Journal de la semaine
· Mercredi 10 juillet
Départ pour Douala où nous allons passer 1 nuit pour attendre le vol pour Garoua. Il est 15h à Paris
Il est minuit. Le vol a eu 2h de retard mais nous sommes bien arrivés à destination. Petit aperçu de l’ambiance africaine avec une mama du pays assise à coté de nous dans l’avion et qui nous lance des phrases bien sympa du genre « avec les filles, vous allez vous amusez, c’est des coquines la bas » J De bons fous de rires avant d’arriver et il en fallait du rire parce que … nos bagages n’ont pas fait le voyage avec nous. Le tapis roulant s’arrête et tout le monde se précipite au bureau des réclamations. Les bagages n’arriveront que samedi matin. Du coup, un bon bordel pour poser réclamations. C’est à notre tour. Tata est français et porte un nom italien, question spontanée du gars du bureau « vous avez supporté quelle équipe pour la finale ? ? » N’oublions pas qu’il est 4h30 du matin et que nous sommes bons pour garder les mêmes habits pendant 3 jours et 3 nuits. Mais on se dit que c’est le Cameroun et on ne s’alarme pas. On entend dire que Garoua est une ville plus sympa du Nord du Cameroun.
· Jeudi 11 Juillet
Il est 5h du matin, Eugène est le conducteur du centre où nous allons dormir 1 nuit, euh… 3 nuits. Gentil, patient (il a attendu notre retard de 3h), souriant mais imprudent. Pas de priorité, pas de respect du marquage au sol, conduite en plein feux, feu rouge grillé,… le feu rouge, c’est pour éviter les bandits selon lui. La main sur le klaxon, il continue. Aucune idée du Cameroun sinon, il fait nuit noire et nous ressentons seulement l’humidité. Arrivée au centre : Piscine, terrasse, clim, pelouse et jardin entretenue, bon esprit.
Il est maintenant midi, nous sommes à coté du port de Douala. Le centre est très sympa mais on nous déconseille de sortir dans la rue à cause de l’insécurité. ok
Petit déjeuner et on se renseigne pour le départ à Garoua. Ce sera lundi matin… ok, c’est plus que 3 nuits à Douala alors, on a toujours pas de bagages.
On nous déplace dans une autre chambre. TV, clim. Comme on ne peut pas sortir, on regarde des clips à la télé et on joue à MarioKart, comme on a l’ordi avec nous. Rihanna envoie vraiment du paté dans ses clips, obligé de mettre pause… Même 41 fois par jour, on s’en lasse pas.
Bon, il faut bien manger le soir. On se fait une petite frayeur en allant au restaurant à 50 mètres de la ou on dort. Pas de souci, toujours tous nos doigts et tout notre argent. Ce sera pizza au restaurant, on préfère pas tester les mets traditionnels d’entrée. Resto select, pas de surprise pour l’instant du pays. On attend juste qu’un lézard se transforme en grosse bête.
· Vendredi 14 juillet
La sortie en ville
Sans bagage, il faut bien se laver et manger alors Eugène nous emmene au supermarché. Endroit très pauvre, beaucoup de monde au bord de la route. Vente de bricoles, de maillots de foot, de nourriture, salon de coiffure improvisé. Toujours pas de code de la route, et toujours pas d’accident aussi. Même si on est dans un bon 4x4, on met notre ceinture, on sera les seuls à le faire. Des motos partout, des taxis jaunes partout. Ca yest, on commence à être bien dépaysé.
Eugène s’arrete sur la route et on va au supermarché. Axe et Nivea douche sont au rayon parfumerie, c’est un luxe ici. Gel douche, dentifirice, brosse à dent, pates et sauce tomate feront l’affaire.
Rentrée au centre : télé et mariokart
On discute rapidement avec les gens du centre. Des français, des anglais, une néerlandaise. Pas de grosses bêtes, d’éléphants, de lions. On fait attention aux moustiques. Toujours pas le palu, toujours pas le caca mou mais toujours les mêmes vêtements.
· Lundi 17 juillet
Arrivée enfin à Garoua à 16H avec un vol qui aura finalement eu que 6H de retard ! ! ! on commence à être habitué.
On a pris possession des locaux ( le choc : que de l’eau froide -> douche vivifiante et diminution de la virilité lol…) et sommes parti manger un morceau au resto du coin avec Bernard (steak piments et patates + bière= 15 Francs ! ! !). On est rentré et pour changer on a joué à l’ordinateur (PES quand tu nous tiens)…
Garoua a l’air sympa mais on se rend vraiment compte que le Cameroun est un pays pauvre : les routes ne sont pas goudronnées, enfin pas toutes, les habitations sont précaires, le nombre de personnes marchant au bord de la route impressionnant…
Il y a également de nombreux pseudo restos organisés au bord de la route.
Les tenues traditionnelles sont nombreuses comme dans les films, si c’est vrai.
Le moyen de transport le plus présent est la moto ( entendez mobylette) mais il y a également quelques 4X4…
· Mardi 18 juillet
Debout à 8H15 bien dormi mais un peu chaud. On commence à 9H comme demain d’ailleurs mais ça ne va pas durer, normalement on commence à 7H. On a visité le centre technique de Garoua, là même où on va travailler pendant deux mois. La visite est faite par Bernard un local qui est actuellement responsable du centre en l’absence du patron. C’est un centre où ils forment des jeunes qui n’ont pas réussi leurs études. Bernard est cool on est d’ailleurs allé au resto du coin hier pour notre arrivée et aujourd’hui à midi. Tout le monde est sympa avec nous, on est comme ils disent « leurs amis » ! !!
On a remonté la pompe que l’on avait fabriqué à Cluny pour que demain, ce soit plus facile d’expliquer le fonctionnement du système à tous. On a également visité les locaux et constaté que la fabrication des pompes ne va pas être facile car manque de matos et difficulté d’obtenir du bois adéquat et surtout sur pied…
On a enfin un portable mais les recharges sont chères et il faut se partager les minutes à deux du coup nos appels vont ressembler à la star academy…
En fin de journée on est allé dans le centre avec Bernard acheter du pain, pains au choc ou autre beignets pour le petit déjeuner, la classe quoi ! ! ! Sans la coulante on est pas prêt de perdre du poids…
Bref on rentre bien fatigué et ce soir on mange à la maison tranquiloubilou…
PS : Voodoo est un gros sale qui arrête pas de péter et de roter bref on se demande pas pourquoi il a pas de copine lol…
· Mercredi 19 juillet
Levé 8H15 encore et au boulot à 9H et des brouettes…
Après avoir fini le montage de la pompe CAD après avoir percé des trous avec une perceuse qui vibre énormément et qui ne tourne pas rond, nous avons présenté à une dizaine de personnes le projet, l’association, la pompe etc. A mon avis ils ne comprenaient pas tout mais ils n’osaient pas le dire ; on a anticipé et on a répété plusieurs fois et on a également fait quelques démos. Résultat nous avons bossé 2H30 et ensuite nous sommes allé au consulat de France pour signaler notre présence (toujours avec Bernard). On mange à midi à la maison et cet après midi, comme nous sommes libre, nous allons sûrement allé faire un tour en ville, à pied, au marché du coin. Affaire à suivre….
Nous sommes allé voir un match de foot pas très loin de là où nous dormons. Tout le monde nous regardait, surement à cause de la couleur de notre peau. Il y a des joueurs qui avaient des sandales transparentes que l’on met à la plage qui utilisaient ça comme crampons. Un beau but sinon, ça court vite, faut voir si on se tate à aller les défier !
Ensuite, on est allé voir au cybercafé pour voir les tarifs. Moins d’un euro cinquante pour une heure. On pense aller faire un tour pour voir ce que ça donne. Il est 8h. Bon appétit. Tata a une minute pour appeler sa copine.
· Jeudi 20 juillet
Les nuits se passent bien, la température est tenable et les bruits se font rares, à part un revival de Woodstock fait par des chiens hier soir. Ce matin, nous avons prévu de commencer l’éolienne, les élèves sont prêts au centre et il nous faut seulement trouver les matières premières. Après une brève explication, nous attendons Félix, le chauffeur du centre qui nous emmènera au marché. Après avoir hésité à effectuer le déplacement, nous nous décidons à voir comment se passent les achats au Cameroun.
Premièrement, nous devons ramener une femme d’affaire du centre chez elle, une traversée de la ville est obligatoire. Pas trop de trafic, toujours autant de motos, toujours autant de stand de vente de cartes Orange sur le bord des routes, toujours autant d’enfants marchant dans les ordures pour trouver un trésor se résumant à une vieille paire de chaussures…Cependant, nous passons dans un quartier où nous pouvons trouver de jolies demeures, la plupart sont des temples ou encore des particuliers mais celui qui a dominé sur le parcours est la banque de Garoua. Le chauffeur s’arrête pour prendre de l’essence. Le temps d’attendre, une mama passe près de la voiture et nous demande tout simplement de l’épouser… et oui, mais ça ne va pas être possible, déjà Tata est fiancé et Voodoo ne compte pas s’installer au Cameroun. On repart, on évite une biquette au milieu de la route.
Nous repassons dans les quartiers riches, pas très loin du stade de foot de Garoua qui a gagné hier soir les huitièmes de finale de la coupe du Cameroun contre Douala 2 buts à 0 (oui, le foot toujours).
Pour aller au marché, il faut naviguer dans les rues bondés de commerçants. Les magasins sont constitués de tôles et de piquets de bois mais apparemment on trouve notre bonheur, en effet, 2 profilés cornières longs de 6 mètres chacun arrivent au coin de la rue. Toujours autant d’enfants en train de mendier dans les rues mais qui ne s’acharnent pas à nous demander une pièce si on refuse. Des femmes, jeunes ou âgées se baladent entre les magasins avec des marchandises sur leur tête. On se demande encore comment cette affaire fait pour tenir. Une femme avec des feuillages et fruits sur la tête se promène dans un habit traditionnel avec un enfant drapé qui s’accroche dans son dos… la photographie parfaite… on préfère se retenir, le prix de l’appareil photo équivaut à 4 mois de salaire pour un commerçant de la ville. (50 € environ par personne dans le nord du Cameroun). Le commerçant ne possède pas tout, on repart vers un autre marchand pour trouver les roulements. Pas besoin de se déplacer longtemps en voiture, juste 5 minutes et on se retrouve dans un magasin de pièces détachées pour auto. On ne prend pas les roulements choisis à la base, mais des similaires. Félix qui s’occupe des achats marchande vite fait mais une petite somme. Il ne nous manque plus que les tubes carrés (les fabricants de pompe-éolienne comprendront), on se déplace alors dans le marché noir. Toujours en 4x4. On passe devant plusieurs consulats ou autres maisons sous l’enseigne de la république du Cameroun. On arrive enfin dans le marché noir. On trouve facilement nos tubes carrés. On accroche tout ça dans la benne du 4x4 et on reprend la route pour le centre, pour ça, il faut traverser le marché noir… les routes ne sont pas goudronnées, le 4x4 est bienvenu, les magasins sont encerclés d’ordures en tout genre. Beaucoup d’enfants, beaucoup trop qui fouillent dans ces monticules de déchets. Les stands se succèdent, vente de médicaments, de cartes oranges, de vieilles lampes, de ventilateurs, des chèvres et des vaches se baladent au milieu. On traverse le quartier qui se trouve juste à coté, sûrement un raccourci pour aller au centre. C’est le quartier le plus pauvre de la ville. Pas un bruit dans la voiture, pas grand chose à dire, mais beaucoup de choses à faire ici…
Arrivé au centre, on commence à … attendre car les tonneaux pour faire l’éolienne ne sont pas arrivés. On profite quand même de l’heure pour découper les tubes et préparer le matériel.
Petit détour par le consulat, histoire de se faire connaître. Bonne idée selon la femme qui se trouvait là-bas. « Faites attention à vos papiers »….
On rentre manger chez nous. Même si on a perdu en finale, on se tape encore des raviolis puis on attend Félix qui vient nous chercher à 14h. Une demi-heure de retard plus tard, on repart pour le centre avec les tonneaux dans la voiture.
Concernant les matières (tubes, tonneaux, roulements…)ce n’est pas du tout pareil qu’en France. Tout se marchande ici, tout est récupéré et tout est revendu. Alors l’éolienne ne sera pas gratuite, à voir pour la suite du projet…
Au centre, on profite de l’habitude qu’ont les élèves pour manier la meuleuse pour couper les tonneaux. Le travail est pas très drôle et on le ressent. On les rassure en leur disant que pour la pompe c’est plus sympa…on verra en fonction du matériel.
Les élèves finissent à 15h30. On finit quand même le travail tous les deux comme des grands puis on attend Bernard qui vient nous chercher à 17h30. On attend à coté de maçons qui se racontent leur vie en langue que l’on ne comprend pas.
Bernard arrive et on emprunte une autre route pour rentrer. Le paysage est magnifique, des champs, des arbres, des maisons en terre rouge, des enfants qui ramènent le troupeau de vaches, d’autres qui s’occupent de leurs petits frères et sœurs et qui nous saluent quand on passe devant eux. La route est toujours très pitoyable mais on s’y est habitué. Des matchs de foot sont organisés sur des terrains de terre. Les buts sont fait de deux piquets et d’une corde pour le montant. A coté, toujours un stand de vente de cartes téléphones et toujours des salons de coiffure par ci par là.
Une halte au supermarché pour faire des achats, on se prive pas de frosties et on reste très européen dans nos achats. Il faut d’ailleurs être attentifs dans le supermarché, les mêmes articles ne portent pas le même prix…On passe à la boulangerie où le pain et les beignets sont vraiment pas chers. Pour dix francs, soit un euro cinquante, on a 5 beignets, un pain au chocolat et un pain de 200g. Ici, pas de queue, on passe à la caisse quand on veut. Après s’être fait avoir 3 ou 4 fois, on demande à passer, il faut juste s’infiltrer et pas avoir peur.
Une fois rentré, Kévin, le petit du centre vient nous saluer comme tous les jours. Du haut de ses 4 ans, il nous raconte toujours un petit truc de sa journée. On le laisse car on part pour le cyber café vous donner quelques nouvelles. On écarte les biquettes devant la porte et c’est parti. On n’a plus peur d’aller dans la rue. On traverse comme des gens du pays, sans regarder, oupla, non, on se fait klaxonner et on regarde pour traverser. 10 francs pour une heure, moins cher le week-end même. Bon esprit, et en plus, c’est juste à coté de chez nous. Mais la connexion est très lente, et l’ordi de Voodoo a planté 2 fois.
On rentre chez nous, pâtes et PES, puis on ira au lit, on prépare demain en se reposant… (Italie et foot, pfff, sans commentaire).
Ah oui au fait, niveau médicaments et anti-palu, cela se résume pour nous à la prise du Lariam le mercredi et à la présence de la moustiquaire au dessus du lit, histoire de pouvoir dormir presque nu… Pour le caca mou, on s’en fou, on bouffe de tout ! ! !
· Vendredi 21 juillet
Réveil matinal à 7H15 heure locale et une fois n’est pas coutume, sous la pluie…
Ce matin voodoo bizarrement est le premier debout, c’est peut être parce qu’il a peur que je lui mange ses Frosties dont il a rêvé cette nuit. Alors que nous sommes prêt, un petit pari est lancé : « on pari que Felix (le chauffeur) arrive à la bourre »… Victoire ! ! ! Apres 45 minutes de retard la voiture arrive. Un petit détour pour prendre un client du centre à proximité du nouveau camp militaire et quelques minutes plus tard nous voilà arrivé. Nous sommes donc en retard mais ce n’est pas grave car comme le dit si bien le chauffeur (enfin bien, je me comprend car il aura fallu qu’il me répète trois fois la phrase pour que je la comprenne) « lorsqu’il pleut tout le pays reste au lit » ah ah ah qu’est ce qu’on se marre ! ! !
Début donc du travail aux alentours de 9H. Les élèves sont prêts, on continue alors le travail commencé la veille sur l’éolienne. Cette fois-ci, on fait presque tout pour montrer qu’on n’est pas venu que pour leur apprendre un truc. Mais le manque de matériel se fait sentir lorsque l’on commence à usiner du bois. Le tour ne marche pas aujourd’hui, pas de courant triphasé, les forets se font rares, les ponceuses sont inexistantes…Le centre est au courant de ce manque qui prend le dessus sur les grandes capacités de tout le monde.
Retour pour midi à la maison. On a le sentiment que le travail sur la pompe va être dur à être réalisé. Il n’y a aucune machine pour travailler le bois. On pense à créer un partenariat avec un atelier de menuiserie, on pense à demander à d’autres ateliers, d’autres centres de nous prêter main forte… si ils le peuvent bien sûr. Il faut d’abord en discuter avec Bernard. De retour au centre pour 13h, sans retard ! Ignace a fait 90% du travail entre midi et deux, il n’est pas parti manger et est resté usiner la pièce de bois pour l’éolienne. On pense finir le travail tôt mais la mise en place des roulements dans leur logement fissure le bois, il faut trouver une solution… Les élèves nous demandent quoi faire ? ? Avec un ciseau à bois, une lime et quelques forets, on ne va pas recommencer le travail d’une journée, on pense aux machines…
Fin de la journée au centre, une solution pour la fissure a été trouvée. On en profite pour rassurer les élèves quant au travail futur. Plus intéressant, moins de casse-tête , de courses à droite à gauche, on s’avance peut être un peu mais on espère.
Une fois rentrés, un bol de frosties et quelques parties de Mario Kart, ce soir c’est repos et demain, grasse mat’. Le chauffeur nous salue et nous dit « A Dimanche ». Pourquoi dimanche, on pense que c’est pour la messe, gagné…La religion est beaucoup présente ici. Certes, en France, on y va jamais mais on respecte ceux qui nous entourent et on fait avec. Sujet délicat pour nous. Pendant le journée, on entendait l’appel à la prière pour les musulmans.
En passant le portail pour rentrer chez nous, une mama nous fait un clin d’œil. Ils ont la côte les blancs ici.
Pour ce week-end, est ce qu’on va trouver une pompe pour gonfler notre ballon. Ah, des gens arrivent à coté, des nouveaux voisins, va falloir se retenir de pas crier en jouant à PES.
Pour ce qui est du repas, ce soir c’est notre repas des pauvres comme on le dit : un mélange de riz, maïs et miettes de thon ; bon appétit bien sur.
Puis maintenant qu’on a un portable ici, vous pouvez nous joindre au 00237 674 69 50 et le portable de Voodoo marche toujours pour les textos
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