerie pour prendre 7 beignets, un pain au chocolat et un pain. Nous filons vite au terrain de foot après avoir rangé toutes les courses et toujours accompagné de Felix qui revient de vacances au Tchad où paraît-il c’est la guerre…
Ce soir, un petit entraînement de deux heures bien tranquille qui nous remet en confiance ( deux buts chacun et de nombreuses passes décisives) mais d’un autre côté toujours pas d’entraînement avec notre équipe de mercredi ; il faudra s’adapter, espérons que l’équipe tienne la route…
Ce soir les petits ne nous lâchent pas, ils sont juste à côté à attendre le jeu de voiture alors que nous écrivons le journal de la semaine. Nous n’allons pas tarder à manger alors il va falloir les remercier.
Un petit film ou Desperate en anglais et la journée sera terminée…
· Mardi 8 août
Ptit dej et hop au boulot. Félix est de retour mais quelque chose a changé en lui, c’est bizarre mais maintenant il est toujours à l’heure…
Pour ce qui est du travail, aujourd’hui nous finissons toutes les pièces de la pompe sauf tous ce qui est alésage, perçage, que nous pensons sous-traiter demain à l’atelier du coin car nous n’avons pas les machines nécessaires.
A midi c’est raviolis…
L’après midi passe vite, nous finissons donc les pièces avec Robert et Fabien et nous en profitons pour leur énoncer quelques règles de sécurité. En effet, après les avoir vu travailler, on se demande encore comment ils font pour garder tous leurs membres…
· Mercredi 9 août
Voodoo a failli craquer hier soir. Un chien n’arrêtait pas d’hurler à la mort. Après avoir vu Dragon rouge, il en fallait pas beaucoup… mais la nuit fut quand même un peu agitée. Bref, ce matin, il faut à tout pris voir le technicien de l’atelier de perçage. Nous allons travailler étroitement avec lui pour le reste des pièces. Il habite pas très loin du CTG et c’est donc bien pratique. Mais on s’aperçoit que les côtes n’ont pas été respectées sur la pièce centrale de la pompe, il faut ajuster les rainures. Pendant que Tata s’occupe d’ajuster cette pièce avec Robert, Voodoo prépare les 2 culasses à la raboteuse avec Fabien. On commence à bien connaître les machines mais il ne faut pas perdre sa concentration, les objets coupants sont proches de nos outils les plus chers, nos mains…
La matinée continue donc à l’atelier de perçage où le technicien montre qu’il connaît bien son métier. Il comprend vite, il est gentil, on lui propose alors de venir travailler avec lui. Le temps de ranger son atelier dans la journée et demain, on entame avec lui la finition des pièces. Robert et Fabien voient bien le déroulement de la fabrication , vers quelle personne se diriger en cas de besoin, etc… L’après-midi sera libre, en effet, nous n’avons aucune pièce à faire et le bois mouillé n’est toujours pas arrivé, d’ailleurs, on passe mettre un peu la pression à Bernard, il confirme que vendredi nous iront en forêt pour trouver notre affaire.
Cet après-midi, on reste à la maison et on se concentre pour notre match tant attendu. Il y a du retard, nous commencerons à 17h. En attendant l’équipe, nous attirons déjà l’attention, beaucoup d’enfants restent autour pour nous voir lacer nos chaussures, ou encore changer de short. Eh oui, pas de vestiaires. Le match commence, nous sommes titulaires, nous jouons avec des maillots et shorts orange. L’échauffement fut rapide mais ça fera l’affaire.
A la fin du match, les petits viennent nous toucher de partout, nous sautent dessus. Une fille vient nous prendre dans ses bras « C’est bien Papa, c’est bien ». Eh ben, pourtant on a pas fait non plus le match du siècle. Tout le monde nous saluait en partant, on est connu dans le quartier, ça y est. Allé, une bonne nuit, sans chien et sans chèvre si possible…
· jeudi 10 août
Les enfants sont de plus en plus présent chez nous, ils ont crevé le ballon et ils viennent à chaque fois. Il ne faut pas dire oui tout le temps et ils s’acharnent sur la porte. Le problème est que si on ouvre pour un, il y a tout le quartier chez nous.
Aujourd’hui, on a prévu d’aller au centre et de voir l’atelier de perçage mais le travail n’a pas commencé et on se retrouve alors à rien faire. Toutes nos pièces sont en sous-traitance et nous n’avons pas encore le bois mouillé, d’ailleurs, la tronçonneuse n’est toujours pas réparée. Aura-t-on le bois mouillé à la fin de la semaine comme prévu ? On profite du moment libre pour faire le plan du rapport de stage. On a tous les éléments, il faut mettre en forme maintenant.
On apprend que mardi est férie, normal mais qu’il y a le pont lundi et donc on perd 2 jours. Il faudra faire vite pour fabriquer une pompe en teck. La journée n’est pas très riche en activité. On demande à Félix si il y a des endroits à visiter à Garoua. Il nous dit que c’est une ville pas du tout touristique et qu’il faut faire une centaine de kilomètres vers le nord pour voir des endroits sympas…. Chouette. Il faut quand même aller voir les hippopotames.
· vendredi 11 août
Félix vient taper à la porte vers 8H45 et nous partons avec lui pour le centre.
Il y a cependant un léger souci… En principe Bernard aurait dû appeler l’électricien en premier pour s’assurer que la tronçonneuse est réparée, ensuite passer chercher le garde forestier qui doit nous accompagner et enfin, venir nous chercher pour partir directement… Mais non !!! Bernard fait tout à l’envers, nous arrivons, ensuite le garde forestier. Nous attendrons donc ainsi jusqu’à 11H20, heure à laquelle nous avons pris la décision de quand même téléphoner à l’électricien qui a beaucoup de retard. Et vous savez quoi, badaboum la tronçonneuse est toujours en panne !!!
Nous avons donc perdu la matinée à attendre. Nous convenons de reprendre rendez-vous avec le garde forestier mercredi matin en espérant que cette fois-ci tous sera ok et nous rentrons. Lentilles pour changer puis nous repartons direction l’atelier de perçage à 14H30.
Bimbadaboum, les pièces ne sont pas encore prêtes et nous repasserons donc lundi soir pour les récupérer afin de pouvoir quand même travailler, à la maison, mardi.
· Samedi 12 août
Ce week-end, c’est repos avant tout. Le foot d’hier soir nous a bien calmé et on va soigner nos brûlures aux jambes. La seule sortie de la journée sera au cybercafé. Bruno doit passer nous voir mais il ne viendra pas. Par contre, Fidèle, un prof du centre passe nous dire bonsoir et découvre avec joie que nous avons plein de logiciels qui vont sûrement l’intéresser. Sinon, les enfants sont un peu agaçants, faut dire ce qui est. Ils tapent à la porte et s’enfuient en courant. Ça, c’est pas très cool alors la prochaine fois, ils devront courir vraiment vite….
· Dimanche 13 août : jour du seigneur
Aujourd’hui, c’est levé tard et repos jusqu’à midi : grasse matinée. Aujourd’hui, on a rien de prévu et donc le journal de la semaine est en grève. Nous sommes allés au restaurant pour manger le très bon steak comme la dernière fois ; c’est tout.
· Lundi 14 août : la sortie en mode touriste
Bernard nous a appelé hier soir et nous propose de nous faire visiter le pays. Il y a un lac pas très loin de Garoua (75km) et bien sûr, on a accepté. Le départ est fixé pour 9h. Bernard a emmené des jumelles avec lui. Nous commençons par sortir de la ville du coté du fleuve
Même sur une route déserte, on trouve du monde qui marche aux abords avec de la marchandise sur la tête. On se demande encore comment ça fait pour tenir d’ailleurs. En fait, ils vont au marché d’un village un peu plus près du lac où on trouve de tout… On croise entre temps quelques autobus, des navettes de 7 places, mais dans lesquelles une quinzaine de personnes peuvent entrer… pas top niveau sécurité. Le paysage ne change pas trop au fur et à mesure que l’on s’approche du lac. Toujours quelques villages tous les
On passe un péage… enfin, une barrière en bois et on prend la route pour le lac. On arrive doucement par un village de pécheurs. Il y a une ville sur les rives du lac, cette ville ressemble un peu à des quartiers de Garoua. On s’arrête pour aller voir les pêcheurs qui vendent leurs poissons tout juste sortis de l’eau. Il y a une odeur très forte de poissons séchés au soleil. Le lac est grand et il y a quelques pirogues proches du village de pêcheurs. Les gens profitent du lac pour faire leur lessive ou encore prendre leur douche. Il y a 25 ans, le pays a fait construire un barrage pour produire de l’électricité pour la ville de Garoua. Le niveau de l’eau a considérablement augmenté et les villageois ont été obligé de bouger. (Bernard connaît très bien l’histoire de sa région).
Le nord du Cameroun (l’extrême nord) est très peuplé, et a été même surpeuplé il y a une vingtaine d’années. Le gouvernement avait alors décidé de bouger les populations et de les rapprocher près de Garoua qui est
La population est à 70% musulmane et aux abords du lac, on aperçoit des femmes portant le voile, visage caché aussi, ce sont des fondamentalistes. On quitte le village de pécheurs, des enfants s’accrochent à la voiture et les autres nous saluent, ils aiment beaucoup se faire prendre en photo et plus d’uns ont été surpris par le flash.
On part voir le barrage en lui-même. Sur le chemin, on trouve un singe se promenant tranquille, les animaux ne sont pas tous partis pendant la saison des pluies… On passe sur le barrage puis on essaye d’apercevoir les hippopotames mais en vain. Par contre, on aperçoit des pirogues de l’autre coté du barrage. Elles viennent du Nigeria et transportent des barils de pétrole… clandestinement. Bernard nous propose d’aller voir les rizières aux abords du fleuve. On apprend qu’il a passé une grande partie de son enfance dans un village avec des huttes. D’ailleurs, on a l’occasion de s’arrêter et on peut alors voir ces habitations de plus près. Il y a quelques puits mais pas de pompe, toute l’eau se tire à la main. Bernard connaît tout le monde. Il s’arrête saluer ses collègues et on en profite pour se mêler d’un peu plus près à la population. Des gars réparent des canaux, d’autres discutent, d’autres coupent des herbes trop hautes, et d’autres préparent les rizières. Pas de machines ici, la voiture qui nous conduit est la seule machine du coin. Il y a beaucoup d’enfants qui gardent les troupeaux de vaches ou de chèvres.
Prochaine escale : le marché. Et là, c’est très typique. Il y a beaucoup de monde, beaucoup de commerçants. On commence par le parc des bêtes. Il y a beaucoup de vaches et les gens marchandent… On passe ensuite par l’allée des poissons. On retrouve l’odeur forte du village de pécheurs. Les poissons sont séchés au soleil. Mais sinon, on trouve de tout ici en effet. Il y a des vendeurs de fringues (des débardeurs avec Laeticia Casta dessus, des maillots de foot, un t-shirt avec mister bean floqué dessus…), des vendeurs de parfums, d’épices, de viande (avec beaucoup de mouches dessus), des vendeurs de millet, de maïs. Tiens, on veut même des langues de bœuf. Pas très appétissant. On passe ensuite devant des marchands de … tout et n’importe quoi (des cornes de vaches,des têtes de crocodiles, des peaux de bêtes…) ; on trouve même en vente une photo de Zidane en train de mettre un coup de tête à Materazzi un certain soir de finale...
On croise sinon beaucoup de femmes qui ont des tatouages sur le visage, on ose pas trop prendre en photo… On quitte le marché. Il y a avait une odeur très forte tout le long. Sympa à voir mais on sera content de le revivre en photo seulement…
Avant de rentrer petit détour par la maison des beaux parents de Bernard ; ensuite nous nous arrêtons pour prendre notre déjeuner (il est 14H) qui se résumera à du maïs grillé… Pendant notre dégustation nous pouvons apercevoir, défilant devant la voiture, un troupeau de blancs… Oui des touristes avec appareils photo et tout le tralala…
Nous sommes sur le chemin du retour lorsque Bernard nous invite à faire un dernier détour dans un village du coin pour passer prendre quelqu’un… en fait ce sera quelque chose. Nous attendons donc quelques minutes lorsque Bernard revient avec une biquette dans les bras qu’il s’empresse d’attacher à l’arrière du pick-up.
« C’est ton repas de ce soir » lance Voodoo, « non elle n’est pas assez grosse » réplique Bernard… Nous ne saurons finalement pas à qui est destinée cette biquette.
Nous sommes enfin de retour à Garoua. Un petit saut par le supermarché pour acheter quelques nécessités et nous rentrons enfin à la maison. Le comité d’accueil nommé Kévin est bien sur présent. La fin de journée ressemble ensuite à toutes les autres…
· Mardi 15 août : plus qu’un mois et c’est fait
Cette nuit un énorme orage a éclaté mais malgré cela voodoo, lui, n’a pas été réveillé...
Aujourd’hui la journée sera consacré au travail malgré le jour férié...
La journée de travail commence aux alentours de 10H30 suite à une petite douche, histoire de se réveiller. Tata part couper les dernières pièces récupérées la veille tandis que voodoo commence les ajustements des pièces ; il ponce en gros. La pause sera prise à environ 12H30 ; pasta pour changer mais seulement pour Tata car ca y est c’est fait, voodoo est malade... du moins il a mal à la tête et un peu de fièvre. Cachet dans le bidon et hop au lit pendant que Tata reprend le boulot assisté des gamins du quartier qui tentent d’imiter chacun de ses gestes. Voodoo revient et se met sur le rapport de stage pendant que Tata finit les ajustements. Rien à signaler de spécial sinon que Tata a provoqué les larmes et les cris de nos tendres petits amis d’un jour... En effet sur le conseil de voodoo et pour être gentil, Tata a distribué quelques billes de jeux aux enfants du coin pour qu’ils jouent. Les billes distribuées aux garçons et aux filles, Tata rentre dans la maison quand tout à coup des cris et des pleurs... Il sort et là c’est le drame : les petites filles étaient allongées sur le sol à pleurer alors que les gentils petits garçons avaient bizarrement beaucoup plus de billes qu’à l’origine ; je vous laisse imaginer... Plus tard c’est une dizaine d’enfants qui n’étaient pas là au début qui réclameront des billes ; on est trop gentil, on recommencera une distribution. Et là encore des vols et violences...
Reprise du travail et fin. La pompe est pratiquement montée il faudra juste faire des finitions au centre et le rapport est enfin lancé.
La journée se finira par des Desperate, PES et un film évidemment. Pour rassurer sa famille Voodoo va mieux il mange ce soir et sa fièvre s’est calmée. Demain il faut être en forme pour aller couper du bois...
· mercredi 16 août
Ce matin, nous partons couper du bois... en fait, non la tronçonneuse a grillé il y a deux jours, d’où la question. Va-t-on réussir à fabriquer une pompe en bois mouillé avant la fin de notre séjour ??
Voodoo va mieux, la fièvre est tombée et le mal au ventre est beaucoup moins fort. Faut voir si il sera rétabli pour le match de demain.
Concernant la pompe, nous finissons les ajustements et nous remarquons que les perçages que nous avons sous-traité sont propres mais faux, pas à la côte demandée... alors il s’en suit une série de ponçage pour rattraper cette erreur. Robert et Fabien sont moyennement actifs ce matin, en même temps, on les comprend, il n’y a que des imprévus et le travail n’est donc pas très intéressant.
Mais pourtant, des personnes passant au centre sont curieuses du travail que nous effectuons et sont mêmes intéressées. Ils comprennent l’objectif principal du projet (adapter des puits laissés à l’abandon) et proposent même des endroits d’implantation mais pour l’instant il n’y a pas de pompe... Entre temps, l’éolienne qui ne tourne pas commence à rouiller.
Bernard nous promet du bois frais pour bientôt.
D’autres personnes sont au courant de notre venue au Cameroun. « c’est vous les deux blancs qui jouent au foot sur le terrain en sable ??» Mais cette personne nous propose plusieurs endroits touristiques à visiter. Echange de numéros avec Bienvenu.
Ce soir, c’est passage au supermarché et comme d’hab, on dévalise tout. On en profite pour prendre des ananas de « notre ami » remember.
En rentrant les enfants sont toujours là, on passe un peu de temps avec eux mais en dehors de la maison sinon, ça devient intenable. Ils veulent des billes, veulent se faire prendre en photo....
Ce soir, on change un peu de repas, Kévin passe nous dire bonsoir. A 4 ans, il est déjà plus poli que ses collègues de quartier.
· Jeudi 17 août
Aujourd’hui nous irons enfin couper le bois, d’un autre coté il était temps car après ce sera trop tard... Ah non on y va pas ?? OK. « Nous irons demain couper l’arbre à la machette », «OK Bernard c’est toi qui vois... »
Nous finissons donc la pompe fabriquée au centre pendant toute la matinée pour nous rendre compte à la fin qu’elle ne marche pas très bien, en effet, le bois étant trop fragile, certaines parties de l’excentrique ce sont cassées et les rouleaux descendent et bloquent le système... Enfin bref c’est à cause du bois !!!
Nous sommes aussi allé pendant la matinée au marché pour acheter des tiges filetées et pour une fois tout s’est bien passé nous avons même pas trop attendu...
Cet après midi c’est nous travaillons sur le rapport ; nous ne retournerons pas travailler cette après midi (d’un autre coté nous n’avons rien à faire là bas pour l’instant).
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