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  • : Association à but non lucrative, créée pour développer le projet Pompe Valdes.Il s'agit d'une pompe éolienne pouvant être fabriquée dans les PED, le but étant au final de créer des ateliers sur place et donc une micro-économie.
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Mardi 1 août 2006 2 01 /08 /2006 00:38

24, 25 et 26 juillet 2006

 

Impatient de commencer à fabriquer, à seulement deux jours du début de la formation, nous décidons de préparer les bidons. Deux sur les six achetés seront préparés à la fabrication de l’éolienne, le reste nous le destinons au trempage du bois. Notre ami Cheick, qui dirige une poignée d’apprentis dans son atelier, nous propose de leur sous traiter la coupe. En France, les fûts d’huile avaient été taillés à la disqueuse. Ici nous ne disposons pas d’appareils de ce type, la méthode est plus élémentaire : un marteau et un burin feront l’affaire, les jeunes sur place y sont habitués. Nous les observons pour pouvoir réaliser l’opération plus tard, durant la formation ; dans l’idée nous conservons quelques bidons entiers.

Les fûts destinés à l’éolienne sont coupés dans la hauteur pour former deux demi cuves qui en réaliseront les pales. Ceux qui serviront à tremper le bois sont seulement découverts dans la partie supérieure. Quelques-uns de ces bidons nécessiteront quelques coups de masse pour les redresser, car ils semblent avoir effectué pas mal de trajets…

C’est notre première phase pratique sur place et dans le village. Les plus jeunes s’étonnent de voir les Toubabs se livrer à des tâches manuelles. Nous sentons l’imagerie populaire persister, concernant l’Europe et ses habitants, chez les jeunes comme chez les adultes en fait ; il y a deux jours, nous apprenions à Cheick, attristé, que de nombreuses personnes en France étaient sans domicile… Pour lui les problèmes ce cet ordre étaient résolus depuis longtemps au niveau des grandes nations, puisque nous avons les moyens qui font tant défaut à son pays.

 

Le lendemain nous poursuivons notre travail sur les bidons, à l’ombre des arbres bien sûr, pour éviter le soleil qui tape si fort en cette saison, juste avant l’arrivée des nuages et de la pluie. Après les avoir décapés, nous passons la couche d’antirouille qui les préservera d’éventuels dommages, une fois remplis de bois et surtout d’eau…

 

L’après-midi nous restons disponibles,  attendant le coup de téléphone de Sékou. Il doit avoir réceptionné les quatre troncs humides au port de Dakar, ce matin, et s’apprête à effectuer deux allers retour dans les embouteillages de la capitale pour nous les apporter à l’arrière de son pick-up Toyota de la DAHW  ; l’ONG allemande est en charge du suivi des anciennes léproseries, devenues villages de reclassement social, et emploie 18 personnes au Sénégal. Notre ange gardien ira jusqu’au bout de son engagement, comme il se plaît à le dire, en nous déposant le bois chez notre menuisier à Thiès. Ce dernier nous promet que tout sera prêt demain, si le courant ne fait pas défaut en ville. Nous lui laissons notre trésor : quatre superbes troncs de Teck de 50cm de diamètre sur 1m50 de long, encore humide, avec des couleurs et des odeurs exotiques…une très belle trouvaille sans doute…

 

Mercredi c’est le dernier jour avant le début de la formation, nous effectuons nos derniers achats, de la tuyauterie pour l’essentiel, et vers midi nous sommes de retour chez le menuisier, comme convenu, pour s’assurer que les planches correspondent aux côtes demandées, avant qu’il ne coupe tout. Deux des quatre troncs ont été débités en planches, pratiquement sans nœuds ni défauts apparents ; nous y voyons déjà de superbes pompes, une pièce ici, une autre là, l’envie de fabriquer exaltée par l’odeur qu’il s’en dégage. Fier d’avoir accompli ce défi personnel, le menuisier nous expose sa méthode, qui inclue une toute nouvelle lame au diamètre impressionnant, pouvant seul rivaliser avec celui de nos troncs, et pour laquelle il a creusé la machine qui la supporte désormais. Mais cette lame a coûté cher, amène-t-il bientôt, et il faut pourvoir l’amortir…. De plus le travail était fatiguant, et a même causé, paraît-il, quelques blessures. Finalement nous voyons quasiment doubler le prix de l’affaire. L’opération n’est pas très honnête, et nous ne gagnons rien à discuter avec un de ses amis qui nous sert des théories indigestes sur les clivages blanc/noir… Nous sommes agacés par ce bonhomme qui n’a en plus rien à voir avec le travail effectué ; un simple amuseur qui joue les érudits, un griot comme on les appelle ici.

Le menuisier ne cèdera pas sur son prix : 12000 F cfa par tronc. Il sait qu’il est le seul dans le coin à faire ce travail peu conventionnel, et joue de la situation.  Nous sommes obligés de le payer au prix exigé, nous ne tenons pas à perdre le moindre morceau de ce bois si durement acquis. Nous transportons les planches à l’arrière de la voiture toujours emmenée par Cheick, répartissant les mille kilos de départ sur plusieurs voyages, destination le centre Don Bosco où la fabrication doit débuter demain…

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Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /2006 13:22

Le 21 juillet depuis Peycouck,

 

 

Cette nuit la pluie est tombée sous de bruyants orages accompagnés de coupures de courant, et cette journée semble annoncer le début de l’hivernage, la fameuse saison des pluies. Désormais les moustiques seront plus nombreux et plus agressifs.

Aujourd’hui nous souhaitons résoudre un problème concernant le bois. Aux dernières nouvelles, Sékou tentait de le faire embarquer dans le bateau de Dimanche, pour le réceptionner vers 6 heures du matin le Lundi à Dakar. Reste pour nous à le débiter en planches adaptées à la fabrication de la pompe et au stockage dans l’eau. Nous nous employons à contacter des scieries dans la région pour nous y aider, jugeant que l’utilisation d’une tronçonneuse, comme cela avait pu être fait dans les missions précédentes, était trop risquée et engendrait trop de pertes sur le bois.

Nous demandons à Check de se renseigner auprès d’un de ses amis menuisier à Thiès, dont nous avons déjà visité l’atelier. A l’image des commerces, les artisans d’ici (menuisier, mécano…) étalent leurs machines sur le bord de la route obligeant parfois les piétons à emprunter des trajectoires curieuses ; peu ou pas de trottoirs ici, seulement du sable épais qui dessine le bord des routes…L’après-midi, nous prenons donc le chemin de notre cybercafé favori pour lancer de plus amples recherches. Internet n’est pas d’une grande aide sur ce coup.

En sortant du cybercafé la solution est juste devant nos yeux, sur le trottoir d’en face : le bureau du service de protection des eaux et forêts. Deux d’entre nous traversent pour aborder un type posté à l’entrée. Moyennant quelques explications sur notre travail au Sénégal, nous sommes reçus par le directeur technique départemental, le Colonel Fall. Très serviable, ce dernier décroche son téléphone et contacte le responsable de la voirie à Thiès qui nous invite à passer immédiatement, quelques rues plus loin, pour voir si leurs machines nous conviennent.

En repassant nous prendre au cybercafé, Check nous fourni un contact en ville susceptible de débiter nos planches. Nous passons tout de même à la voirie, croyant que nous sommes attendus. Une fois sur place, nous ne trouvons pas grand monde, mais nous jetons un coup d’œil à l’unique machine à bois du site : rien d’intéressant  pour nous, une simple scie circulaire comme celles dont nous disposons aux ateliers, pas de quoi trancher nos troncs. Nous saluons un gars qui nous recommande un ami à lui, capable de faire le boulot : on retombe sur le même contact que celui de Check…nous passons le voir.

Le type en question est un menuisier de Thiès. Nous peinons à trouver son atelier dont la devanture a plutôt des allures de maison familiale ou de buvette. Nous pénétrons dans une cour intérieure où le bois s’entasse en grande quantité. L’homme avec qui nous négocions à des allures de bûcheron ; des bras énormes et de larges mains qui le prédisposent au travail. La machine dont nous avons besoin est là. Il nous assure qu’il peut tailler des planches aux dimensions voulues, et qu’il fera le boulot en un jour pour 7500 Fr CFA par tronc. Avant de nous quitter, il nous parle d’une essence apparemment très intéressante pour notre pompe : le bois de VEN. Assez proche du Teck, il la juge même supérieure mécaniquement et plus facile à travailler, et prétend pouvoir être le fournisseur sur place pour des troncs fraîchement coupés…Il faudra y réfléchir sérieusement pour la production à  plus long terme de la pompe, au niveau du centre de formation…

 

 

Le lendemain matin, nous profitons d’une visite au cybercafé pour aller remercier le colonel Fall pour ses conseils, et nous citons fièrement notre menuisier miracle. Il s’avère que notre contact fait du trafic de bois, que l’essence qu’il nous recommande est une espèce protégée en voie de disparition ; le type est surveillé par le service des eaux et forêts, pas étonnant que tout le monde le connaisse dans Thiès… Le Colonel conclue, amusé, qu’il lui fera l’honneur de sa visite annuelle, histoire de garder le contact.

 

 

L’après-midi est réservée à l’achat des bidons qui vont former les pales de l’éolienne. Des fûts      de 250 litres que nous avons repéré à 4000 Fr CFA pièce dans une station Total. Check nous propose des bidons négociables à 3000 dans un village voisin de Peycouck. Nous tentons cette solution qui nous permet en plus d’entrevoir le village voisin. Les bidons que nous trouvons sur place, dispersés au fond d’un jardin, devraient convenir, même si certains sont un peu déformés.

Ils nous seront livrés demain dans la matinée par charrette.

 

 

Le soir nous sommes traditionnellement invités à boire le thé chez deux jeunes filles, croisées à l’auberge des manguiers plus tôt dans la journée. Elle habitent une des plus grandes maisons du village, puisqu’elle est bâtie sur deux étages, chose rare même en ville. Nous y discuterons principalement avec leur frère aîné de 20 ans, Moustafa, qui passait son bac cette année. Il attend impatiemment les résultats qui tardent à cause des grèves. Le gouvernement a récemment accordé des augmentations à plusieurs corps de fonctionnaires dont certains ont été arrosés par des scandales. Les enseignants délaissés, et soucieux de voir l’image de la profession redorée depuis l’apparition du volontariat (enseignants recrutés parmi la population sans concours de l’école normale), prolongent aujourd’hui les  grèves et certains refusent de corriger les examens. Moustafa s’exprime dans un français impeccable ; c’est un jeune brillant, féru de lecture, qui envisage de continuer des études de philosophie à la faculté, éventuellement en France. Malheureusement, les perturbations actuelles l’inquiètent, il est possible que l’Etat français ne reconnaisse pas son bac…        

         A peine levés le lendemain matin, nous entendons un bruit de tôle sur lesquelles on frappe. Nos bidons ont été livrés à l’atelier de Chekh et ses apprentis sont en train de les couper en deux à l’aide d’un marteau et d’un burin. Nous partons alors pour l’atelier et travaillons avec les apprentis, étonnés de voir que des toubabs puissent réaliser des travaux manuels et se salir les mains. Les bidons sont dans un mauvais état, il faut les nettoyer, les redresser et les peindre d’une couche d’antirouille et tout ça avec les moyens du bord (cailloux, lessive, bout de bois,…).

         La journée passe et nous nous arrêtons à 17 heure pour aller chez François Faye, le professeur du centre de formation que nous avons rencontré la semaine dernière. Celui-ci vit encore chez ses parents, avec sa femme et ses enfants. Nous sommes bien accueillis et passons la soirée à palabrer sur des sujets divers et variés, même si le sujet principal reste celui de la formation et de la fabrication de la pompe. François nous apprend que les professeurs intéressés pourraient être à l’origine d’un GIE (Groupement d’Intérêt Economique), regroupant d’anciens élèves du centre autour de divers projets, celui de la pompe Valdes semblerait adéquat. François semble être un professeur impliqué et passionné, désolé de voir que certains de ses anciens élèves aient dû changer de métier faute de moyen et de machines. Au cours de la soirée, Philippe-Antoine est contacté par Europe 1 qui lui propose de passer en direct le soir même pour parler de notre mission et de notre association dans le cadre de l’émission Génération Europe 1. Il présente pendant 10 minutes le projet à minuit et demie heure française…nous espérons qu’il aura été entendu.

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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 17:19

Journal de la semaine

 

·         Mercredi 10 juillet

 

 

Départ pour Douala où nous allons passer 1 nuit pour attendre le vol pour Garoua. Il est 15h à Paris

Il est minuit. Le vol a eu 2h de retard mais nous sommes bien arrivés à destination. Petit aperçu de l’ambiance africaine avec une mama du pays assise à coté de nous dans l’avion et qui nous lance des phrases bien sympa du genre « avec les filles, vous allez vous amusez, c’est des coquines la bas » J De bons fous de rires avant d’arriver et il en fallait du rire parce que … nos bagages n’ont pas fait le voyage avec nous. Le tapis roulant s’arrête et tout le monde se précipite au bureau des réclamations. Les bagages n’arriveront  que samedi matin. Du coup, un bon bordel pour poser réclamations. C’est à notre tour. Tata est français et porte un nom italien, question spontanée du gars du bureau « vous avez supporté quelle équipe pour la finale ? ? » N’oublions pas qu’il est 4h30 du matin et que nous sommes bons pour garder les mêmes habits pendant 3 jours et 3 nuits. Mais on se dit que c’est le Cameroun et on ne s’alarme pas. On entend dire que Garoua est une ville plus sympa du Nord du Cameroun.

 

·         Jeudi 11 Juillet

 

 

Il est 5h du matin, Eugène est le conducteur du centre où nous allons dormir 1 nuit, euh… 3 nuits. Gentil, patient (il a attendu notre retard de 3h), souriant mais imprudent. Pas de priorité, pas de respect du marquage au sol, conduite en plein feux, feu rouge grillé,… le feu rouge, c’est pour éviter les bandits selon lui. La main sur le klaxon, il continue. Aucune idée du Cameroun sinon, il fait nuit noire et nous ressentons seulement l’humidité. Arrivée au centre : Piscine, terrasse, clim, pelouse et jardin entretenue, bon esprit.

 

Il est maintenant midi, nous sommes à coté du port de Douala. Le centre est très sympa mais on nous déconseille de sortir dans la rue à cause de l’insécurité. ok

Petit déjeuner et on se renseigne pour le départ à Garoua. Ce sera lundi matin… ok, c’est plus que 3 nuits à Douala alors, on a toujours pas de bagages.

On nous déplace dans une autre chambre. TV, clim. Comme on ne peut pas sortir, on regarde des clips à la télé et on joue à MarioKart, comme on a l’ordi avec nous. Rihanna envoie vraiment du paté dans ses clips, obligé de mettre pause… Même 41 fois par jour, on s’en lasse pas.

 

Bon, il faut bien manger le soir. On se fait une petite frayeur en allant au restaurant à 50 mètres de la ou on dort. Pas de souci, toujours tous nos doigts et tout notre argent. Ce sera pizza au restaurant, on préfère pas tester les mets traditionnels d’entrée. Resto select, pas de surprise pour l’instant du pays. On attend juste qu’un lézard se transforme en grosse bête.

 

·         Vendredi 14 juillet

 

 

La sortie en ville

 

Sans bagage, il faut bien se laver et manger alors Eugène nous emmene au supermarché.  Endroit très pauvre, beaucoup de monde au bord de la route. Vente de bricoles, de maillots de foot, de nourriture, salon de coiffure improvisé. Toujours pas de code de la route, et toujours pas d’accident aussi. Même si on est dans un bon 4x4, on met notre ceinture, on sera les seuls à le faire. Des motos partout, des taxis jaunes partout. Ca yest, on commence à être bien dépaysé.

Eugène s’arrete sur la route et on va au supermarché. Axe et Nivea douche sont au rayon parfumerie, c’est un luxe ici. Gel douche, dentifirice, brosse à dent, pates et sauce tomate feront l’affaire.

Rentrée au centre : télé et mariokart

 

On discute rapidement avec les gens du centre. Des français, des anglais, une néerlandaise. Pas de grosses bêtes, d’éléphants, de lions. On fait attention aux moustiques. Toujours pas le palu, toujours pas le caca mou mais toujours les mêmes vêtements.

 

 

·         Lundi 17 juillet

 

 

Arrivée enfin à Garoua à 16H avec un vol qui aura finalement eu que 6H de retard ! ! ! on commence à être habitué.

On a pris possession des locaux ( le choc : que de l’eau froide -> douche vivifiante et diminution de la virilité lol…) et sommes parti manger un morceau au resto du coin avec Bernard (steak piments et patates + bière= 15 Francs ! ! !). On est rentré et pour changer on a joué à l’ordinateur (PES quand tu nous tiens)…

Garoua a l’air sympa mais on se rend vraiment compte que le Cameroun est un pays pauvre : les routes ne sont pas goudronnées, enfin pas toutes, les habitations sont précaires, le nombre de personnes marchant au bord de la route impressionnant…

Il y a également de nombreux pseudo restos organisés au bord de la route.

Les tenues traditionnelles sont nombreuses comme dans les films, si c’est vrai.

Le moyen de transport le plus présent est la moto ( entendez mobylette) mais il y a également quelques 4X4…

 

 

·         Mardi 18 juillet

 

 

Debout à 8H15 bien dormi mais un peu chaud. On commence à 9H comme demain d’ailleurs mais ça ne va pas durer, normalement on commence à 7H. On a visité le centre technique de Garoua, là même où on va travailler pendant deux mois. La visite est faite par Bernard un local qui est actuellement responsable du centre en l’absence du patron. C’est un centre où ils forment des jeunes qui n’ont pas réussi leurs études. Bernard est cool on est d’ailleurs allé au resto du coin hier pour notre arrivée et aujourd’hui à midi. Tout le monde est sympa avec nous, on est comme ils disent « leurs amis » ! !!

On a remonté la pompe que l’on avait fabriqué à Cluny pour que demain, ce soit plus facile d’expliquer le fonctionnement du système à tous. On a également visité les locaux et constaté que la fabrication des pompes ne va pas être facile car manque de matos et difficulté d’obtenir du bois adéquat et surtout sur pied…

On a enfin un portable mais les recharges sont chères et il faut se partager les minutes à deux du coup nos appels vont ressembler à la star academy…

En fin de journée on est allé dans le centre avec Bernard acheter du pain, pains au choc ou autre beignets pour le petit déjeuner, la classe quoi ! ! ! Sans la coulante on est pas prêt de perdre du poids…

Bref on rentre bien fatigué et ce soir on mange à la maison tranquiloubilou…

 

PS : Voodoo est un gros sale qui arrête pas de péter et de roter bref on se demande pas pourquoi il a pas de copine lol…

 

 

·         Mercredi 19 juillet

 

 

Levé 8H15 encore et au boulot à 9H et des brouettes…

Après avoir fini le montage de la pompe CAD après avoir percé des trous avec une perceuse qui vibre énormément et qui ne tourne pas rond, nous avons présenté à une dizaine de personnes le projet, l’association, la pompe etc. A mon avis ils ne comprenaient pas tout mais ils n’osaient pas le dire ; on a anticipé et on a répété plusieurs fois et on a également fait quelques démos. Résultat nous avons bossé 2H30 et ensuite nous sommes allé au consulat de France pour signaler notre présence (toujours avec Bernard). On mange à midi à la maison et cet après midi, comme nous sommes libre, nous allons sûrement allé faire un tour en ville, à pied, au marché du coin. Affaire à suivre….

 

Nous sommes allé voir un match de foot pas très loin de là où nous dormons. Tout le monde nous regardait, surement à cause de la couleur de notre peau. Il y a des joueurs qui avaient des sandales transparentes que l’on met à la plage qui utilisaient ça comme crampons. Un beau but sinon, ça court vite, faut voir si on se tate à aller les défier !

Ensuite, on est allé voir au cybercafé pour voir les tarifs. Moins d’un euro cinquante pour une heure. On pense aller faire un tour pour voir ce que ça donne. Il est 8h. Bon appétit. Tata a une minute pour appeler sa copine.

 

 

·         Jeudi 20 juillet

 

Les nuits se passent bien, la température est tenable et les bruits se font rares, à part un revival de Woodstock fait par des chiens hier soir. Ce matin, nous avons prévu de commencer l’éolienne, les élèves sont prêts au centre et il nous faut seulement trouver les matières premières. Après une brève explication, nous attendons Félix, le chauffeur du centre qui nous emmènera au marché. Après avoir hésité à effectuer le déplacement, nous nous décidons à voir comment se passent les achats au Cameroun.

Premièrement, nous devons ramener une femme d’affaire du centre chez elle, une traversée de la ville est obligatoire. Pas trop de trafic, toujours autant de motos, toujours autant de stand de vente de cartes Orange sur le bord des routes, toujours autant d’enfants marchant dans les ordures pour trouver un trésor se résumant à une vieille paire de chaussures…Cependant, nous passons dans un quartier où nous pouvons trouver de jolies demeures, la plupart sont des temples ou encore des particuliers mais celui qui a dominé sur le parcours est la banque de Garoua. Le chauffeur s’arrête pour prendre de l’essence. Le temps d’attendre, une mama passe près de la voiture et nous demande tout simplement de l’épouser… et oui, mais ça ne va pas être possible, déjà Tata est fiancé et Voodoo ne compte pas s’installer au Cameroun. On repart, on évite une biquette au milieu de la route.

Nous repassons dans les quartiers riches, pas très loin du stade de foot de Garoua qui a gagné hier soir les huitièmes de finale de la coupe du Cameroun contre Douala 2 buts à 0 (oui, le foot toujours).

Pour aller au marché, il faut naviguer dans les rues bondés de commerçants. Les magasins sont constitués de tôles et de piquets de bois mais apparemment on trouve notre bonheur, en effet, 2 profilés cornières longs de 6 mètres chacun arrivent au coin de la rue. Toujours autant d’enfants en train de mendier dans les rues mais qui ne s’acharnent pas à nous demander une pièce si on refuse. Des femmes, jeunes ou âgées se baladent entre les magasins avec des marchandises sur leur tête. On se demande encore comment cette affaire fait pour tenir. Une femme avec des feuillages et fruits sur la tête se promène dans un habit traditionnel avec un enfant drapé qui s’accroche dans son dos… la photographie parfaite… on préfère se retenir, le prix de l’appareil photo équivaut à 4 mois de salaire pour un commerçant de la ville. (50 € environ par personne dans le nord du Cameroun). Le commerçant ne possède pas tout, on repart vers un autre  marchand pour trouver les roulements. Pas besoin de se déplacer longtemps en voiture, juste 5 minutes et on se retrouve dans un magasin de pièces détachées pour auto. On ne prend pas les roulements choisis à la base, mais des similaires. Félix qui s’occupe des achats marchande vite fait mais une petite somme. Il ne nous manque plus que les tubes carrés (les fabricants de pompe-éolienne comprendront), on se déplace alors dans le marché noir. Toujours en 4x4. On passe devant plusieurs consulats ou autres maisons sous l’enseigne de la république du Cameroun. On arrive enfin dans le marché noir. On trouve facilement nos tubes carrés. On accroche tout ça dans la benne du 4x4 et on reprend la route pour le centre, pour ça, il faut traverser le marché noir… les routes ne sont pas goudronnées, le 4x4 est bienvenu, les magasins sont encerclés d’ordures en tout genre. Beaucoup d’enfants, beaucoup trop qui fouillent dans ces monticules de déchets. Les stands se succèdent, vente de médicaments, de cartes oranges, de vieilles lampes, de ventilateurs, des chèvres et des vaches se baladent au milieu. On traverse le quartier qui se trouve juste à coté, sûrement un raccourci pour aller au centre. C’est le quartier le plus pauvre de la ville. Pas un bruit dans la voiture, pas grand chose à dire, mais beaucoup de choses à faire ici…

Arrivé au centre, on commence à … attendre car les tonneaux pour faire l’éolienne ne sont pas arrivés. On profite quand même de l’heure pour découper les tubes et préparer le matériel.

Petit détour par le consulat, histoire de se faire connaître. Bonne idée selon la femme qui se trouvait là-bas. « Faites attention à vos papiers »….

On rentre manger chez nous. Même si on a perdu en finale, on se tape encore des raviolis puis on attend Félix qui vient nous chercher à 14h. Une demi-heure de retard plus tard, on repart pour le centre avec les tonneaux dans la voiture.

Concernant les matières (tubes, tonneaux, roulements…)ce n’est pas du tout pareil qu’en France. Tout se marchande ici, tout est récupéré et tout est revendu. Alors l’éolienne ne sera pas gratuite, à voir pour la suite du projet…

Au centre, on profite de l’habitude qu’ont les élèves pour manier la meuleuse pour couper les tonneaux. Le travail est pas très drôle et on le ressent. On les rassure en leur disant que pour la pompe c’est plus sympa…on verra en fonction du matériel.

Les élèves finissent à 15h30. On finit quand même le travail tous les deux comme des grands puis on attend Bernard qui vient nous chercher à 17h30. On attend à coté de maçons qui se racontent leur vie en langue que l’on ne comprend pas.

Bernard arrive et on emprunte une autre route pour rentrer. Le paysage est magnifique, des champs, des arbres, des maisons en terre rouge, des enfants qui ramènent le troupeau de vaches, d’autres qui s’occupent de leurs petits frères et sœurs et qui nous saluent quand on passe devant eux. La route est toujours très pitoyable mais on s’y est habitué. Des matchs de foot sont organisés sur des terrains de terre. Les buts sont fait de deux piquets et d’une corde pour le montant. A coté, toujours un stand de vente de cartes téléphones et toujours des salons de coiffure par ci par là.

Une halte au supermarché pour faire des achats, on se prive pas de frosties et on reste très européen dans nos achats. Il faut d’ailleurs être attentifs dans le supermarché, les mêmes articles ne portent pas le même prix…On passe à la boulangerie où le pain et les beignets sont vraiment pas chers. Pour dix francs, soit un euro cinquante, on a 5 beignets, un pain au chocolat et un pain de 200g. Ici, pas de queue, on passe à la caisse quand on veut. Après s’être fait avoir 3 ou 4 fois, on demande à passer, il faut juste s’infiltrer et pas avoir peur.

Une fois rentré, Kévin, le petit du centre vient nous saluer comme tous les jours. Du haut de ses 4 ans, il nous raconte toujours un petit truc de sa journée. On le laisse car on part pour le cyber café vous donner quelques nouvelles. On écarte les biquettes devant la porte et c’est parti. On n’a plus peur d’aller dans la rue. On traverse comme des gens du pays, sans regarder, oupla, non, on se fait klaxonner et on regarde pour traverser. 10 francs pour une heure, moins cher le week-end même. Bon esprit, et en plus, c’est juste à coté de chez nous. Mais la connexion est très lente, et l’ordi de Voodoo a planté 2 fois.

On rentre chez nous, pâtes et PES, puis on ira au lit, on prépare demain en se reposant… (Italie et foot, pfff, sans commentaire).

Ah oui au fait, niveau médicaments et anti-palu, cela se résume pour nous à la prise du Lariam le mercredi et à la présence de la moustiquaire au dessus du lit, histoire de pouvoir dormir presque nu… Pour le caca mou, on s’en fou, on bouffe de tout ! ! !

 

·         Vendredi 21 juillet

 

Réveil matinal à 7H15 heure locale et une fois n’est pas coutume, sous la pluie…

Ce matin voodoo bizarrement est le premier debout, c’est peut être parce qu’il a peur que je lui mange ses Frosties dont il a rêvé cette nuit. Alors que nous sommes prêt, un petit pari est lancé : « on pari que Felix (le chauffeur) arrive à la bourre »… Victoire ! ! ! Apres 45 minutes de retard la voiture arrive. Un petit détour pour prendre un client du centre à proximité du nouveau camp militaire et quelques minutes plus tard nous voilà arrivé. Nous sommes donc en retard mais ce n’est pas grave car comme le dit si bien le chauffeur (enfin bien, je me comprend car il aura fallu qu’il me répète trois fois la phrase pour que je la comprenne) « lorsqu’il pleut tout le pays reste au lit » ah ah ah qu’est ce qu’on se marre ! ! !

Début donc du travail aux alentours de 9H. Les élèves sont prêts, on continue alors le travail commencé la veille sur l’éolienne. Cette fois-ci, on fait presque tout pour montrer qu’on n’est pas venu que pour leur apprendre un truc. Mais le manque de matériel se fait sentir lorsque l’on commence à usiner du bois. Le tour ne marche pas aujourd’hui, pas de courant triphasé, les forets se font rares, les ponceuses sont inexistantes…Le centre est au courant de ce manque qui prend le dessus sur les grandes capacités de tout le monde.

Retour pour midi à la maison. On a le sentiment que le travail sur la pompe va être dur à être réalisé. Il n’y a aucune machine pour travailler le bois. On pense à créer un partenariat avec un atelier de menuiserie, on pense à demander à d’autres ateliers, d’autres centres de nous prêter main forte… si ils le peuvent bien sûr. Il faut d’abord en discuter avec Bernard. De retour au centre pour 13h, sans retard ! Ignace a fait 90% du travail entre midi et deux, il n’est pas parti manger et est resté usiner la pièce de bois pour l’éolienne. On pense finir le travail tôt mais la mise en place des roulements dans leur logement fissure le bois, il faut trouver une solution… Les élèves nous demandent quoi faire ? ? Avec un ciseau à bois, une lime et quelques forets, on ne va pas recommencer le travail d’une journée, on pense aux machines…

Fin de la journée au centre, une solution pour la fissure a été trouvée. On en profite pour rassurer les élèves quant au travail futur. Plus intéressant, moins de casse-tête , de courses à droite à gauche, on s’avance peut être un peu mais on espère.

Une fois rentrés, un bol de frosties et quelques parties de Mario Kart, ce soir c’est repos et demain, grasse mat’. Le chauffeur nous salue et nous dit « A Dimanche ». Pourquoi dimanche, on pense que c’est pour la messe, gagné…La religion est beaucoup présente ici. Certes, en France, on y va jamais mais on respecte ceux qui nous entourent et on fait avec. Sujet délicat pour nous. Pendant le journée, on entendait l’appel à la prière pour les musulmans.

En passant le portail pour rentrer chez nous, une mama nous fait un clin d’œil. Ils ont la côte les blancs ici.

Pour ce week-end, est ce qu’on va trouver une pompe pour gonfler notre ballon. Ah, des gens arrivent à coté, des nouveaux voisins, va falloir se retenir de pas crier en jouant à PES.

Pour ce qui est du repas, ce soir c’est notre repas des pauvres comme on le dit : un mélange de riz, maïs et miettes de thon ; bon appétit bien sur.

 

 

Puis maintenant qu’on a un portable ici, vous pouvez nous joindre au 00237 674 69 50 et le portable de Voodoo marche toujours pour les textos

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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 13:57

Le 21 juillet depuis Peycouck,

 

Mardi nous avons des nouvelles du bois, de bonnes nouvelles ; une fois de plus Sékou nous sauve la mise, grâce à un contact en Casamance, seulement deux jours après que F. Faye nous ait annoncé que ses solutions d‘approvisionnement tombaient à l’eau. La prochaine rencontre avec Sékou, devenu notre ange gardien officiel, sera l’occasion d’un premier déplacement dans les villages « pilotes », où nous installerons les deux premières pompes, et ce donc, juste après la fabrication au centre.

Nous allons récupérer deux troncs de 50cm de diamètre sur 3mètres ; c’est suffisant pour réaliser 3 pompes, une fois le bois de cœur écarté, pour respecter les contraintes de tenue mécanique. L’essence sera le Teck, un bois dur idéal pur les efforts mécaniques générés dans la pompe et qui de plus, admet très peu de déformations entre bois mouillé et bois sec (de l’ordre de 1 à 2 % seulement). La pompe étant réalisée habituellement en bois mouillé (bois fraîchement coupé), cette propriété pourra nous donner une certaine marge sur le transport et le conditionnement des pièces, et pourrait donner lieu à une étude de recherche et développement pour l’équipe camerounaise de la mission 2006. Le tout devrait être acheminé par bateau jusqu’à Dakar pour mercredi prochain, la formation commençant le jeudi ; les délais sont sérés sur ce coup mais nous devrions pouvoir commencer à temps !

 

Le soir nous sommes invités à prendre le thé (dites attaï en Wolof) chez une jeune fille du village prénommée Khadi ; malgré son jeune âge (15 ans), elle fait partie de nos contacts les plus avenants. Elle nous installe dans la chambre de son frère aîné dont nous faisons la connaissance. A la lueur d’une modeste lampe à huile, nous discutons tandis que d’autres garçons du village nous rejoignent. Comme à leur habitude, les jeunes sénégalais commencent par nous taquiner ; ce petit jeu de culture nationale auquel nous ne sommes pas habitués nous met mal à l’aise, et nous parlons finalement peu. Mais en peu de temps, les sénégalais savent revenir des plaisanteries liminaires et se montrent généralement très bavards et très curieux. Bien que la chaleur à l’intérieur de cette chambre exiguë devienne étouffante, l’intérêt des échanges qu’il s’y tient nous fait rester jusqu’à une heure tardive. Nous y faisons la connaissance de jeunes travailleurs (mécanicien, menuisier ébéniste, chauffeur…) qui évoluent en tant qu’apprentis, non rémunérés ; travailler leur permet de prétendre à la nourriture et au logement familial, en attendant de pouvoir lancer leur propre affaire. Un seul d’entre eux prolonge ses études ; il a 21 ans, récemment sorti de l’école coranique, il redouble sa 4ème et aspire à une carrière de médecin dans l’armée. Leur vie active est dure, certains travaillent à Dakar en semaine, n’en reviennent que le week-end pour passer des nuits à bavarder et dormir à cinq sur deux matelas. L’un d’entre eux nous raconte sa tentative avortée de passage en Espagne. Embarqués sur une pirogue, lui et cinq autres jeunes étaient partis de Dakar et avaient réussi à rejoindre la côte espagnole. Rapidement repris par la police locale, ils ont été reconduits sur le territoire sénégalais. D’autres fois certains gamins ne terminent pas le dangereux voyage.

La vie est rude au Sénégal, ils ne manquent pas de le souligner ; de nombreux jeunes rêvent aujourd’hui de l’Europe…

Il nous parlent inévitablement de football…les sénégalais en sont fous.

 

Mercredi…

 

Nous profitons de nos derniers jours de libre avant les débuts de la formation pour nous rendre à Saint Louis, située sur une île du Nord du pays, embrassée par le fleuve Sénégal, juste à la frontière de la Mauritanie.

Départ tôt le matin pour faire les 300km qui nous séparent de l’ancienne capitale de l’Afrique française. Chekh nous accompagne toujours, nous finissons notre courte nuit dans la voiture. Sur la route, les paysages se succèdent, de la forêt de baobabs à la savane sèche et aride. Nous traversons de nombreux villages. Damien prend le volant pour la fin du voyage. Cela ne durera pas puisque nous sommes arrêtés au premier poste de police. Nous donnons les papiers de la voiture et le permis de Damien, ou plutôt la photocopie du fax du permis scanné de Damien… Cela n’est pas du goût de l’agent qui nous contrôle et qui dénonce l’infraction qui n’en était pas une. Il prend les papiers comme cela se fait ici, et s’en va contrôler d’autres véhicules. Nous attendons, Chekh le suit pour essayer de négocier…Un quart d’heure s’écoule et notre ami revient le sourire aux lèvres. « Il faut toujours faire du bien autour de soi » précise-t-il. Il se trouve qu’il y a quelques années, notre guide avait réglé un différent entre un ami à lui et notre policier, lui évitant de graves ennuis. Ce dernier s’en est souvenu et a bien voulu passer l’éponge. Le hasard fait bien les choses, et nous évite une amande de 18000 Fr CFA (30 euros) !… Nous poursuivons notre route et arrivons à St Louis. Cette ville a des airs de Venise à première vue, de belles mais anciennes maisons coloniales bordent les rivages du fleuve. Nous traversons ce dernier et après avoir demandé notre chemin quelques fois, nous arrivons dans une auberge : «  la Louisiane  ». Le patron, un petit nigérien jovial, nous accueille et nous montre les chambres qui se révèlent être dignes d’un bon hôtel français (toilettes, douches et ventilo dans la chambre !). La terrasse est magnifique, elle donne directement sur le fleuve Sénégal et on peut voir en face les pirogues des pêcheurs. Nous nous installons et partons visiter la ville.

         Nous sentons que nous sommes dans un site touristique, les marchands nous abordent à tous les coins de rues, les gosses nous réclament de l’argent, les prix sont plus élevés et la ville est bien entretenue. Les maisons arborent des balcons stylisés et cachent de superbes escaliers et cours intérieures. On imagine bien la ville au temps des colonies… Nous traversons un autre pont et arrivons sur le quartier de la langue de barbarie, celui des pêcheurs et des belles pirogues colorées. Les maisons sont plus « traditionnelles », les rues moins entretenues, les odeurs de poissons plus fortes, nous arrivons sur la plage où les pêcheurs s’activent et les enfants jouent au foot ou se baignent dans de gros rouleaux. Le spectacle est saisissant. C’est aussi de cette plage que partent dans de grandes pirogues des sénégalais en quête d’une vie meilleure, vers l’Espagne et l’Occident. Certains y parviendront, d’autres reviendront, d’autres encore effectueront leur dernier voyage…

L’après midi se poursuit, nous faisons quelques achats, mangeons et allons nous coucher.

 

Nous avions décidé de nous lever tôt ce matin. En visitant la réserve de Guembel et le Parc national de la langue de Barbarie, nous serions de retour à Peycouck le soir même ; nous profitons de ces bons moments mais le travail nous attend au village.

Nous avons la chance de prendre le petit déjeuner en terrasse au bord du fleuve Sénégal. L’endroit est apaisant, nous entamons une belle journée au rythme de l’eau et entendons au loin les pêcheurs chanter comme pour se donner du courage.

La réserve de Guembel se situe à quelques kilomètres au sud de Saint Louis, sur la route de Dakar. Un guide nous emmène à pied à travers une étendue d’acacias et de figuiers de barbarie. Nous y rencontrons des gazelles et des onyx que nous pouvons approcher, des habitués aux passages des visiteurs, nous assistons au repas des tortues terrestres dont la doyenne frise les 105 ans, et nous évitons les attaques des mouettes protégeant leur nid. Seuls les phacochères nous échapperont ; le guide nous avoue qu’ils n’apparaissent que rarement. Les singes sont les derniers à se montrer, occupés à s’étirer dans les arbres.

Avant de partir, nous demandons un peu de l’eau que boivent les tortues ; il paraît que les gens d’ici s’en servent pour soigner l’asthme, et nous connaissons un enfant du village qui en souffre…

Le parc de la langue de barbarie, beaucoup plus touristique, propose des ballades en pirogue dans une réserve d’oiseaux migrateurs, coincé entre l’embouchure artificielle du Sénégal et l’océan atlantique. Les cormorans, les flamands, les hérons et autres martins pêcheurs s’y retrouvent en cette saison.

Pour terminer cette journée de détente, nous faisons un crochet sur le chemin du retour pour s’arrêter à MBoro sur mer. Près de la côte, la végétation est tout autre que dans la région de Thiès : ici on voit de légers reliefs pleins de verdure, parfois même d’étroites rizières. Sur la plage, le sable est agréable et les panneaux improvisés préviennent les baigneurs des dangers de l’océan ; en effet la mer est agitée, les courants puissants…nous prenons la précaution de ne pas trop nous éloigner, mais profitons tout de même de cette baignade tant attendue.

Nous sommes de retour à Thiès vers 8 heures, nous dînons en ville.

 

 

A suivre…

 

 

Par en quête du monde - Publié dans : nouveautés sénégal
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Mardi 18 juillet 2006 2 18 /07 /2006 13:53

Le 16 juillet, depuis Peycouck.

 

L’équipe sénégalaise d’EQDM se porte à merveille. Nous respectons les précautions d’hygiènes recommandées par nos médecins et autres contacts français ; nous buvons notre eau pastillée prévue pour ménager nos estomacs de touristes, mais nous goûtons à tous les plats locaux, très bons, bien qu’épicés. Le tout à la sénégalaise, c'est-à-dire autour d’un plat unique dans lequel tout le monde pioche.

Le deuxième jour, c’est décidé, nous achetons deux ventilateurs qui nous aideront à mieux supporter les nuits africaines. Pour cela nous nous rendons dans le centre ville de Thiès, où se trouvent tous les commerces. Le cadre est toujours un peu déroutant ; les déchets dans les rues, les odeurs de poissons séchés sur les étalages hasardeux, les charrettes attelées aux chevaux, les regards intrigués qu’on lance aux « Toubabs » (comme nous appellent les enfants dans la rue, les « blancs », en venant nous serrer la main). A cette occasion, nous commençons à prospecter pour le matériel nécessaire à la fabrication des pompes éoliennes, bois mis à part (PVC, tubes métalliques, roulements…), tout est disponible sur Thies (excepté les clapets et le bois)…nous nous préparons à négocier les prix.

Nous gardons à l’esprit la rencontre de dimanche avec les responsables du centre de formation, qui sera sûrement décisive pour le bon déroulement du projet ; nous la préparons sérieusement avec l’équipe en se répartissant les rôles et en peaufinant notre power point. Le planning sera séré une fois la fabrication lancée !

Nous rencontrons le directeur de l’école primaire de Peycouck. Il nous offre des sièges dans la cour de son établissement, grouillant de monde ce jour là à l’occasion d’une journée de recensement de la population. L’école sénégalaise, largement inspirée du système scolaire français, est à l’évidence au cœur de la vie des villages. A l’ombre d’un grand arbre, il nous parle de son travail et de son parcours : très intéressant. Mais comme nous l’avions imaginé, sur place on manque de matériel, surtout à l’heure des ordinateurs et d‘internet. Quand o pense que notre école jette ses vieux ordinateurs et entreposent dans un hangar ses vieilles machines… Nous répartirons plus tard les dons venus de France (stylos, crayons, ballons, médicaments,…) dans les différents villages.

 

Le samedi, nous décidons de profiter des derniers moments libres de notre séjour pour visiter les alentours, toujours conduits par Check qui nous est décidément d’une aide précieuse ; il répond aux multiples questions que nous nous posons sur la culture sénégalaise, sur les prix conventionnels du marché, et joue les interprètes ; car même si le français est enseigné dès l’école primaire, peu d’habitants le parlent fréquemment, au profit du dialecte Wolof, devenu langue officielle au Sénégal.

Notre première destination, le Lac rose, est à 1heure30 de route de Peycouck. L’attraction principale de ce lieu très touristique est un lac aux reflets roses (dus vraisemblablement aux algues sur les fonds) dont le taux de salinité élevé, qui rappelle celui de la Mer Morte, permet aux baigneurs de flotter sans trop d’efforts ! Bien sûr, les vendeurs de souvenir ne sont jamais très loin, il est encore difficile de dépasser notre condition de touriste et d’ainsi leur tirer de bons prix.

 

Le dimanche, c’est le jour du fameux rendez-vous. Nous prenons un moment pour passer dans l’un des nombreux cybercafés de Thiès, Internet restant le moyen le plus rapide et le plus économique de diffuser nos photos et de donner des nouvelles. (Seulement 200 Francs CFA = 2 Francs = 30 centimes d’euros pour 1 Heure de connexion !).

Vers 4 heures nous arrivons au centre Don Bosco dans Thiès où nous sommes chaleureusement accueillis par le Père Grégoire, directeur du centre de formation, et Mr François Faye qui fait partie de l’équipe de 4 professeurs que nous aurons à former sur la fabrication de la pompe Valdès. L’entretien se passe bien ; nous avons là des partenaires motivés et des ateliers bien équipés pour travailler dans les meilleures conditions. Cependant le centre est en période d’examen ; nous ne pourrons commencer notre formation et lancer la fabrication qu’à partir du 27 juillet d’après le Père Grégoire. Nous nous occuperons d’acheter le matériel d’ici-là… en réglant la question du bois dont l’approvisionnement est pour l’instant incertain…François Faye doit nous contacter lundi soir pour nous donner la réponse de son contact à Tambacounda.

Le dimanche soir après un nouveau repas délicieux au campement, intrigués par les chants religieux qui résonnent dans tout le village, nous partons en ballade, guidés seulement par la sono. La piste nous conduit dans une propriété où une assemblée d’hommes, de femmes, d’enfants, alterne danses religieuses au rythme endiablé des djambés, et récits de la vie de village par les chefs de quartiers. Au cours des discussions, les anciens manifesteront leur joie de nous avoir parmi eux. L’expérience sera marquante…

En entrant nous profitons une fois encore du ciel étoilé qui manque à nos grandes villes.

 

Lundi nous partons pour la petite côte où nous visitons l’île aux coquillages. Une île entièrement faite de coquillages, entourée d’une mangrove formée par des palétuviers, à 90 pour cent catholique, dont est originaire le premier président du Sénégal L. S. Senghor. La vie des habitants est au rythme des marées.

Petite inquiétude à l’arrivée sur l’île, nous sommes à 20 kms du village où nous installerons les pompes éoliennes et il n’y a pas un brin de vent…heureusement, il se lève peu de temps après et soufflera tout au long de la journée.

Le déjeuner tardif se fait dans un restaurant de routiers. Oubliez les images classiques que vous auriez en tête ; ici on vous sert dans une baraque de fortune en tôle où s’entassent une dizaine de personnes pour manger un plat unique, généralement riz et poisson, pour une somme modique de 500 F CFA, soit 5 francs français.

Sur la route du retour, un policier nous arrête et demande un bakchich pour pouvoir se payer un coup à boire, la corruption est bien présente dans le pays.

Nous sommes sur l’une des routes principales du Sénégal mais cela ne nous empêche pas d’être ralentis par des troupeaux de vaches aux longues cornes ou de chèvres.

La soirée se termine sur une discussion à propos des perspectives de fabrication de la pompe avec un outillage et une qualification minimum car nous disposons d’un tour et de deux perceuses.

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