le 16/07
Le 16 juillet, depuis Peycouck.
L’équipe sénégalaise d’EQDM se porte à merveille. Nous respectons les précautions d’hygiènes recommandées par nos médecins et autres contacts français ; nous buvons notre eau pastillée prévue pour ménager nos estomacs de touristes, mais nous goûtons à tous les plats locaux, très bons, bien qu’épicés. Le tout à la sénégalaise, c'est-à-dire autour d’un plat unique dans lequel tout le monde pioche.
Le deuxième jour, c’est décidé, nous achetons deux ventilateurs qui nous aideront à mieux supporter les nuits africaines. Pour cela nous nous rendons dans le centre ville de Thiès, où se trouvent tous les commerces. Le cadre est toujours un peu déroutant ; les déchets dans les rues, les odeurs de poissons séchés sur les étalages hasardeux, les charrettes attelées aux chevaux, les regards intrigués qu’on lance aux « Toubabs » (comme nous appellent les enfants dans la rue, les « blancs », en venant nous serrer la main). A cette occasion, nous commençons à prospecter pour le matériel nécessaire à la fabrication des pompes éoliennes, bois mis à part (PVC, tubes métalliques, roulements…), tout est disponible sur Thies (excepté les clapets et le bois)…nous nous préparons à négocier les prix.
Nous gardons à l’esprit la rencontre de dimanche avec les responsables du centre de formation, qui sera sûrement décisive pour le bon déroulement du projet ; nous la préparons sérieusement avec l’équipe en se répartissant les rôles et en peaufinant notre power point. Le planning sera séré une fois la fabrication lancée !
Nous rencontrons le directeur de l’école primaire de Peycouck. Il nous offre des sièges dans la cour de son établissement, grouillant de monde ce jour là à l’occasion d’une journée de recensement de la population. L’école sénégalaise, largement inspirée du système scolaire français, est à l’évidence au cœur de la vie des villages. A l’ombre d’un grand arbre, il nous parle de son travail et de son parcours : très intéressant. Mais comme nous l’avions imaginé, sur place on manque de matériel, surtout à l’heure des ordinateurs et d‘internet. Quand o pense que notre école jette ses vieux ordinateurs et entreposent dans un hangar ses vieilles machines… Nous répartirons plus tard les dons venus de France (stylos, crayons, ballons, médicaments,…) dans les différents villages.
Le samedi, nous décidons de profiter des derniers moments libres de notre séjour pour visiter les alentours, toujours conduits par Check qui nous est décidément d’une aide précieuse ; il répond aux multiples questions que nous nous posons sur la culture sénégalaise, sur les prix conventionnels du marché, et joue les interprètes ; car même si le français est enseigné dès l’école primaire, peu d’habitants le parlent fréquemment, au profit du dialecte Wolof, devenu langue officielle au Sénégal.
Notre première destination, le Lac rose, est à 1heure30 de route de Peycouck. L’attraction principale de ce lieu très touristique est un lac aux reflets roses (dus vraisemblablement aux algues sur les fonds) dont le taux de salinité élevé, qui rappelle celui de la Mer Morte, permet aux baigneurs de flotter sans trop d’efforts ! Bien sûr, les vendeurs de souvenir ne sont jamais très loin, il est encore difficile de dépasser notre condition de touriste et d’ainsi leur tirer de bons prix.
Le dimanche, c’est le jour du fameux rendez-vous. Nous prenons un moment pour passer dans l’un des nombreux cybercafés de Thiès, Internet restant le moyen le plus rapide et le plus économique de diffuser nos photos et de donner des nouvelles. (Seulement 200 Francs CFA = 2 Francs = 30 centimes d’euros pour 1 Heure de connexion !).
Vers 4 heures nous arrivons au centre Don Bosco dans Thiès où nous sommes chaleureusement accueillis par le Père Grégoire, directeur du centre de formation, et Mr François Faye qui fait partie de l’équipe de 4 professeurs que nous aurons à former sur la fabrication de la pompe Valdès. L’entretien se passe bien ; nous avons là des partenaires motivés et des ateliers bien équipés pour travailler dans les meilleures conditions. Cependant le centre est en période d’examen ; nous ne pourrons commencer notre formation et lancer la fabrication qu’à partir du 27 juillet d’après le Père Grégoire. Nous nous occuperons d’acheter le matériel d’ici-là… en réglant la question du bois dont l’approvisionnement est pour l’instant incertain…François Faye doit nous contacter lundi soir pour nous donner la réponse de son contact à Tambacounda.
Le dimanche soir après un nouveau repas délicieux au campement, intrigués par les chants religieux qui résonnent dans tout le village, nous partons en ballade, guidés seulement par la sono. La piste nous conduit dans une propriété où une assemblée d’hommes, de femmes, d’enfants, alterne danses religieuses au rythme endiablé des djambés, et récits de la vie de village par les chefs de quartiers. Au cours des discussions, les anciens manifesteront leur joie de nous avoir parmi eux. L’expérience sera marquante…
En entrant nous profitons une fois encore du ciel étoilé qui manque à nos grandes villes.
Lundi nous partons pour la petite côte où nous visitons l’île aux coquillages. Une île entièrement faite de coquillages, entourée d’une mangrove formée par des palétuviers, à 90 pour cent catholique, dont est originaire le premier président du Sénégal L. S. Senghor. La vie des habitants est au rythme des marées.
Petite inquiétude à l’arrivée sur l’île, nous sommes à 20 kms du village où nous installerons les pompes éoliennes et il n’y a pas un brin de vent…heureusement, il se lève peu de temps après et soufflera tout au long de la journée.
Le déjeuner tardif se fait dans un restaurant de routiers. Oubliez les images classiques que vous auriez en tête ; ici on vous sert dans une baraque de fortune en tôle où s’entassent une dizaine de personnes pour manger un plat unique, généralement riz et poisson, pour une somme modique de 500 F CFA, soit 5 francs français.
Sur la route du retour, un policier nous arrête et demande un bakchich pour pouvoir se payer un coup à boire, la corruption est bien présente dans le pays.
Nous sommes sur l’une des routes principales du Sénégal mais cela ne nous empêche pas d’être ralentis par des troupeaux de vaches aux longues cornes ou de chèvres.
La soirée se termine sur une discussion à propos des perspectives de fabrication de la pompe avec un outillage et une qualification minimum car nous disposons d’un tour et de deux perceuses.