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  • : Association à but non lucrative, créée pour développer le projet Pompe Valdes.Il s'agit d'une pompe éolienne pouvant être fabriquée dans les PED, le but étant au final de créer des ateliers sur place et donc une micro-économie.
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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /2006 21:45

Cameroun : où en est on ?

 

 

Ces deux dernières semaines, nous avons fini la fabrication de la pompe et ainsi terminée la formation de nos deux compagnons. Il a été très difficile de trouver le matériel et on espère que tout restera en place pour les futures pompes.

 

Cependant, l’arbre sur pied que nous voulons n’a pas encore été coupé et le débit du bois n’a pas commencé faute de moyen pour faire ça proprement (seulement une hache pour faire tout ce travail). Il est impossible de trouver une tronçonneuse dans Garoua.

 

Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Robert et Fabien ont bien compris la fabrication des pièces, nous avons pu faire ça sur du bois de faible qualité pour se chauffer. Mais ce bois étant tellement cassant et peu résistant, le montage fut difficile et beaucoup de pièces se sont fissurées. On les rassure en leur disant que le teck est beaucoup plus dur et donc le rendu sera plus sympa. Le problème est que Robert et Fabien seront indisponibles à partir du 29 août et que allons changer d’équipe, ce qui veut dire que nous allons recommencer la formation d’une personne pour fabriquer la pompe... Nous nous étions fixé comme objectifs de former des personnes, de fabriquer une pompe, de faire des essais dans différents puits, de trouver un système manuel de mise en rotation, ....

 

A mi-chemin, nous avons formé 2 personnes sur du bois sec. Sachant que les ateliers du Centre et les professeurs seront indisponibles les 2 dernières semaines de notre séjour (la rentrée des classes est pour le 4 septembre), il nous reste 2 semaines pour faire ... beaucoup de choses. Nous allons faire le maximum pour avoir une pompe en teck humide, utilisable mais ce sera tout...

 

Sinon, nous avons pu voir un peu les environs de Garoua lors du week-end du 15 août et des amis passent souvent nous voir pour discuter avec nous. Cela les aide à mieux connaître le monde, on leur apporte un peu de rêves, d’espoir. Leur pays étant très pauvre, le rêve américain est présent dans leurs esprits.

 

Pour voir notre avancement jour après jour, voici notre journal de la semaine.

 

 

 

 

Journal de la semaine

 

 

·         Samedi 5 août

 

 

Ce matin, c’est grasse matinée. Pas grand chose nous a réveillé et nous pouvons donc nous reposer. Nous n’avons encore rien prévu aujourd’hui mais Bruno a dit qu’il allait passer nous voir dans la fin d’après-midi. La journée commence par le prêt du ballon aux enfants qui sont tous fous à chaque fois. On peaufine la newsletter que nous allons envoyer du cybercafé et on s’apprête à partir quand Bruno nous appelle. « Les gars, le match de l’équipe du Garoua commence dans 30 minutes, ça vous tente ? » Evidemment qu’on accepte et nous sommes partis pour le stade de Garoua afin de voir le Coton sport de Garoua qui est leader de la première division camerounaise. Le premier reçoit le second donc on s’attend à un match de qualité. Une fois arrivé au stade, il n’y a pas grand monde dans les gradins faits tout en ciment. Les supporters ont l’habitude de voir leur équipe évoluer le dimanche et non pas le samedi. Tant pis pour l’ambiance, on prend nos places en tribunes d’honneur pour 10 francs seulement, on offre les places à nos 2 amis du jour. Et le match commence. Bruno est venu avec un ami à lui qui connaît bien le football camerounais et qui donc nous raconte beaucoup de choses sur les joueurs. « lui, il joue en équipe nationale A’, tiens, lui, il a commencé à jouer sur le terrain en sable à coté de chez vous…. » On apprend qu’un joueur sur le terrain a seulement 14 ans…Le stade possède une pelouse, il y a seulement 3 stades au Cameroun qui ont la chance d’avoir de l’herbe. Les gradins sont situés en hauteur et on peut apercevoir le paysage qui entoure Garoua. Ca ressemble à l’Arizona, au grand canyon mais avec de l’herbe et pas de la terre rouge.

 

Le match commence et le niveau est correct. Garoua conserve son statut de favori en battant le second par 4-0.

 

En rentrant, petite lessive, casse-croute et nous partons pour le cybercafé, la journée est vite passée, il est déjà 19h30 quand on sort du cyber. On passe devant un restaurant qui n’a pas l’air d’être surbooké, alors ce soir, c’est restaurant. Au menu, steak avec frites. Comme ça, ça paraît banal mais c’était très bon sauf qu’on a attendu un bon moment avant d’être servi, il y avait un problème en cuisine, ok, on veut pas savoir la suite... De retour à 22h15 à la maison, le temps d’étendre la lessive et de faire sa toilette. A demain pour le culte dansant…

 

 

 

·         Dimanche 6 août 06

 

 

Ce matin, le réveil fut mouvementé. En effet, Bruno est venu à 7h nous demander le ballon puisqu’il jouait avec son équipe. Pas de souci. Ensuite, ce sont les enfants du coin qui viennent nous demander un autre ballon. Il est 7h30. Nous sommes dimanche et nous n’arrivons pas à dormir. Une demi-heure plus tard, il faut se lever afin de se préparer pour le culte dansant. Bernard est à l’heure. On a essayé de bien présenter mais on ne rivalise pas avec les habits du dimanche des autres personnes. Une fois dans l’église, on se place comme la dernière fois. Le décor est le même. Il y a seulement plus de monde. Le curé arrive avec ses Anciens tout habillé de blanc et qui viennent s’asseoir juste à coté de nous. Oui, nous sommes entourés d’Anciens. Le culte commence, il est en français puis aussitôt après traduit en Fofoundé, la langue de la région. Autant dire que l’on ne comprendra pas grand chose. Avant l’arrivée de tout le monde, la chorale s’échauffe avec des petits chants bien sympas.

 

La messe commence, rien de spécial pendant un bon moment, sauf quand les femmes de la chorale Fofoundé entrent en scène. Des chants traditionnels avec des instruments traditionnels, des percussions… C’était bien à écouter.

 

Ensuite, il n’y a pas eu grand chose, ça reste une messe, sauf qu’elle est deux fois plus longue puisqu’elle est traduite simultanément. Nous resterons 3h dans l’église…

 

Autre chose marrante, le moment de se présenter. On le fait de nouveau car il y a plus de monde et que personne nous connaît. Le curé le fait à notre place car il a bien vu qu’il nous a pris de court et apparemment il s’est bien renseigné sur nous.

 

« - Voici 2 jeunes étudiants de France, des ingénieurs des Arts et Métiers, Sylvain, 23 ans, et Vincent, 23 ans aussi, ils viennent pour travailler au centre technique de Garoua pendant 2 mois, des pompes à eau. Ils sont là pour leur stage, ils sont…. beaux, n’est ce pas (là, on a été très surpris), vous comptez rentrer accompagné ?

 

-euh, non, pas tellement, (en plus tata montre sa bague)

 

-ah ok, sinon, il faut nous dire…. »

 

 

Donc, voilà comment se faire remarquer en deux secondes, déjà qu’on est blanc. Enfin bon, le culte a quand même duré 3h et c’est pas que ce n’est pas notre hobby préféré mais bon…

 

Une fois rentré, on se repose parce que la nuit fut courte et mouvementée. La viande d’hier soir nous a pas fait mal au ventre, on y retournera. En plus, c’est moins cher qu’un plat de riz avec du maïs et du thon.

 

Le soir, c’est dodo et on repart pour une nouvelle semaine chargée… il y a 2 matches qui nous attendent sur le terrain d’à coté ; puis il y a le bois mouillé qui doit arrivé, du teck.

 

 

·         Lundi 7 août

 

 

Enfin, nous avons passé une bonne nuit. Il faut malheureusement se lever. Nous arrivons, une fois n’est pas coutume, à l’heure au travail. Ce matin nous continuons la pompe évidemment : tata s’occupe des corps de piston, du bouchon du palier inférieur et des rouleaux avec Robert tandis que voodoo et Fabien se chargent du coulisseau ainsi que de la découpe d’autres pièces. Malheureusement nous allons devoir recommencer depuis le début le coulisseau, en effet l’état de surface de la pièce ne nous convient pas… Nous rentrons à la pause prendre notre repas traditionnel : des pâtes ! ! !

 

Une petite partie de PES et nous voilà reparti. Nous finissons le travail entamé le matin et à 15H30 nous partons faire des courses. « Chouette les blancs arrivent », nous dévalisons le supermarché, un petit tour à la boulangerie pour prendre 7 beignets, un pain au chocolat et un pain. Nous filons vite au terrain de foot après avoir rangé toutes les courses et toujours accompagné de Felix qui revient de vacances au Tchad où paraît-il c’est la guerre…

 

Ce soir, un petit entraînement de deux heures bien tranquille qui nous remet en confiance ( deux buts chacun et de nombreuses passes décisives)  mais d’un autre côté toujours pas d’entraînement avec notre équipe de mercredi ; il faudra s’adapter, espérons que l’équipe tienne la route…

 

Ce soir les petits ne nous lâchent pas, ils sont juste à côté à attendre le jeu de voiture alors que nous écrivons le journal de la semaine. Nous n’allons pas tarder à manger alors il va falloir les remercier.

 

Un petit film ou Desperate en anglais et la journée sera terminée…

 

 

·         Mardi 8 août

 

 

Ptit dej et hop au boulot. Félix est de retour mais quelque chose a changé en lui, c’est bizarre mais maintenant il est toujours à l’heure…

 

Pour ce qui est du travail, aujourd’hui nous finissons toutes les pièces de la pompe sauf tous ce qui est alésage, perçage,  que nous pensons sous-traiter demain à l’atelier du coin car nous n’avons pas les machines nécessaires.

 

A midi c’est raviolis…

 

L’après midi passe vite, nous finissons donc les pièces avec Robert et Fabien et nous en profitons pour leur énoncer quelques règles de sécurité. En effet, après les avoir vu travailler, on se demande encore comment ils font pour garder tous leurs membres…

 

 

·         Mercredi 9 août

 

 

Voodoo a failli craquer hier soir. Un chien n’arrêtait pas d’hurler à la mort. Après avoir vu Dragon rouge, il en fallait pas beaucoup… mais la nuit fut quand même un peu agitée. Bref, ce matin, il faut à tout pris voir le technicien de l’atelier de perçage. Nous allons travailler étroitement avec lui pour le reste des pièces. Il habite pas très loin du CTG et c’est donc bien pratique. Mais on s’aperçoit que les côtes n’ont pas été respectées sur la pièce centrale de la pompe, il faut ajuster les rainures. Pendant que Tata s’occupe d’ajuster cette pièce avec Robert, Voodoo prépare les 2 culasses à la raboteuse avec Fabien. On commence à bien connaître les machines mais il ne faut pas perdre sa concentration, les objets coupants sont proches de nos outils les plus chers, nos mains…

 

La matinée continue donc à l’atelier de perçage où le technicien montre qu’il connaît bien son métier. Il comprend vite, il est gentil, on lui propose alors de venir travailler avec lui. Le temps de ranger son atelier dans la journée et demain, on entame avec lui la finition des pièces. Robert et Fabien voient bien le déroulement de la fabrication , vers quelle personne se diriger en cas de besoin, etc… L’après-midi sera libre, en effet, nous n’avons aucune pièce à faire et le bois mouillé n’est toujours pas arrivé, d’ailleurs, on passe mettre un peu la pression à Bernard, il confirme que vendredi nous iront en forêt pour trouver notre affaire.

 

Cet après-midi, on reste à la maison et on se concentre pour notre match tant attendu. Il y a du retard, nous commencerons à 17h. En attendant l’équipe, nous attirons déjà l’attention, beaucoup d’enfants restent autour pour nous voir lacer nos chaussures, ou encore changer de short. Eh oui, pas de vestiaires. Le match commence, nous sommes titulaires, nous jouons avec des maillots et shorts orange. L’échauffement fut rapide mais ça fera l’affaire.

 

 

A la fin du match, les petits viennent nous toucher de partout, nous sautent dessus. Une fille vient nous prendre dans ses bras « C’est bien Papa, c’est bien ». Eh ben, pourtant on a pas fait non plus le match du siècle. Tout le monde nous saluait en partant, on est connu dans le quartier, ça y est. Allé, une bonne nuit, sans chien et sans chèvre si possible…

 

 

·         jeudi 10 août

 

 

Les enfants sont de plus en plus présent chez nous, ils ont crevé le ballon et ils viennent à chaque fois. Il ne faut pas dire oui tout le temps et ils s’acharnent sur la porte. Le problème est que si on ouvre pour un, il y a tout le quartier chez nous.

 

Aujourd’hui, on a prévu d’aller au centre et de voir l’atelier de perçage mais le travail n’a pas commencé et on se retrouve alors à rien faire. Toutes nos pièces sont en sous-traitance et nous n’avons pas encore le bois mouillé, d’ailleurs, la tronçonneuse n’est toujours pas réparée. Aura-t-on le bois mouillé à la fin de la semaine comme prévu ? On profite du moment libre pour faire le plan du rapport de stage. On a tous les éléments, il faut mettre en forme maintenant.

 

On apprend que mardi est férie, normal mais qu’il y a le pont lundi et donc on perd 2 jours. Il faudra faire vite pour fabriquer une pompe en teck. La journée n’est pas très riche en activité. On demande à Félix si il y a des endroits à visiter à Garoua. Il nous dit que c’est une ville pas du tout touristique et qu’il faut faire une centaine de kilomètres vers le nord pour voir des endroits sympas…. Chouette. Il faut quand même aller voir les hippopotames.

 

 

·         vendredi 11 août

 

 

Félix vient taper à la porte vers 8H45 et nous partons avec lui pour le centre.

 

Il y a cependant un léger souci… En principe Bernard aurait dû appeler l’électricien en premier pour s’assurer que la tronçonneuse est réparée, ensuite passer chercher le garde forestier qui doit nous accompagner et enfin, venir nous chercher pour partir directement… Mais non !!! Bernard fait tout à l’envers, nous arrivons, ensuite le garde forestier. Nous attendrons donc ainsi jusqu’à 11H20, heure à laquelle nous avons pris la décision de quand même téléphoner à l’électricien qui a beaucoup de retard. Et vous savez quoi, badaboum la tronçonneuse est toujours en panne !!!

 

Nous avons donc perdu la matinée à attendre. Nous convenons de reprendre rendez-vous avec le garde forestier mercredi matin en espérant que cette fois-ci tous sera ok et nous rentrons. Lentilles pour changer puis nous repartons direction l’atelier de perçage à 14H30.

 

Bimbadaboum, les pièces ne sont pas encore prêtes et nous repasserons donc lundi soir pour les récupérer afin de pouvoir quand même travailler, à la maison, mardi.

 

 

·         Samedi 12 août

 

 

Ce week-end, c’est repos avant tout. Le foot d’hier soir nous a bien calmé et on va soigner nos brûlures aux jambes. La seule sortie de la journée sera au cybercafé. Bruno doit passer nous voir mais il ne viendra pas. Par contre, Fidèle, un prof du centre passe nous dire bonsoir et découvre avec joie que nous avons plein de logiciels qui vont sûrement l’intéresser. Sinon, les enfants sont un peu agaçants, faut dire ce qui est. Ils tapent à la porte et s’enfuient en courant. Ça, c’est pas très cool alors la prochaine fois, ils devront courir vraiment vite….

 

 

 

·         Dimanche 13 août : jour du seigneur

 

 

Aujourd’hui, c’est levé tard et repos jusqu’à midi : grasse matinée. Aujourd’hui, on a rien de prévu et donc le journal de la semaine est en grève. Nous sommes allés au restaurant pour manger le très bon steak comme la dernière fois ; c’est tout.

 

 

·         Lundi 14 août : la sortie en mode touriste

 

 

Bernard nous a appelé hier soir et nous propose de nous faire visiter le pays. Il y a un lac pas très loin de Garoua (75km) et bien sûr, on a accepté. Le départ est fixé pour 9h. Bernard a emmené des jumelles avec lui. Nous commençons par sortir de la ville du coté du fleuve la Bénoué. Il y a beaucoup de personnes sur les rives du fleuve, ils profitent du niveau bas de l’eau pour faire on sait pas trop quoi. Mais, nous sommes attirés par le paysage. Comme on avait dit une fois, c’est un peu l’Arizona mais avec des arbres. On a l’impression que les pierres ont été posées les unes sur les autres et forment une montagne. La route est goudronnée pour aller jusqu’au lac. Elle traverse la plaine où se dressent des collines à droite à gauche. Il y a beaucoup de verdures. Apparemment, c’est propre à la saison, car sinon, les herbes n’existent pas et les arbres ont du mal à survivre. Les animaux sont tous partis, pas de chance. Sinon, on trouve des gazelles, des troupeaux, des éléphants et des hippopotames dans le fleuve mais en ce moment, il n’y a rien du tout. Après 10 minutes de voiture, on commence à apercevoir quelques huttes faites en terre cuite et dont le toit est fait en paille. Tous les 3 ans, les habitants changent le toiture à cause des termites et changent la terre des murs à cause de l’humidité qui s’infiltre à l’intérieur. C’est sûrement la raison pour laquelle il y a beaucoup de huttes en ruine à coté des villages. Une dizaine d’habitations d’un coté de la route, un marché abandonné de l’autre coté de la route. Ici, pas d’électricité, pas d’eau courante.

 

Même sur une route déserte, on trouve du monde qui marche aux abords avec de la marchandise sur la tête. On se demande encore comment ça fait pour tenir d’ailleurs. En fait, ils vont au marché d’un village un peu plus près du lac où on trouve de tout… On croise entre temps quelques autobus, des navettes de 7 places, mais dans lesquelles une quinzaine de personnes peuvent entrer… pas top niveau sécurité. Le paysage ne change pas trop au fur et à mesure que l’on s’approche du lac. Toujours quelques villages tous les 5 kilomètres, une plaine avec quelques arbres, une colline dont les roches font parfois penser à des sculptures. Jolie carte postale.

 

On passe un péage… enfin, une barrière en bois et on prend la route pour le lac. On arrive doucement par un village de pécheurs. Il y a une ville sur les rives du lac, cette ville ressemble un peu à des quartiers de Garoua. On s’arrête pour aller voir les pêcheurs qui vendent leurs poissons tout juste sortis de l’eau. Il y a une odeur très forte de poissons séchés au soleil. Le lac est grand et il y a quelques pirogues proches du village de pêcheurs. Les gens profitent du lac pour faire leur lessive ou encore prendre leur douche. Il y a 25 ans, le pays a fait construire un barrage pour produire de l’électricité pour la ville de Garoua. Le niveau de l’eau a considérablement augmenté et les villageois ont été obligé de bouger. (Bernard connaît très bien l’histoire  de sa région).

 

Le nord du Cameroun (l’extrême nord) est très peuplé, et a été même surpeuplé il y a une vingtaine d’années. Le gouvernement avait alors décidé de bouger les populations et de les rapprocher près de Garoua qui est 200 km plus au sud. Les camerounais ont été attirés par le lac qui amène beaucoup de poissons. Les cultures dans la région de Garoua sont essentiellement le coton, le riz, le millet (base de la farine et du couscous) et l’élevage de bovins, de chèvres...

 

La population est à 70% musulmane et aux abords du lac, on aperçoit des femmes portant le voile, visage caché aussi, ce sont des fondamentalistes. On quitte le village de pécheurs, des enfants s’accrochent à la voiture et les autres nous saluent, ils aiment beaucoup se faire prendre en photo et plus d’uns ont été surpris par le flash.

 

On part voir le barrage en lui-même. Sur le chemin, on trouve un singe se promenant tranquille, les animaux ne sont pas tous partis pendant la saison des pluies… On passe sur le barrage puis on essaye d’apercevoir les hippopotames mais en vain. Par contre, on aperçoit des pirogues de l’autre coté du barrage. Elles viennent du Nigeria et transportent des barils de pétrole… clandestinement. Bernard nous propose d’aller voir les rizières aux abords du fleuve. On apprend qu’il a passé une grande partie de son enfance dans un village avec des huttes. D’ailleurs, on a l’occasion de s’arrêter et on peut alors voir ces habitations de plus près. Il y a quelques puits mais pas de pompe, toute l’eau se tire à la main. Bernard connaît tout le monde. Il s’arrête saluer ses collègues et on en profite pour se mêler d’un peu plus près à la population. Des gars réparent des canaux, d’autres discutent, d’autres coupent des herbes trop hautes, et d’autres préparent les rizières. Pas de machines ici, la voiture qui nous conduit est la seule machine du coin. Il y a beaucoup d’enfants qui gardent les troupeaux de vaches ou de chèvres.

 

Prochaine escale : le marché. Et là, c’est très typique. Il y a beaucoup de monde, beaucoup de commerçants. On commence par le parc des bêtes. Il y a beaucoup de vaches et les gens marchandent… On passe ensuite par l’allée des poissons. On retrouve l’odeur forte du village de pécheurs. Les poissons sont séchés au soleil. Mais sinon, on trouve de tout ici en effet. Il y a des vendeurs de fringues (des débardeurs avec Laeticia Casta dessus, des maillots de foot, un t-shirt avec mister bean floqué dessus…), des vendeurs de parfums, d’épices, de viande (avec beaucoup de mouches dessus), des vendeurs de millet, de maïs. Tiens, on veut même des langues de bœuf. Pas très appétissant. On passe ensuite devant des marchands de … tout et n’importe quoi (des cornes de vaches,des têtes de crocodiles, des peaux de bêtes…) ; on trouve même en vente une photo de Zidane en train de mettre un coup de tête à Materazzi un certain soir de finale...

 

On croise sinon beaucoup de femmes qui ont des tatouages sur le visage, on ose pas trop prendre en photo… On quitte le marché. Il y a avait une odeur très forte tout le long. Sympa à voir mais on sera content de le revivre en photo seulement…

 

Avant de rentrer petit détour par la maison des beaux parents de Bernard ; ensuite nous nous arrêtons pour prendre notre déjeuner (il est 14H) qui se résumera à du maïs grillé… Pendant notre dégustation nous pouvons apercevoir, défilant devant la voiture, un troupeau de blancs… Oui des touristes avec appareils photo et tout le tralala…

 

Nous sommes sur le chemin du retour lorsque Bernard nous invite à faire un dernier détour dans un village du coin pour passer prendre quelqu’un… en fait ce sera quelque chose. Nous attendons donc quelques minutes lorsque Bernard revient avec une biquette dans les bras qu’il s’empresse d’attacher à l’arrière du pick-up.

 

« C’est ton repas de ce soir » lance Voodoo, « non elle n’est pas assez grosse » réplique Bernard… Nous ne saurons finalement pas à qui est destinée cette biquette.

 

Nous sommes enfin de retour à Garoua. Un petit saut par le supermarché pour acheter quelques nécessités et nous rentrons enfin à la maison. Le comité d’accueil nommé Kévin est bien sur présent. La fin de journée ressemble ensuite à toutes les autres…

 

 

·         Mardi 15 août : plus qu’un mois et c’est fait

 

 

Cette nuit un énorme orage a éclaté mais malgré cela voodoo, lui,  n’a pas été réveillé...

 

Aujourd’hui la journée sera consacré au travail malgré le jour férié...

 

La journée de travail commence aux alentours de 10H30 suite à une petite douche, histoire de se réveiller. Tata part couper les dernières pièces récupérées la veille tandis que voodoo commence les ajustements des pièces ; il ponce en gros. La pause sera prise à environ 12H30 ; pasta pour changer mais seulement pour Tata car ca y est c’est fait, voodoo est malade... du moins il a mal à la tête et un peu de fièvre. Cachet dans le bidon et hop au lit pendant que Tata reprend le boulot assisté des gamins du quartier qui tentent d’imiter chacun de ses gestes. Voodoo revient et se met sur le rapport de stage pendant que Tata finit les ajustements. Rien à signaler de spécial sinon que Tata a provoqué les larmes et les cris de nos tendres petits amis d’un jour... En effet sur le conseil de voodoo et pour être gentil, Tata a distribué quelques billes de jeux aux enfants du coin pour qu’ils jouent. Les billes distribuées aux garçons et aux filles, Tata rentre dans la maison quand tout à coup des cris et des pleurs... Il sort et là c’est le drame : les petites filles étaient allongées sur le sol à pleurer alors que les gentils petits garçons avaient bizarrement beaucoup plus de billes qu’à l’origine ; je vous laisse imaginer... Plus tard c’est une dizaine d’enfants qui n’étaient pas là au début qui réclameront des billes ; on est trop gentil, on recommencera une distribution. Et là encore des vols et violences...

 

Reprise du travail et fin. La pompe est pratiquement montée il faudra juste faire des finitions au centre et le rapport est enfin lancé.

 

La journée se finira par des Desperate, PES et un film évidemment. Pour rassurer sa famille Voodoo va mieux il mange ce soir et sa fièvre s’est calmée. Demain il faut être en forme pour aller couper du bois...

 

 

·         mercredi 16 août

 

 

Ce matin, nous partons couper du bois... en fait, non la tronçonneuse a grillé il y a deux jours, d’où la question. Va-t-on réussir à fabriquer une pompe en bois mouillé avant la fin de notre séjour ??

 

Voodoo va mieux, la fièvre est tombée et le mal au ventre est beaucoup moins fort. Faut voir si il sera rétabli pour le match de demain.

 

Concernant la pompe, nous finissons les ajustements et nous remarquons que les perçages que nous avons sous-traité sont propres mais faux, pas à la côte demandée... alors il s’en suit une série de ponçage pour rattraper cette erreur. Robert et Fabien sont moyennement actifs ce matin, en même temps, on les comprend, il n’y a que des imprévus et le travail n’est donc pas très intéressant.

 

Mais pourtant, des personnes passant au centre sont curieuses du travail que nous effectuons et sont mêmes intéressées. Ils comprennent l’objectif principal du projet (adapter des puits laissés à l’abandon) et proposent même des endroits d’implantation mais pour l’instant il n’y a pas de pompe... Entre temps, l’éolienne qui ne tourne pas commence à rouiller.

 

Bernard nous promet du bois frais pour bientôt.

 

D’autres personnes sont au courant de notre venue au Cameroun. « c’est vous les deux blancs qui jouent au foot sur le terrain en sable ??» Mais cette personne nous propose plusieurs endroits touristiques à visiter. Echange de numéros avec Bienvenu.

 

Ce soir, c’est passage au supermarché et comme d’hab, on dévalise tout. On en profite pour prendre des ananas de « notre ami » remember.

 

En rentrant les enfants sont toujours là, on passe un peu de temps avec eux mais en dehors de la maison sinon, ça devient intenable. Ils veulent des billes, veulent se faire prendre en photo....

 

Ce soir, on change un peu de repas, Kévin passe nous dire bonsoir. A 4 ans, il est déjà plus poli que ses collègues de quartier.

 

 

·         Jeudi 17 août

 

 

Aujourd’hui nous irons enfin couper le bois, d’un autre coté il était temps car après ce sera trop tard... Ah non on y va pas ?? OK. « Nous irons demain couper l’arbre à la machette », «OK Bernard c’est toi qui vois... »

 

Nous finissons donc la pompe fabriquée au centre pendant toute la matinée pour nous rendre compte à la fin qu’elle ne marche pas très bien, en effet, le bois étant trop fragile, certaines parties de l’excentrique ce sont cassées et les rouleaux descendent et bloquent le système... Enfin bref c’est à cause du bois !!!

 

Nous sommes aussi allé pendant la matinée au marché pour acheter des tiges filetées et pour une fois tout s’est bien passé nous avons même pas trop attendu...

 

Cet après midi c’est nous travaillons sur le rapport ; nous ne retournerons pas travailler cette après midi (d’un autre coté nous n’avons rien à faire là bas pour l’instant).

 

Par en quête du monde - Publié dans : nouveautés cameroun
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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 19:49

Bonjour et merci à tous nos lecteurs !

 

Voilà la news letter, désolé pour ceux qui s'impatientaient. Voilà de quoi nous rattraper. N'hésitez pas à regarder les photos sur le blog !

 

Semaine du 3 au 11 Août 2006, depuis Peycouck.

 

 

Le matin de la remise des prix, nous repoussons l’heure du réveil, n’étant pas attendus avant neuf heures. Cheick vient nous saluer, comme à son habitude, pendant notre petit déjeuner. Il nous conseille d’arriver pour neuf heure trente, et regagne l’école pour finaliser l’organisation de cette journée qui lui tient tant à cœur. Dans les engagements de notre ami, l’éducation détient une place toute particulière : Cheick est un homme instruit qui a dû arrêter ses études en classe de première, pour des raisons financières, et qui soutient aujourd’hui l’école sénégalaise en plein essor.

Nous sommes parmi les premiers à arriver sur place ; les rendez-vous sénégalais sont toujours calculés avec un peu de retard, mais les installations sont fin prêtes. Les chaises ont été soigneusement alignées à l’ombre des plus grands arbres de la cour et sous des tentes aménagées pour l’occasion. Les hauts parleurs annoncent en musique le début de la fête, et appellent les villageois à se réunir. Les invités divers quant à eux, responsables pédagogiques, élus locaux, ne tardent pas à affluer.

Les mères des lauréats, particulièrement élégantes en ce jour de récompenses, sont venues partager la fierté de leurs enfants, en attendant leur petit moment de gloire, celui de la photo ; sûrement la seule de l’année, comme nous l’expliquera notre ami Moustafa.

Des invités bien particuliers arrivent bientôt : une vingtaine de jeunes Toubabs encadrant une colonie de vacance, organisée près de Peycouck. L’association française en charge du projet, « vas-y j’y vais », est dirigée par une française qui a grandi dans la ville voisine de Thiès. Bientôt, les enfants déchaînés chantent et dansent sous la direction des moniteurs français.

Le speaker désigné pour l’événement annonce un « protocole » chargé pour cette matinée : remise des lots et des diplômes pour les cinq premiers de chaque classe, ponctuée de discours par les personnalités locales : chef de village, directeur de l’école, directeur de l’association des parents d’élèves, inspecteur…etc.

Nous serons salués et remerciés à plusieurs reprises par ces différents intervenants, pour notre implication dans l’événement, et notre action dans la région. Anaïs aura même le privilège de remettre son prix à une jeune bachelière. Car les récompenses ne s’arrêtent pas à l’école primaire. Le village entier accompagne ses enfants dans la suite de leurs études, jusqu’à l’université, et fait toujours valoir leurs efforts.

Les festivités se terminent vers une heure trente, l’heure pour nous de rentrer manger puis de se préparer pour le travail de l’après-midi, qui se passe sans encombres.

La journée de vendredi en revanche est ponctuée de nouvelles coupures de courants. L’entreprise nationale Sénélec, à l’organisation désastreuse selon les sénégalais, n’est pas en mesure de nous fournir un planning de distribution du courant. Chaque quartier est desservi à tour de rôle, et nous sommes donc coupés en pleine fabrication, sans pouvoir l’anticiper. Nous choisissons de quitter les ateliers et de revenir l’après-midi, en attendant notre tour à la maison. L’après-midi dans ces conditions n’est pas très productive, et nous commençons à revoir nos délais.

 

 

Bien que le rythme de travail ces jours derniers n’ait pas été très soutenu, nous sommes fatigués par les attentes et consacrons la matinée du samedi à nous reposer à la maison ; grasse matinée. Deux d‘entre nous font une virée en ville, pour faire quelques achats. Le repas qui se termine généralement vers quatorze heures trente nous coupe nos journée, d’autant plus en ce début de week-end où nous sommes invités vers seize heure chez Moustafa, avec qui nous aimons discuter longuement autour d’un thé. Le jeune bachelier s’imagine de plus en plus continuer des études de philosophie qui le passionnent, probablement à Dakar. Il envisage aussi la possibilité de partir à l’étranger, vraisemblablement en France s’il obtient une bourse et un visa. Comme la plupart des étudiants ici, Moustafa a tendance à nous prêter trop de mérite, imaginant qu’il faut être des génies, comme il le dit, pour étudier les sciences, la mécanique... Nous n’en gardons pas moins de simples relations entre jeunes, échangeant nos cultures littéraires ou musicales respectives.

Nous abrégeons la rencontre vers dix-huit heures, sur un coup de fil de François Faye, un des professeurs en formation, qui vient nous rendre une petite visite. Nous le recevons autour d’un verre de soda, et profitons de l’occasion pour trancher un peu avec le cadre du boulot, où François est sans cesse sollicité comme responsable des machines à l’atelier mécanique. Il lui faut sur place une attention épuisante pour veiller sur les apprentis en formation et les machines qu’il entretient.

 

Le dimanche matin, deux membres de l’équipe se rendent à la messe donnée à Dom Bosco par le père Grégoire, où certains de nos élèves chantent et jouent du jambé, tandis que les autres tentent le premier déplacement en taxi vers la ville. Le véhicule que nous avons loué nous rend d’immenses services dans notre mission mais nous a préservé jusque là des joies du covoiturage à la sénégalaise. Les règles sont simples. Tout d’abord ne jamais monter dans la voiture avant d’avoir négocié le prix de la course, n’oublions pas ici tout se négocie ! Préférer les regroupements avec les amis où n’importe quelle personne qui se rend dans un endroit voisin de votre destination ; le prix ne dépend pas du nombre de passagers à partir du moment où ils sont ensembles, c'est-à-dire qu’ils montent ensemble dans le véhicule. En ville les taxis se retrouvent donc vite pleins.

 

Le dimanche après-midi, nous travaillons quelques heures sur les livrets de fabrication des pompes et éoliennes, puis vers seize heures nous décidons de prendre le chemin de la mer, qui se trouve à une demi-heure de route. Les plages de sable sur la côte du Sénégal sont agréables lorsque le soleil brûlant est masqué par les nuages. Mais l’océan est agité, les vagues nombreuses rendent la baignade dangereuse pour les enfants, et forcent les adultes à la prudence ; mieux vaut ne pas s’éloigner du bord.

 

Nous sommes totalement regonflés lorsque nous prenons la route des ateliers le lundi matin. Nous projetons de terminer notre première pompe et rêvons déjà de la relier à l’éolienne achevée la semaine dernière et qui vient juste de recevoir sa couche de peinture. Mais la Sénélec en a vraiment décidé autrement…pas plus d’une heure de fabrication et nous revoilà privés d’électricité ! Un gros coup pour le moral. Il reste trop peu d’opérations purement manuelles pour continuer, nous renvoyons les élèves chez eux ; rendez-vous à quinze heure trente.

Nous profitons d’être en ville pour effectuer quelques achats de matériel : un disque à tronçonner pour la disqueuse, deux trois bricoles…

De retour à Peycouck nous décidons de rendre une petite visite à nos voisins de la colonie, à la sortie du village. Lorsque nous sortons de la maison, le portable sonne : le père Grégoire nous annonce que le courant est revenu.

La conviction n’y est plus vraiment mais nous retournons au centre car il faut tout de même avancer. Sur place nous ne trouvons qu’un seul des professeurs avec qui nous préparons le terrain pour un travail plus efficace l’après-midi. Mais nous nous sommes mal compris et notre retour précipité ce matin vient d’annuler le rendez-vous de la fin de journée : nous ne pourrons décidément pas avancer aujourd’hui…Nous sommes vraiment abattus lorsque nous quittons le centre à deux heures.

Nous consacrons notre après-midi à une visite envisagée depuis quelques temps. D’imposantes éoliennes avaient attiré notre attention lors de nos déplacements dans la région. Cheick nous expliquai un jour qu’il s’agissait de systèmes installés par une ONG italienne, la LVIA.  Lui-même avait participé, il y a quelques années, à une formation sur le terrain à la suite de quoi il avait été nommé responsable des pompes éoliennes dans les environs de Thiès.

Leur siège se trouve sur la route entre Thiès et Peycouck et François Faye possède deux trois contacts sur place. Nous convenons d’une visite surprise qui ne devrait pas, d’après lui, les gêner.

Avant de passer au siège principal, nous visitons leur usine de traitement des plastiques. Dans un pays où les ordures terminent leur vie au milieu des rues et où tout se revend jusqu’à épuisement, il est difficile d’éveiller les populations au long terme. Pourtant la LVIA vient de lancer un programme de collecte et de traitement des déchets plastiques qui inondent la vie quotidienne des sénégalais : principalement le plastique alimentaire, mais aussi la vaisselle et le mobilier qui sont plus rudimentaires mais aussi meilleur marché dans ce matériau. Le tout étant produit au niveau de Dakar et redistribué sur tout le pays. Pour ce projet, les italiens emploient majoritairement des femmes, dans les rues tout d’abord pour effectuer la collecte du plastique, puis au centre même où une douzaine d’entre elles s’acharnent à tout frotter à la brosse métallique, essayant de nettoyer les tonnes collectées puis noyées dans de grands bassins. Ce travail n’est pas une sinécure, surtout en cette saison où les bassins d’eau stagnante sont synonymes de moustiques, donc de paludisme. La saison des pluies étant bien entamée, l’équipe sur place a perdu des effectifs : trois femmes touchées par le paludisme sont bloquées à la maison.

 

Petite parenthèse sur le paludisme, que l’on nomme ici plus succinctement « Palu ». Il fait partie de nos préoccupations quotidiennes, surtout la nuit tombée, pendant laquelle les moustiques du palu sont plus nombreux et plus agressifs. Le Sibiru, comme on le nomme en Wolof, fait partie de ces obsessions invisibles qui ponctuent nos discussions comme pour nous divertir plus qu’il ne nous préoccupe vraiment. Nous nous en tenons toujours aux habits longs et au produit anti-moustique en soirée. La nuit, la moustiquaire et les prises repoussantes sont de rigueur, pour les toubabs évidemment, les gens ici se contentent au mieux de la moustiquaire. L’état multiplie les campagnes de sensibilisation en cette saison et instaure un prix maximum pour ces dernières.

 

Mais reprenons le court de cette journée édifiante…

 

Après avoir vu les machines extrudeuses qui découpent le plastique, puis signé le traditionnel recueil qui n’avait pas vu de visiteurs depuis trois mois, nous quittons le centre des plastiques en direction du siège principal de la LVIA.

Situé en bord de route, l’endroit regroupe plusieurs ateliers où nous apercevons des éoliennes en fabrication, et de nombreuses cases que nous pensons être destinées aux missionnaires. Nous sommes accueillis par Giovanni, un responsable de projet d’une quarantaine d’année qui a bien du mal à cacher son fort accent italien. Les présentations faites, assis autour d’une grande table, il s’interroge sur notre venue. Après une brève description de notre projet, il comprend que nous sommes venus parler d’éoliennes, et entreprend un petit exposé.

  La LVIA installe des éoliennes au Sénégal depuis près de trente cinq ans. Elle confie aujourd’hui la réalisation et l’installation de ces éoliennes à des Groupement d’Intérêt Economique (GIE) dont le modèle fleurit un peu partout au Sénégal ; en témoigne celui de la déchetterie plastique.

Nous pensions en apprendre beaucoup ici. Prendre une leçon d’humanitaire en quelque sorte. L’expérience d’une ONG reconnue dans la région depuis 1972, avec des partenaires influents et des moyens colossaux.

Notre première satisfaction fut d’entendre le coût de ces installations : le système complet est fixé à près de dix mille euros…que nous comparons à nos modestes trois cents euros (sans la fondation du puit) évalués par l’équipe au terme des achats de matière première et d’une rapide étude de la production, main d’œuvre et achats occasionnels compris.

Bien sûr nous ne travaillons pas avec les même besoins : les italiens remontent de l’eau située à cinquante mètres en contrebas avec un débit de quinze mètres cubes par jour. Notre mission aujourd’hui vise des puits d’une profondeur de six mètres avec des besoins en eau de six mètres cubes  par jour.

Nous sommes rapidement déroutés par l’assurance de ces missionnaires qui sont pourtant de plus en plus loin du terrain et qui semblent oublier les besoins réels des populations ; l’éolienne de la LVIA n’a pas changé depuis trente cinq ans, et les villages, qui participent à hauteur de dix pour cent pour le financement (tout de même mille euros !), semblent peu impliqués par la suite. C’est ainsi qu’on trouve dans la région plusieurs de ces éoliennes qui ne tournent plus. Celle de Peycouck par exemple, que nous avions pu admirer lors de notre première ballade dans le village, a été immobilisée à la suite de l’assèchement temporaire du puit, et avait cessé définitivement de tourner par l’immobilisme des populations qui se retrouvent sans moyens et sans formation. La maintenance est également très coûteuse sur ces pompes en bronze achetées à Dakar.

Discutant d’autres projets conduits par les italiens sur le territoire sénégalais, nous commençons à comprendre que leurs actions mettent en jeu des budgets colossaux se chiffrant en millions d’euros, venus bien sûr de la grande Europe.

L’ensemble nous déçoit quelque peu mais renforce en même temps nos convictions : nous pensons que là où nous partons pour les installer, nos pompes vont satisfaire les besoins des habitants.

Nous ferons la rencontre de deux autres personnes sur place, italiennes elles aussi. Anna Maria est une jeune engagée qui nous propose un petit café, façon italienne ; nous ne pouvons refuser ce petit plaisir oublié ici à force de café épicé.

La dernière arrivée est aussi la plus avenante. Francesca est la responsable des éoliennes dans la région, mais aussi logiquement la plus intéressée par notre petite visite. Une femme énergique et drôle qui pense déjà à échanger nos expériences. Nous notons nos numéros de téléphones, espérant assister chacun à l’installation des nos deux éoliennes. Notre nouvelle collègue nous promet de faire un détour par le centre avant la fin de la semaine…

Le mardi la fabrication reprend sérieusement. Deux bonnes demi-journées de présence efficace et d’électricité providentielle nous permettent de terminer la première pompe et de bien avancer la seconde.

Pour l’équipe désormais, la pompe est une obsession ; nous y consacrons nos journées, lors de la fabrication comme à la maison où nous avons d’interminables discussions, à propos de la formation, du projet à long terme, des innombrables corrections à apporter aux notices, et la voir enfin tourner est un moment de satisfaction profonde. Pour nos élèves aussi cette fin d’après-midi est un déclic. Fatigués par la formation, ils attendent sceptiques de voir enfin tourner cette mystérieuse machine dont ils ont façonné les pièces une à une. Après tout ils n’ont avancé jusqu’ici qu’en croyant religieusement à nos divagations techniques....Nous sentions d’ailleurs ces derniers jours, dans la phase de retouche minutieuse des pièces, que certains doutaient, sûrement de manière  justifiée…Mais aujourd’hui la pompe branchée sous l’éolienne a rassemblé les esprits hésitants et ressourcé les plus fatigués. Nous en profitons pour effectuer un essai rapide sur le débit, qui s’avère satisfaisant.

Sur le retour, dans l’ambiance réjouie qui emplit la voiture, nous recommençons à bâtir des projets ambitieux, à prévoir des tailles de pistons et d’éolienne variées qui pourrait nous permettre de créer une base de données expérimentale.

Sur le chemin nous dépassons un homme en motocyclette, transportant une barre de PVC longue de six mètre, en équilibre sur son épaule pourtant sollicitée par les mouvements de guidons et les éventuels coups de frein…le genre de rencontres qui nous amuse beaucoup, tandis que Cheick nous avoue le faire en cas d’urgences…

Le lendemain nous retrouvons des élèves en pleine forme. L’équipe qui vient de finir sa pompe entame la seconde éolienne qui sera construite à l’identique de la première, et ne devrait donc pas tarder à fonctionner ; car si nous disposons de nombreux plans récents et complets pour la pompe, ce n’était pas le cas de l’éolienne qu’il a fallu repenser. D’autre part l’expérience acquise par les élèves sur les machines permettra à l’autre groupe d’aller également plus vite sur la seconde pompe…théoriquement, mais l’électricité nous fait une nouvelle fois faux bond. Fort de l’expérience de lundi dernier, nous fixons un rendez-vous aux élèves pour l’après-midi, nous ne reviendrons pas avant. Nous partons en ville pour remplacer un roulement d’éolienne détérioré pendant le montage. La boutique où nous rendons pour la seconde fois est tenue par un vieil homme, et se situe dans le marché central de Thiès. On y vend des pièces détachées en tout genre, pièces de voitures, appareils ménagers, le tout entassé de manière anarchique. Il ne faut pas hésiter à aller se souiller pour appairer dans l’obscurité un roulement conique et sa bague, en équilibre sur les montagnes de récupération qui jonchent le sol. La fabrication se déroule correctement l’après-midi.

Jeudi encore, coupures…plus personne ne s’étonne de voir une machine s’arrêter entre ses mains. Au moment où nous quittons le centre, on nous annonce de la visite. Comme promis, Francesca est passée nous voir, accompagnée de Gigi, un jeune étudiant italien qui travaille sur la capitalisation des éoliennes de la LVIA.

Notre amie se montre passionnée par les réalisations dont nous lui faisons la démonstration, et prend de nombreuses photos. Après quelques conseils avisés sur la passation de gestion auprès des comités villageois de développement, et quelques généralités sur l’organisation sociale des sénégalais, elle nous donne une nouvelle fois rendez-vous pour l’installation de notre éolienne, puis d’une de son ONG.

Pas de coupures le vendredi matin, nous travaillons une matinée complète, et donnons à toute l’équipe une après-midi de repos bien méritée. Nos élèves doivent se préparer à l’approche du quinze Août qui donne apparemment lieu à une grande fête ; nous ne pourrons pas travailler mardi. Quant au mercredi matin, ils le réservent pour récupérer…

En fin d’après-midi nous prenons la voiture pour aller profiter de la fraîcheur du bord de mer. Baignade et lecture sont au programme, tandis qu’une poignée de jeunes procèdent à leur entraînement de lutte sénégalaise. L’un d’entre eux nous invite à le défier à ce sport national. Mis à part les shows télévisés auxquels nous avons assisté, nous n’y connaissons pas grand-chose et nous refusons amicalement l’invitation.

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Dimanche 6 août 2006 7 06 /08 /2006 14:01

31 juillet, 1er et 2 août,

 

Le lundi matin nous reprenons la fabrication au centre, avec la fatigue d’une fin de semaine. Les trajets en voiture sur les routes abîmées, et la chaleur pesante de l’hivernage rendent chaque déplacement plus éprouvant et nous traînent au lit souvent assez tôt dans la soirée.

La réalisation de la première pompe et de la première éolienne se poursuit sans encombres pour ce troisième jour de formation ; l’électricité comme nos élèves sont au rendez-vous, et l’atelier tourne à plein régime. Les premières pièces retiennent l’attention des professeurs qui s’appliquent à respecter les plans que nous leur avons emmenés. Leur minutie nous rappelle la fabrication de nos premières pompes en bois sec, commencées il y a deux mois en France. Nous leur laissons ce temps précieux pour s’habituer au mécanisme, mais également aux machines, que la plupart d’entre eux méconnaissent totalement. L’occasion pour nous d’inculquer quelques règles de sécurité. Ici, élèves et professeurs manquent de matériel : lunettes, gants, chaussures renforcées restent des équipements rares et coûteux. Nous avions déjà constaté avec effarement qu’une immense majorité de soudeurs travaille ici sans masque de protection, dans le meilleur des cas avec des lunettes de soleil aux allures de gadget. Les ateliers sont pourtant équipés de masques standard. Mais il faut, nous explique-t-on, les tenir d’une main tandis que l’on soude de l’autre…l’efficacité de l’opérateur prime finalement sur sa santé. Nous pensons qu’avec peu de moyen et en peu de temps, nous pourrions équiper ces masques de dispositifs frontaux...

Nous proposons à toute l’équipe de revenir travailler l’après-midi, pour anticiper d’éventuelles pannes de courant les jours suivants. Nos élèves sont en forme, nous pouvons prendre un peu d’avance.

Le mardi nous travaillons jusqu’à 13H30, écourtant quelque peu nos horaires, pour nous rendre dans le second village pilote : MBalling. Ici aussi le premier contact est chaleureux. Nous trouvons Sékou allongé sur une natte, profitant de l’ombre généreuse d’un manguier pour faire une sieste. Nous sommes embêtés de l’arracher à ce moment délicieux, et si rare dans le rythme effréné qu’il s’impose quotidiennement. Cheick nous l’a plusieurs fois confirmé, Seikou est un homme exceptionnel de dévouement, même au sein d’une ONG comme la Dawh.

On nous présente le jeune « Chef DU Village ». Nous étions habitués à rencontrer des chefs beaucoup plus âgés que ce jovial trentenaire. Etre «  Chef DE village », nous explique-t-il avec un sourire railleur, c’est un métier, qu’on peut exercer n’importe où…moi je suis seulement Chef DU Village d’MBailling.

Situé à quelques minutes de MBour, juste au bord de la mer, ce village avec près de 3500 habitants prend maintenant des allures de ville, avec plus de 600 élèves inscrits dans l’unique école primaire où nous nous rendons dès notre arrivée. Au milieu de la cour nous trouvons le directeur, monsieur BA, assis dans un large fauteuil qui appuie sa grande taille et sa présence certaine. L’homme passe en revue les principaux enjeux de notre mission, avec une telle précision qu’on eut jugé qu’il en était l’initiateur. Le rôle de cet homme dans l’éducation comme dans la vie du village doit être essentielle. Un de nos contacts, Xavier Durand, président de l’Asaal (une association française d’aide aux lépreux) nous en avait fait l’éloge lors de notre rencontre en France, il y a un mois. Nous aurons l’occasion de discuter plus longuement dès notre retour sur place pour l’installation de l’éolienne. 

Nous visitons ensuite le lieu d’implantation d’un de nos deux systèmes : un large périmètre maraîcher, traversé par des vents abondants, même en cette saison plutôt consacrée aux pluies. Chose étonnante ici, la proximité de la mer et l’acharnement des agriculteurs à creuser d’avantage les puits, ont donné de l’eau saumâtre, même à six mètres de profondeur. L’irrigation est donc réalisée à l’eau salée qui, même si elle ralentit la croissance des plantations, reste la seule solution durable sur place.

La configuration autour du puit ciblé, avec peu d’arbres pour une exposition maximale, prédit définitivement de bons résultats pour la pompe. Mais tout n’est pas gagné à MBalling, car les besoins quotidiens en eau sont de taille. Un important système de canalisations remplit des bassins disposés tout autour des puits, par l’intermédiaire d’un déversoir. Nous estimons rapidement le volume mis en jeu… Près de sept mètres cubes sont actuellement remplis au seau pour les besoins des cultures, à raison de deux fois par jour. La nappe est accessible à six mètres de profondeur, mais le puit qui contient actuellement un mètre d’eau, vient à tarir lors de la saison sèche. Notre pompe, qui doit rester immergée si l’on veut s’affranchir des déformations du bois suivies d’éventuelles ruptures du mécanisme, devrait permettre un puisement régulier et un renouvellement permanent de l’eau de la nappe…

A notre départ, le chef du village nous propose de passer voir une auberge sur la route. Nous pourrions durant notre séjour y prendre nos repas et quelques rafraîchissements. Nous montons dans la voiture pour une centaine de mètres. L’endroit est tenu par un Toubab, un français installé depuis quelques mois seulement. Notre compatriote est collectionneur et très bavard ; il nous commente son exposition de monnaie sénégalaise qui à défaut de comporter des originaux, retrace au travers d’impressions couleurs l’histoire complète des billets du pays depuis l’époque coloniale. Cet ancien électro-technicien reconvertit pour dans l’hôtellerie pour l’occasion, nous donne rendez-vous à notre retour pour discuter d’énergie renouvelables autour d’une bière fraîche.

Sur le chemin du retour, nous effectuons nos premières estimations concernant le vent et nous procédons aux premiers calculs qui permettront de déterminer le diamètre du piston de cette pompe.

La matinée de mercredi annonce la fin de la construction de la première éolienne. La structure métallique culmine à 3m80 de hauteur et tourne convenablement sous la brise qui s’engouffre derrière les ateliers.  Par le portail depuis la rue, les enfants du quartier viennent épier les Toubabs et leur étrange machine.

 

Le lendemain matin aura lieu la remise des prix à l’école primaire de Peycouck. C’est un événement important pour le village. Cheick, président de l’association des parents d’élèves, nous a remis notre invitation. Nous sommes conviés à neuf heures ; nous demandons à l’équipe des pompes de travailler exceptionnellement l’après-midi, pour nous permettre d’honorer cette invitation.

Nous apportons une modeste contribution à cette fête annuelle en proposant des lots au directeur reconnaissant ; du matériel scolaire pour l’essentiel, emmené de France, et des diplômes d’honneur, pour le premier de chaque classe, esquissés sur notre ordinateur et imprimés en ville sur des feuilles cartonnées : une grande nouveauté pour les enfants !

 

En fin de journée nous nous rendons en ville, au marché central de Thiès.  Dans les rues étroites s’entassent d’étranges boutiques…Certains vendent des récipients plastiques de récupération (bouteilles, bidons…), d’autres débitent des morceaux de viande cachés sous d’épais nuages de mouches. Les faussaires quant à eux proposent aux jeunes toutes les grandes marques de vêtements que l’on trouve en Europe, et des films récents à prix cassés. Nous repérons déjà les tailleurs chez qui nous pourrons commander de vrais Boubous africains ; nous comptons bien nous sénégaliser d’ici peu…

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Samedi 5 août 2006 6 05 /08 /2006 20:01

Cameroun, ça avance

 

 

Voici une newsletter du Cameroun. Cette fois-ci, on ne vous envoie pas des nouvelles de nous avec précision (cf. le dernier journal de la semaine) mais des infos sur l’avancée du projet. En effet, nous avons pu commencer la semaine dernière à usiner des pièces de la pompe.

 

L’éolienne est déjà finie, elle tourne bien toute seule lorsqu’il y a du vent. Elle ressemble à celle faite à Cluny. Contrairement à la France , tout s’achète au Cameroun. Nous avons du acheter toutes les pièces de l’éolienne (bidons, roulements, …) et le prix de la pompe-éolienne augmentait à vu d’œil. Il faudra donc s’habituer au marché local et faire en conséquence.

 

La phase qui consistait à repérer les différents lieux où il est possible de trouver les matériaux nécessaires à la fabrication du système pompe éolienne est finie et les machines nécessaires ont été repérées, réparées où encore achetées.

 

Dans un premier temps, nous allons fabriquer une pompe en bois sec afin de bien expliquer les différentes étapes aux élèves et professeurs qui nous suivent. Le plus difficile étant passé, il s’agissait de mettre l’atelier en route et de trouver les outils nécessaires.

 

Pour la pompe nous venons de finir l’arbre à excentrique ainsi que les rouleaux. De nombreux problèmes liés au matériel font que nous n’avançons pas aussi vite que nous le voudrions. Le débit des planches nécessaire à la fabrication de différentes pièces est fait et le bois que nous avons collé, qui servira pour le coulisseau, les paliers et les pistons, est en train de sécher. Il ne reste donc plus qu’à usiner…

 

Les livrets de fabrication, de montage sont utiles et aident bien pour expliquer. La pompe pédagogique que nous avons emmené a été plus que nécessaire pour la présentation du projet.

 

Pour ce qui est de la vie de tous les jours, nous faisons attention à ce que nous mangeons donc nous ne sommes pas malade pour l’instant et nous essayons de rencontrer de nombreuses personnes. Nous avons tous les soirs les enfants du quartier qui viennent nous voir. Nous sommes également  invité à manger chez le responsable du centre ou encore chez le pasteur du coin.

 

Et notre passion du foot nous a suivi au Cameroun puisque nous commençons à jouer, et nous allons même avoir une licence pour jouer dans des championnats le week-end.

 

Nous avons un peu visité la ville de Garoua. Pour la recherche des matières premières, nous avons du faire les marchés. Pas de grandes surfaces ici mais beaucoup de petits commerçants qui ont une tôle en guise de toit. Il y a des endroits très pauvres, il y a des décharges improvisées au bord de la route et beaucoup de routes non goudronnées.

 

Mais le paysage est vraiment joli, les gens sont sympas et il y a de belles photos à faire, on a encore un mois et demi pour faire le tour, il paraît qu’il y a des hippopotames en liberté dans la rivière à la sortie de la ville…

 

 

 

Partagez nos journées en lisant le journal de la semaine qui suit…

 

 

 

Vincent et Sylvain pour En Quête Du Monde au Cameroun

 

 

 

 

Journal de la semaine

 

 

·         Samedi 22 juillet

 

 

Premier week-end à Garoua. Nous allons enfin pouvoir nous réveiller tard, très tard… Euh pas du tout en fait : Bref debout très tôt pour un week-end.

 

On envisage d’aller faire un tour au cybercafé pour vous donner le journal de la semaine. Puis, histoire de visiter pas trop loin, on bouge vers le marché. Il paraît qu’on y trouve des fruits et des légumes, il paraît. On a vu beaucoup de magasins vendant des habits en tout genre. On nous avait conseillé de marcher avec nos mains dans les poches pour pas se faire voler quelques affaires et on a bien raison parce que des petits nous suivent…On voit beaucoup de poissons avec pour chaque poisson, une vingtaine de mouches, ah oui, ça donne envie. On fait un tour rapide, c’est pas très propre par terre puis on a l’impression d’être vraiment observé. Quelques marchands nous saluent mais la plupart nous fixent.

 

 

·         Dimanche 23 juillet

 

 

Un réveil encore mouvementé : les bruits des enfants du quartier jouant au football sur la place, juste à coté de notre demeure… Ce n’est pas grave on se rendort mais malheureusement le téléphone se met à sonner aux alentours de 9H30, sûrement Bernard qui nous appelle pour que l’on se retrouve à l’église. Je me lève puis c’est au tour de voodoo. Ce midi c’est spaghetti ; Kevin passe nous saluer et reste avec nous pendant environ une demie heure. D’ailleurs il ne semble pas vouloir partir alors il va falloir ruser : « tiens une pièce pour t’acheter des bonbons va vite la ranger chez toi ».  Il faudra faire connaissance avec les personnes du centre histoire de ne pas rester seul le week-end et par la même occasion de faire un peu de tourisme mais ici, il n’y a aucun site touristique alors faudra voir…

 

 

·         Lundi 24 juillet

 

 

Ce matin, on reprend le boulot. Arrivés pas trop tard pour une fois, on finit l’éolienne puis surtout, on trouve au fond d’un placard, une raboteuse/dégauchisseuse. Comme ça, ça fait pas trop rêver mais on est bien content de voir un peu de matos. Du coup, on va même dans un autre atelier pour finir de percer certaines pièces. Les élèves font souvent ça. Il y a plus de matos ailleurs, et ils se déplacent pour pouvoir travailler, je pense que l’on va procéder comme ça. La journée a été bonne de ce coté là. Le chauffeur n’a pas été en retard, les élèves étaient motivés, on a trouvé une nouvelle machine.

 

Il faut profiter de l’aide de Félix le chauffeur pour aller faire des courses. On choisit de prendre le max de truc et comme de par hasard, le supermarché a reçu plein de nouveaux trucs, dont du lait demi écrémé. Alors, on prend encore des Frosties. On se tente à prendre un ananas du pays, on verra pour le ventre. On dit aussi qu’on travaille à Garoua et que les gens doivent s’habituer à nous voir, le vendeur d’ananas l’a bien compris.

 

Ce soir, Kévin est venu avec 2 amis à lui, c’est parti en karaoké sans connaître les paroles. Ils sont bien drôles les petits. Une heure après, toujours sans connaître les paroles, ils deviennent un peu usant, alors hop, on décide de travailler…enfin de jouer à l’ordi mais ça ils le savent pas. Merci les enfants, à demain.

 

On nous a invité à l’église dimanche prochain puisque pour hier, on ne connaissait pas l’heure de la messe. Ben oui, il fallait bien trouver un truc…

 

 

·         Mardi 25 Juillet

 

 

Cette journée commence plutôt mal car nous sommes réveillé par un régiment de canards en rut.

 

Debout, on mange, on se lave, s’habille et hop dans la voiture. Arrivé au centre nous finissons l’assemblage de l’éolienne et attaquons la structure de celle-ci. Il est vite 12H. Nous rentrons et pour nous c’est  raviolis au menu.

 

Cet après midi  nous continuons l’armature de l’éolienne mais nous la finirons demain. Pour ce qui est de la machine dont nous avons tant besoins (raboteuse-dégauchisseuse pour les pro) finalement dans un premier il nous est dit de faire une croix dessus à cause de problèmes de trésorerie mais après négociations avec Bernard, nous parvenons à le convaincre d’acheter un moteur d’occasion que nous rembourserons plus tard…

 

Avant de partir, un petit briefing avec le chef d’atelier, qui n’était pas là le jour de notre présentation, pour lui expliquer le fonctionnement du système éolienne-pompe.

 

La mise en place de l’éolienne est un peu plus longue que prévu car les personnes avec qui nous travaillons veulent absolument faire comme il est écrit sur le livret de fabrication. On a répété plusieurs fois que c’était un exemple mais apparemment, ils veulent continuer comme ça, pas de problème. L’éolienne ressemble à deux gouttes d’eau à celle de Cluny.

 

Petit évènement : nous gonflons le ballon de foot tout neuf devant les ouvriers envieux. Nous organisons donc un match de foot (enfin ! ! !) pour le lendemain après le boulot.

 

Nous rentrons et dès notre arrivée Kévin est là pour nous saluer ; il semblait nous attendre assis sur la moto de son père.

 

La soirée passe plutôt vite ; rien à signaler sinon la venue du pasteur qui nous promet que bientôt nous dînerons avec lui et toute sa famille afin de discuter et d’apprendre à se connaître. Nous attendons son retour pour le début du mois d’août.

 

 

 

 

·         Mercredi 26 juillet

 

 

Grande journée au centre puisque nous avons prévu de finir l’éolienne aujourd’hui. Ce sera chose faite dans l’après-midi. Robert nous a suivi et aidé tout le long, nous lui avons montré comment procéder, il a changé quelques trucs en fonction de l’atelier qu’il connaissait bien mais très peu de changement quand même. Mais, en même temps, il ne s’agit que de ferraille, nous expliquons que la fabrication de la pompe est beaucoup plus intéressante. D’ailleurs, il est bien chaud pour commencer maintenant Robert, mais nous souhaitons faire un listing des machines disponibles pour ne pas se retrouver à court par la suite. David, le chef soudeur et Ignace, nous rejoindront pour le travail de la pompe.

 

On a pas pu jouer au foot aujourd’hui, personne n’était prévenu mais apparemment, ce sera bon pour demain. Il y a plein de tournois de foot ici. Des entraînements commencent le matin très tôt, les matchs se déroulent jusqu’à la nuit, on espère pouvoir faire un petit tournoi un de ces quatre, on verra demain, ça se trouve, on a pas le niveau mais on est des vrais stars en France alors pourquoi pas ici… J

 

Ce soir, personne ne nous attendait à la case, mais une fois la partie de PES commencée, 5 à 7 gamins nous regardaient jouer puis on a regardé un épisode de Desperate housewise avec eux.. Ce qui est marrant, c’est qu’ils sont étonnés de voir qu’on a plein de poils aux jambes. La petite qui nous regardait jouer a osculté un poil du mollet de Voodoo, a même tiré le poil. Ensuite, pareil avec un autre môme sur la jambe de Tata. C’était bien marrant mais bon, on va pas laisser nos poils en souvenir.

 

On prépare le repas. Toujours en forme, pas de mal de ventre, pas fatigué, pas d’effets secondaires du médicament contre le palu, pourvu que ça dure.

 

On commence à discuter du rapport de stage que l’on veut finir avant de partir du Cameroun, on discute aussi sur nos futurs boulots, dans un an peut-être, où sera-t-on et qu’est ce que l’on va faire comme job? En tout cas, il y a un an, on s’imaginait pas être 2 mois au Cameroun pour faire un stage ingénieur, alors….

 

 

·         Jeudi 27 juillet

 

 

Très mauvais réveil. Il y avait une fête ce matin apparemment. Les canards se sont déchaînés à côté de notre chambre. Les musulmans vont prier très tôt ici (4h45 du matin selon nos montres), ils appellent à la prière du haut d’une tour, désolé pour le vocabulaire, je sais plus le nom. Enfin bon, on se lève et on attend Félix pour le centre. Aujourd’hui, on sait pas trop ce que l’on va faire mais il faut qu’on fasse le tour des ateliers de menuiserie dans le ville et cela nous prendra la matinée. En effet, nous sommes allés voir tous les vendeurs de bois afin de voir leur différents articles puisque nous comptons nous échauffer sur du bois sec pour fabriquer la pompe (en fait, nous n’avons toujours pas trouvé d’arbre sur pied, il faut une autorisation en plus). Un marchand  nous dit plein de bons trucs mais inspire pas trop confiance donc on va en voir un autre qui a l’air de connaître un peu mieux et qui propose un peu plus d’articles. Il peut même recevoir du bois humide. Il nous montre même son atelier de menuiserie pour voir d’où viennent ses produits. Et là, c’est le drame. C’est pas du tout propre, les machines sont là mais peu nombreuses. Il y a une micro décharge à coté, il y a des enfants qui ramassent les copeaux de bois pour aller les vendre ailleurs, ils sont pieds nus. Nous ne trouvons pas trop notre bonheur concernant les machines et nous avons pas trop envie de travailler dans un tel endroit, nous resterons au centre. Beaucoup plus propre et convivial. Sur le chemin, nous allons voir un autre menuisier qui propose aussi des machines mais même topo, ne vous imaginez pas le petit atelier de menuisier sympa à l’artisanale. Le toit est une tôle, les murs ont des trous partout et le système électrique est à deux doigts de mettre le feu à tous les copeaux présent sur le sol, avec les gamins dessus. Enfin bon, une fois remise en fonctionnement, la machine présente au centre fera largement l’affaire. Si vous ne suivez pas trop l’histoire, appelez-nous. Bref, en plus de ça, on va voir un petit atelier de perçage pas loin du centre. Le gars est sympa et il peut faire plein de trucs alors on profitera de son aide. Envoi d’un petit mail concernant le matos à M. Scharr, et nous voilà parti manger nos saucisses aux lentilles avant de reprendre la route des marchés pour cette fois-ci faire des achats et non pas juste regarder. Nous mettons tout en place et nous prenons la route pour le …terrain de foot. Enfin, le match tant attendu. Mais il y a des arbres sur le terrain, la pelouse est trop grande et on pas trop envie de se fouler une cheville donc … mais … on nous propose un autre terrain avec des buts en bois et une ficelle pour faire la barre transversale (on vous en avait parlé une fois !) et là, on a bien rigolé, on a bien couru et on est bien crevé mais bon, on a fait sensation : Un blanc d’en chaque équipe, Tata met 4 buts (2 de la tête, 1 frappe et une talonnade) et Voodoo en met 3 de l’autre coté (2 frappes et une tête). Score final, 7 à 6 pour l’équipe à Voodoo. Du coup, on nous a proposé de jouer dimanche dans un tournoi juste à coté de là où on dort. « les gens seront contents de voir des blancs jouer  avec nous ». Donc, c’est bon esprit mais il faut bien se reposer parce qu’on a pris une tarte quand même a courir comme des lapins blancs. En même temps, on a bronzé. Allez, 2 litres d’eau fraîche chacun et un petit Desperate. Bonne soirée.

 

 

 

·         Vendredi 28 juillet

 

 

Nuit un peu plus calme, du moins le réveil. Pas de canard ou de brebis à 6h du mat. Aujourd’hui, il est prévu de commencer la fabrication de la pompe. Alors hop, un bon bol de Frosties et c’est parti. Malheureusement, il nous manque une pièce importante pour fabriquer alors il faut la trouver. Après avoir fait toutes les quincailleries du coin, on se rend compte que Garoua est une ville où l’on ne trouve pas grand chose. A peine on demande quelque chose hors du commun et il faut voir avec les grandes métropoles. On décide alors de faire fabriquer la pièce qui sera prête pour lundi (pour les connaisseurs, c’est une griffe pour tour à bois qui nous manquait J). On commence à avoir l’habitude de faire les magasins et c’est une bonne chose d’avoir participé à toutes ses expéditions au marché. On pourra par la suite donner de précieux renseignements sur le choix des sites d’implantation des pompes ou sur le choix des villes pour la fabrication.

 

Une fois rentré, on travaille au centre mais le rythme est pas trop élevé. On fait quand même le boulot et proprement. On nous propose un foot, mais on a plus de jambes, on verra dimanche au tournoi (le tournoi où quand il y a un but, tous les petits du quartier sautent sur le buteur, va falloir être bon….)

 

Ce midi, un peintre est venu exposer ses tableaux devant notre porte et autant vous dire qu’on n’est pas sur un grand axe de passage. Ca commence à se savoir que l’on est ici.

 

Aujourd’hui, c’était aussi le moment choisi d’aller au pressing. Caleçons, chaussettes, T-shirt et hop, nous voilà parti. Mais une fois arrivé au pressing, la fille qui s’en occupait a pris peur en voyant tous les T-shirt. Alors, quand elle a vu les sous-vêtements, c’est pas qu’elle a reculé d’un pas mais elle nous a bien fait comprendre que va falloir le faire nous même et que les laveries automatiques ici, ça n’existe pas…. On lui laisse quand même 4, 5 T-shirt les plus sales. Alors, on vous laisse imaginer la suite. Lessive à la main dans l’évier qui s’est enfin débouché mais où est ce que l’on va tout étendre ? Il faut d’abord trouver une ficelle. Enfin bon, ça nous fera une occupation le week-end de laver le linge. 

 

Ce soir, on se repose parce qu’on est un peu fatigué. Puis on verra ensuite notre emploi du temps de demain. Lessive, cybercafé, foot… On commence à se faire des amis, on a un portable, va falloir penser à échanger nos numéros.

 

Le rendez-vous pour la messe est pris pour dimanche à 9h30… Se lever aussi tôt un dimanche, ça faisait bien longtemps mais ça fait beaucoup plaisir à tout le monde de nous connaître alors on fait l’effort d’y aller. Quand on peut faire plaisir. De toute façon, un canard ou une petite chèvre nous aurait bien réveillé à 7h dimanche alors… on vous racontera, c’est l’anniversaire de la chorale de l’église, on amène le dictaphone.

 

 

·         Samedi 29 juillet

 

 

Nous nous sommes couché aux alentours de 1H29…

 

La nuit est bonne mis à part le bruit fait par les voisins qui claquent la porte une vingtaine de fois (à environ 6H du matin Rrrr).

 

Il est 16H, après avoir mis à tremper nos habits sales, nous décidons de partir au cyber café. Retour vers 17H15. Nos journées se ressemblent mais après tout sans voiture ni quelconque moyen de transport il est difficile de faire autre chose. Nous n’allons pas traîner dans les rues quand même, surtout qu’il y a des endroits qui craignent et que nous ne voulons pas courir un risque. Beaucoup de personnes nous regardent lorsque nous nous déplaçons. Ici, la couleur de la peau a une signification…nous sommes riches et certains peuvent en profiter. Nous attendons de faire connaissance avec des personnes au centre. Cette semaine, nous avons déjà vu et parlé a beaucoup plus de monde. Nous n’avons pas voulu précipiter les choses et c’est une bonne chose.

 

L’après midi est déjà bien entamée et le soleil ne tarde pas à se coucher. Ce soir le repas est composé de riz à la sauce bolognaise puis de tartines à l’abricot ( on fait avec ce qu’on a…). La soirée s’annonce tranquille : un petit film et au lit car demain nous avons rendez-vous avec Dieu…

 

 

 

 

·         Dimanche 30 juillet

 

 

La nuit fut fraîche même si il n’a pas plu depuis 3 jours. Nous ne sommes pas en période la plus chaude, au contraire. Tous les camerounais nous disent que nous avons de la chance d’être arrivé à ce moment-là. Les mois de Mars et Avril sont intenables (45° le plus souvent). Mais nous profitons du soleil et nous sortons pour aller au culte. Bernard est venu nous chercher et a emmené son petit de 3 ans avec lui. Ils sont tous bien habillés pour aller à la messe, alors on a essayé de pas trop montrer qu’on avait pas pris nos habits du dimanche mais ça se voit quand même. La messe ressemble à celle de Douala sauf qu’il y a une batterie et 2 guitaristes en plus. On rentre en musique, c’est toujours très différent de la France. Les discours sont semblables mais les chants sont plus sympas. On a même le réflexe d’applaudir mais ça se fait pas dans une église ici. On a encore eu le droit de se présenter devant tout le monde. « Je suis étudiant français présent au Cameroun pour mon stage, merci pour votre accueil »  « c’est vraiment sympa » rajoute même Voodoo. Fin de la messe,  on repart avec Bernard.

 

Sur le chemin du retour, on passe chez lui pour rendre visite à sa femme et sa belle-mère. Petite maison bien sympa, bien aménagée. Bernard attend un autre enfant. Pendant notre séjour, il nous invitera à prendre un vrai repas typique du Cameroun.

 

On passe par les champs pour rentrer chez nous, toujours accompagné par Bernard, ça nous donne envie de visiter le pays mais on n’ose pas trop s’aventurer tout seul  en ce moment. On a déjà vu une partie de la ville et on est déjà dépaysé mais en ce qui concerne le reste du pays, on s’affairera à trouver un guide qui nous montrera des biens beaux endroits pendant notre semaine de vacances. Puisque le centre réouvre fin août, les ateliers seront occupés, on en profitera alors pour visiter et pour prendre de jolies photos que l’on vous montrera… puis on vous prendra des souvenirs aussi…

 

Aujourd’hui, on a attendu nos partenaires de foot mais ils ne sont pas venus nous chercher. On rejouera sûrement avec eux dans la semaine mais on s’attendait à participer au tournoi du quartier, tant pis, il y en aura sûrement d’autres vus le nombre de matchs qu’il y a ici. 

 

On s’est bien reposé ce week-end, prêt pour attaquer une nouvelle semaine…

 

 

 

·         lundi 31 juillet

 

 

Encore une nuit un peu mouvementée pour Voodoo qui a encore entendu l’appel à la prière. Tata, lui a dormi comme un bébé. Ce matin, on envisage de commencer la fabrication de la pompe, les mettre vraiment dans le vif du sujet. Bernard, qui n’est pas en retard vient nous chercher à 8h. Arrivés au centre, on finit les rouleaux avec Robert et Fabien. Pour continuer la pompe, il nous faut la pièce que nous avons commandé vendredi dernier. Malheureusement, cette pièce n’est pas encore prête et notre journée de travail s’arrête à 10h. On décide alors d’aller acheter du bois qui nous manquait. Les dimensions que l’on souhaitait ne se font pas ici, va falloir improviser… la journée est finie, il est 11h. On décide d’estimer le prix de la pompe-éolienne, maintenant que nous avons tout payé. Autant vous dire que ça ne prend pas des heures pour trouver des factures, alors cet après-midi, ce fut très tranquille, trop même. On attend la pièce pour tourner et le moteur de la superbe raboteuse-dégauchisseuse. Cet après-midi, le chauffeur avait 1h15 de retard.

 

Ce midi, le gaz nous a lâché. Pas moyen de faire cuire le riz alors on emprunte chez les voisins.

 

Ce soir, après une promenade au supermarché où on a encore tout dévalisé (d’ailleurs, on a pris tellement d’articles que la caissière nous offre une grenadine), on a acheté un ballon de foot pour les petits. Ils ont bien vu que ce soir c’était open-door, ils étaient 13 à la maison. Ils ont même eu le droit de jouer à l’ordinateur. En même temps, Bruno, un collègue du centre passe nous saluer et nous explique pourquoi il n’est pas venu nous chercher hier pour jouer au foot. On avait pas de licence. Demain, le photographe passe au centre et on aura notre licence de foot. Il y a 6 matchs à jouer avec eux, sur le terrain juste à coté de la maison, bon esprit. Et, par la même occasion, on commence les entraînements demain….

 

Ce soir, on a appris qu’on pouvait trouver des guides et qu’il y a un endroit où il y a des hippopotames dans la nature, on commence à planifier notre semaine de vacances.

 

Mais bon, demain, c’est fabrication de la pompe… ou pas, faut voir avec le matos.

 

 

·         Mardi 1er août

 

 

Cher journal, la nuit a encore était fraîche alors le sommeil était profond, mais malheureusement le portable de Voodoo sonne à 7H10 et la montre de Tata sonne 5 minutes plus tard. Il faut se lever. Frosties et beignet pour Voodoo ; pain au chocolat et tartines pour Tata. Le chauffeur n’a que 10 minutes de retard ; s’améliore t-il ? affaire à suivre…

 

Arrivé au centre, et pour attendre 10H (arrivée de la griffe), nous préparons le débit des différentes pièces pour aller plus vite par la suite. Le matériel n’est pas très sûr, Tata, en branchant la scie circulaire prend une grosse châtaigne mais sans gravité. 5 minutes plus tard, c’est un jeune du centre qui prend de la même façon une châtaigne ; et pour finir, alors que Tata a sa main sur la scie circulaire, un élève s’apprête à l’allumer, mais heureusement un autre attentif l’en empêche…  Nous partons donc entier, à 10H, direction l’atelier du coin pour récupérer la pièce que nous avons commandé. Elle est prête, c’est bon, nous enchaînons donc directement l’usinage de l’arbre à excentrique assisté de Bernard et Fabien. Le travail ne sera pas fini à midi. Le photographe fait un saut au centre pour nous prendre en photo, photos nécessaires pour les licences de foot camerounaises. Pause traditionnelle et reprise du travail à … 14H15. Le chauffeur était en retard bien sur.

 

Nous travaillons donc sur l’arbre pendant l’heure restante. Avant de partir nous sommes informé d’une bonne nouvelle : la dégauchisseuse raboteuse est réparée ; le travail va enfin pouvoir s’accélérer.

 

Départ à 15H30 pour une petite partie de football. Après avoir attendu tout le monde nous entamons une partie de 2H qui finira sur le score de 4 –3 avec une victoire de l’équipe à Tata, un but de Tata et une magnifique ouverture à la lèvre pour Voodoo… Nous sommes vraiment loin d’être ridicule mais le jeu est physique et les tacles de bouchers ne sont pas sanctionnés.

 

Bruno nous invite à boire un coup au quartier comme il dit mais nous remettrons ça plus tard, nous sommes trop sales.

 

Nous rentrons donc fatigué et alors que Tata prend sa douche, Voodoo entame une dernière partie de foot avec les enfants avant que le soleil ne se couche. Les enfants sont ravis de la venue de « zidane » comme ils disent et notre soirée n’en sera que plus tranquille.

 

Bonne nuit la France

 

 

 

·         Mercredi 2 août

 

 

Un chien… c’est un chien qui nous a réveillé à 6h environ, mais on s’est rendormi très vite, les fatigues du foot de la veille étaient encore présentes. Ce matin, nous avons normalement accès à la raboteuse-dégauchisseuse, et nous pourrons alors entamer rapidement la fabrication de la pompe, mais il faut d’abord nettoyer la machine. Tout fonctionne normalement et à part le travail un peu répétitif, le travail avance. On a l’impression de ne pas trop faire de la formation pour l’instant mais ça avance bien.

 

Ce midi, nous rentrons manger pour midi et nous attendrons jusqu’à 14h15 pour pouvoir retourner travailler… décidément, le retard est une habitude ici mais Robert et Fabien ont anticipé et ont commencé à raboter les pièces pour la fabrication. Mauvaise nouvelle, la machine a un problème et ne fonctionne pas correctement, il faudra attendre le lendemain pour que tout soit en place. Mettre un atelier en forme au Cameroun est une chose un peu difficile décidément.

 

Nous rentrons pour 15h30 chez nous, la journée fut courte mais on a bien avancé le travail. Dès notre arrivée, les enfants nous sautent dessus pour avoir le ballon de foot, mais nous partons au cybercafé pour donner quelques nouvelles. Le serveur est très lent et on doit attendre 5 minutes entre chaque clics, désolé pour les news, on fera ça ce week-end.

 

De retour chez nous, on discute avec la voisine, une française d’Aix. On attend Bruno qui nous a invité à prendre un pot. Il est en retard mais on ne s’alarme pas. Il arrive une demi-heure après et nous propose une sortie en ville.

 

Au volant de sa Corrola, on fait le tour de pas mal de quartiers. Ce soir, c’est notre guide et ils nous raconte beaucoup de choses. Souvent, il prononce le nom des quartiers mais, même en étant attentif, on ne se souviendra jamais de ce nom dans la langue traditionnelle de la région. La visite est très sympa, nous avons jamais vu Garoua de nuit, et apparemment, on a bien fait car certains quartiers sont un peu craignos. On apprend qu’il y a des épiceries de nuit pas loin de chez nous, que les personnes sont encore dehors même si il fait nuit noire. On passe dans des rues inconnues jusqu’alors, il y a des maisons très riches, de jolies demeures, des rues spécialement dédiées aux buvettes, d’autres pour les commerçants. On passe ddans des rues où nous passons la journée. La nuit est bien différente, des commerces ferment, d’autres s’ouvrent…le marché où nous avions l’habitude d’aller est fermé, il y a même des gardiens qui surveillent  les rues. Bruno nous emmène partout, il nous fait même visiter les hôtels de la ville, on aperçoit même une boite de nuit. Il y a beaucoup de camp militaires, de camp de police, il y a aussi une ancienne boîte qui fabriquait autrefois les munitions du pays… mais elle a coulé car elle faisait du marché noir. On aperçoit des HLMs, oui oui, c’est rare ici mais il y en a, ils se situent près du stade de foot de Garoua. Il y a un match ce week-end, peut-être qu’on ira le voir. Bruno continue sa visite et on s’arrête ensuite à un restaurant proche de chez nous afin de boire un verre avec Bruno. Apparemment, la bière a un franc succès ici alors on se décide à prendre une bière du pays, une « smoult » qui se transformera plus tard en smooth…. Une bière européenne, l’accent du pays nous a bien eu encore. On passe ensuite une heure environ à parler avec Bruno, un collègue du centre qui travaille dans l’atelier de mécanique automobile et qui nous a sélectionné dans son équipe de foot. Il nous raconte beaucoup de choses sur son pays. Il fait la différence avec l’Europe qu’il n’a jamais pu visiter, sa maman ne voulant pas…. On remarque qu’il n’y a pas de grandes différences parfois, à une échelle différente, c’est sur mais il y a pas mal de similitudes, à propos des inégalités, les différences qui existent entre les personnes des grandes villes et les personnes des villes de province, faites la comparaison avec Paris et une ville de province… L’insécurité existe partout, les bagarres sur les terrains de foot avec les supporters qui poignardent les joueurs (pas à notre niveau heureusement).

 

Les blancs sont vus comme des personnes très riches, donc les demandes en mariage sont fréquentes et les rackets aussi. Bruno nous explique que la France , où l’Europe, sont des pays de rêve et qu’il sera difficile de retourner en Afrique par la suite, c’est pour cela que sa maman ne voulait pas le voir partir, de peur ne pas le revoir… mais de toute façon, Bruno avait peur de travailler comme un esclave en Allemagne, le pays qui devait l’accueillir….

 

Le Cameroun est un pays qui a connu des problèmes d’insécurité dans les années 1990. Il y a certaines personnes qui portent encore des armes pour se défendre mais, à part le souvenir des problèmes d’autrefois, rien a survécu à cette période, les gens aiment la paix ici.

 

Le Nord du Cameroun l’endroit où nous sommes est à 70% musulmans. La différence entre musulmans et chrétiens se fait sentir. Il y a des bars où l’on ne trouve aucun musulman, ou d’autres bars où l’on ne trouve aucun chrétien. Apparemment, le divorce est plus fréquent chez les musulmans. Ils se marient souvent pour « voir ». Bref, il est facile ici, de voir la différence entre ces deux religions. Entre-temps, la « copine » de Bruno qui était dans le bar pendant notre discussion quitte les lieux. Elle se sentait gênée selon Bruno.

 

Quelque chose nous a frappé. Selon Bruno, si il n’y a pas un blanc dans une entreprise au Cameroun, l’entreprise coulera dans les 3 ans qui suivent. Pourtant, on lui explique qu’on a pu voir qu’il y a énormément de capacité ici, que les gens ont autant de connaissance que nous, mais il manque juste un petit quelque chose, et il en est conscient. Le gouvernement ne met pas la main à la patte. Mais, les « blancs » ont, pour lui, quelque chose de plus. Le Cameroun est selon lui un pays pauvre mais qui arrive à s’en sortir.

 

On apprend beaucoup de chose donc sur la vision des blancs ici, mais aussi, sur les différences qui existent ici entre eux. On a eu un point de vue sur le pays en lui-même.

 

On a pas parlé tout le temps de ça, le football était aussi un autre grand sujet de discussion et on attend plus que tout de faire notre match mercredi prochain. En tout cas, demain c’est entraînement.

 

Un litre de bière chacun plus tard, une pause pipi dans des toilettes qui se réduisent à un simple trou dans le plancher, puis on repart chacun chez nous pour le repas. Spaghetti et une petite série… Quelqu’un vient frapper à la porte. Un missionnaire qui cherche des français… c’est sûrement pour les voisins d’Aix juste à coté…bonne nuit ;)

 

 

 

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Mardi 1 août 2006 2 01 /08 /2006 00:41

27, 28, 29 et 30 juillet

 

Ca y est, nous commençons enfin la formation au centre Don Bosco. Nos élèves sont au nombre de six, Cheikh, deux professeurs de mécanique : François Faye et Etienne, un professeur et un élève de menuiserie : Emmanuel et Jacques et un professeur d’électricité : Michel. Nous nous retrouvons à 8 heures pour un cours théorique d’une heure et demie où Damien joue très bien son rôle de professeur en présentant notre association, notre projet et nos objectifs. Il enchaîne ensuite sur la fabrication de la pompe, de l’éolienne et de la transmission. Quelques questions sont posées, des précisions données, nos élèves ont l’air intéressés et nous en sommes d’autant plus motivés.  Nous enchaînons ensuite directement sur la répartition des deux équipes qui fabriqueront chacune un système complet, Anaïs et Philippe débuteront par la fabrication de l’éolienne avec Cheikh, Etienne et Jacques tandis que Damien et Julien commenceront par la pompe avec le reste des élèves. Les deux équipes se répartissent dans l’atelier, les tours seront utilisés pour la pompe, pour l’éolienne ce seront les postes de soudure et de perçage. Nous nous mettons au travail en essayant de laisser faire au maximum nos élèves. La situation est assez étrange, nous sommes en train de former des hommes jusqu’à 20 ans plus vieux que nous, cela peut avoir de quoi nous déstabiliser mais nous trouvons rapidement l’équilibre et l’ambiance est assez bonne.

La matinée et le début de l’après-midi passent sans s’en rendre compte, nous avançons bien et sommes confiants quant au reste de la formation. Bref, nous nous quittons vers 15heures avec un esprit plutôt optimiste. Quelques courses sont réalisées et nous voilà de retour sous le manguier pour un « débrieffing ». L’avancement est bon, les élèves semblent comprendre le principe de fonctionnement, nous sommes plutôt confiants. Quelques enfants de Peycouck nous rejoignent et nous entreprenons d’en former un, Massamba, aux joies de l’informatique.  Cheikh nous rend visite également pour nous inviter à une cérémonie pour le mariage de sa nièce. Le mari est absent, cela nous emble étrange mais nous finissons pas comprendre qu’il s’agit en quelque sorte de son enterrement de vie de jeune fille. Ses amies sont toutes réunies sur des tapis dans la cour de la maison et chantent des poèmes écrits par leur guide spirituel. C’est très beau, très festif. Des enfants, des adultes, dansent autour des femmes assises qui chantent. Les heures passent et la nuit tombe doucement. Nous rentrons ensuite, mangeons et nous nous couchons tôt afin d’être en forme pour le lendemain…

         8hr, nous nous retrouvons et nous mettons directement au travail. Hélas, 2hr plus tard tout s’éteint : coupure d’électricité. Il fallait s’y attendre, la société qui s’en occupe ne peut pas desservir tout le réseau et doit donc alterner la distribution entre les quartiers, cette situation dure depuis 1992 (On nous a quand même fait remarquer que ces pannes ont été évitées pendant toute la durée de la Coupe du Monde)… Nous attendons une heure puis deux, en essayant de ne pas perdre trop de temps. La structure de l’éolienne a été redéfinie, il faudra d’ailleurs revoir tout le livret de fabrication, des explications sont données concernant l‘excentrique. Finalement, nous décidons de revenir plus tard dans l’après-midi si toutefois l’électricité veut bien être de la partie. Nous nous occupons, patientons et espérons. Finalement, Philippe-Antoine et Anaïs partent à Thiès à la recherche de trois bidons vides pour fabriquer les pales de la prochaine éolienne. François nous appelle vers 16hr, le courant est revenu. Nous retournons au centre et continuons nos différentes taches jusqu’à 19hr, la journée n’a pas été perdue. Nous sommes désormais plus réservés quant à l‘avancement de la fabrication mais restons confiants pour le respect des délais.

 C’est déjà le week-end, nous décidons de faire du tourisme et de partir à Touba, la ville sainte des Mourides,  toute la journée du samedi. C’est une ville franche dirigée par un Khalife qui n’est autre que le descendant du guide spirituel Cheikh Ahamadou Mamba ou Selim Touba (le marabout de Touba). C’est ici qu’a lieu chaque année le Grand Magal, 3 millions de Mourides venus du monde entier se retrouvent pendant une semaine pour fêter le retour d’exil de leur grand marabout. Nous visitons la grande mosquée, la plus grande de toute l’Afrique noire, avec ses cinq minarets dont un dépasse les 85 mètres de haut, ses murs en marbre de Carrare, ses portes en bois de Teck (et ses hauts parleurs qu’on entend à plus de 3km),  et qui est en perpétuelle construction grâce à l’argent de ses fidèles. Anaïs doit porter le voile et la djellaba et nous devons tous nous déchausser. Un guide nous fait faire le tour et nous explique les origines de cette confrérie musulmane et de son guide spirituel. Nous allons ensuite manger puis nous partons visiter les locaux d’une association de mourides qui vit en autarcie en se servant des talents de chacun et surtout des donations du monde entier. A l’instar des jésuites, ces mourides s’occupent de répandre la bonne parole de leur guide spirituel à travers le monde, nos deux interlocuteurs essayent d’ailleurs un peu de nous convertir. Nous rentrons ensuite à Peycouck et allons prendre le thé chez Moustafa, le jeune bachelier, où nous discutons de différents sujets de société jusqu’à tard dans la nuit.

Dimanche, nous partons à 8hr pour Sowane, un des deux villages dans lequel nous devons installer une pompe. Nous sommes heureux de pouvoir enfin associer une réalité à ce nom que l’on entend depuis le début de notre stage. Nous sommes accueillis par Seikou, en mission dans le village et toujours aussi souriant, qui nous présente le chef du village ainsi que le président du comité villageois de développement. Ce comité a été mis en place par la DAHW afin de mieux cibler ses actions en ayant un seul et unique interlocuteur pour chaque aspect de la vie du village : l’agriculture, l’éducation, l’élevage, l’environnement,… . Ce représentant est nommé par les villageois et est membre du comité qui se réunit chaque mois. Une organisation qui semble bien rodée. Nous faisons une petite visite du village : son école maternelle en construction, son centre de formation pour couturier et teinturier, ses cultures et surtout ses puits. Nous sommes rejoints par Adrien Sarr, un jeune étudiant en géographie à qui Xavier Durand (le président de l’association Asaal) avait remis un anémomètre lors de son dernier passage. Il a ainsi pu prendre de nombreuses mesures de vent qui nous seront fort utiles  pour déterminer le diamètre de piston de la pompe que nous allons fabriquer. Nous sommes inquiets car il n’y a pas un souffle de vent durant toute la matinée, des villageois nous rassurent, c’est normal pour la saison, le vent revient durant la période de sécheresse, c'est-à-dire d’octobre à mai, lorsque les pompes sont nécessaires.  Nous visitons les vergers et découvrons enfin le puit qui devra accueillir notre pompe. Il est légèrement surélevé par rapport aux cultures, peu profond, des conditions optimales pour un bon fonctionnement...Maintenant c’est à nous de jouer et de fabriquer un système qui réponde aux attentes des habitants !

 

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