Retour temporaire à Thiès
- Sénégal - Retour temporaire à Thiès – du 25 au 29 Août -
Le vendredi après-midi nous quittons MBalling tous les cinq, avec Cheick, et promettons à Baba de revenir dans quelques jours, sûrement mardi.
Un rapide coup de téléphone pour prévenir Selly de notre retour à l’auberge de Peycouck, et nous sommes en route. Tout s’est finalement décidé très vite et il en sera désormais de même avec toutes les décisions, puisqu’il ne nous reste que deux semaines pour finaliser notre projet.
Nous retrouvons avec joie une chambre astiquée et parfumée : un confort oublié ces derniers jours. Nous apprécierons évidemment la douche après les journées de fabrication qui nous attendent.
Nous retrouvons avec grand plaisir les gens de Peycouck dont nous avons si peu parlé au travers de ces lettres, et qui nous manquerons décidément beaucoup à notre retour en France…
Selly et El Hadj bien sûr qui se sont occupé de nous, qui nous ont aidé le projet à leur manière. Leur petit neveu de deux ans nommé lui aussi Cheick, et sa mère, venus de Dakar pour ces deux mois d’été. Notre jeune philosophe Moustafa et tant d’autres personnes avec qui nous avons partagé ces moments de travail et de détente…
Nous prévoyons d’occuper les ateliers pendant trois jours durant lesquels il faudra fabriquer la fameuse éolienne normalisée et les pistons de diamètre quatre-vingt millimètres pour la pompe de Sowane. Dès demain il va falloir commencer tôt. Pour ce soir en tout cas, il est tard lorsque nous terminons de nous installer. Trop tard même pour faire des achats de matériel…car nous prévoyons de faire encore des modifications sur la tuyauterie…
A partir du samedi matin nous n’arrêterons plus ; quatre jours de fabrication acharnée, au lieu des trois prévus, seront nécessaires pour atteindre nos objectifs, même si le courant nous est favorable.
Les journées sont longues et les nuits rendues difficiles par la chaleur nous semblent souvent trop courtes. Partis le matin à sept heures, nous ne terminons qu’à la nuit tombée, vers huit heures et demie ; après le repas du soir nous veillons rarement…
Le week-end, le père Grégoire nous ouvre les ateliers qui restent habituellement vides. Le dimanche matin nous essayons de ne pas trop taper sur les bidons d’huile, pour ne pas déranger la messe que notre ami donne à quelques dizaines de mètres de là.
Les deux jours suivants, nous recevons la visite de nos élèves venus mettre un peu d’ordre dans les ateliers. François et Emma nous aiderons même à terminer nos soudures et les pièces en bois dont la découpe en menuiserie est souvent sportive, car les machines ici ont bien vieilli.
Même si nous ne l’avions pas prévu dans la formation, la construction d’une nouvelle éolienne devrait être pour eux une expérience utile à la suite du projet : si la solution s’avère durable, d’autres seront sûrement commandées avec les pompes.
Nous terminons l’éolienne seuls, le mardi après-midi. Le montage est plus difficile que pour les précédents modèles, et nous aurons même des petites frayeurs en essayant de l’élever dans la cour. La structure culmine à quatre mètres cinquante de hauteur et même si nous parvenons à la monter tous les quatre, nous sommes obligés pour la recoucher d’appeler au secours quelques jeunes en plein entraînement de basket, non loin de là.
Nous sommes optimistes concernant ce système : même s’il subsiste un problème d’équilibrage des pales qui l’empêche de démarrer sous des vents faibles, l’éolienne agrandie délivre un couple en sortie qui devrait permettre aux plus gros pistons, qui supportent une pression plus élevée lors du refoulement de l’eau, de fonctionner même par un vent moyen. Mais désormais le temps nous manque ; demain nous devons repartir installer la seconde pompe à Sowane et il nous faudra un certain temps pour réaliser tous les essais à MBailling, en comptant les jours de vent faible. Enfin ces journées de fabrication commencent à nous fatiguer…Le pick-up du père Grégoire est libre demain : nous décidons de partir avec l’éolienne qu’il faudra améliorer sur place.