24-25-26 juillet
24, 25 et 26 juillet 2006
Impatient de commencer à fabriquer, à seulement deux jours du début de la formation, nous décidons de préparer les bidons. Deux sur les six achetés seront préparés à la fabrication de l’éolienne, le reste nous le destinons au trempage du bois. Notre ami Cheick, qui dirige une poignée d’apprentis dans son atelier, nous propose de leur sous traiter la coupe. En France, les fûts d’huile avaient été taillés à la disqueuse. Ici nous ne disposons pas d’appareils de ce type, la méthode est plus élémentaire : un marteau et un burin feront l’affaire, les jeunes sur place y sont habitués. Nous les observons pour pouvoir réaliser l’opération plus tard, durant la formation ; dans l’idée nous conservons quelques bidons entiers.
Les fûts destinés à l’éolienne sont coupés dans la hauteur pour former deux demi cuves qui en réaliseront les pales. Ceux qui serviront à tremper le bois sont seulement découverts dans la partie supérieure. Quelques-uns de ces bidons nécessiteront quelques coups de masse pour les redresser, car ils semblent avoir effectué pas mal de trajets…
C’est notre première phase pratique sur place et dans le village. Les plus jeunes s’étonnent de voir les Toubabs se livrer à des tâches manuelles. Nous sentons l’imagerie populaire persister, concernant l’Europe et ses habitants, chez les jeunes comme chez les adultes en fait ; il y a deux jours, nous apprenions à Cheick, attristé, que de nombreuses personnes en France étaient sans domicile… Pour lui les problèmes ce cet ordre étaient résolus depuis longtemps au niveau des grandes nations, puisque nous avons les moyens qui font tant défaut à son pays.
Le lendemain nous poursuivons notre travail sur les bidons, à l’ombre des arbres bien sûr, pour éviter le soleil qui tape si fort en cette saison, juste avant l’arrivée des nuages et de la pluie. Après les avoir décapés, nous passons la couche d’antirouille qui les préservera d’éventuels dommages, une fois remplis de bois et surtout d’eau…
L’après-midi nous restons disponibles, attendant le coup de téléphone de Sékou. Il doit avoir réceptionné les quatre troncs humides au port de Dakar, ce matin, et s’apprête à effectuer deux allers retour dans les embouteillages de la capitale pour nous les apporter à l’arrière de son pick-up Toyota de
Mercredi c’est le dernier jour avant le début de la formation, nous effectuons nos derniers achats, de la tuyauterie pour l’essentiel, et vers midi nous sommes de retour chez le menuisier, comme convenu, pour s’assurer que les planches correspondent aux côtes demandées, avant qu’il ne coupe tout. Deux des quatre troncs ont été débités en planches, pratiquement sans nœuds ni défauts apparents ; nous y voyons déjà de superbes pompes, une pièce ici, une autre là, l’envie de fabriquer exaltée par l’odeur qu’il s’en dégage. Fier d’avoir accompli ce défi personnel, le menuisier nous expose sa méthode, qui inclue une toute nouvelle lame au diamètre impressionnant, pouvant seul rivaliser avec celui de nos troncs, et pour laquelle il a creusé la machine qui la supporte désormais. Mais cette lame a coûté cher, amène-t-il bientôt, et il faut pourvoir l’amortir…. De plus le travail était fatiguant, et a même causé, paraît-il, quelques blessures. Finalement nous voyons quasiment doubler le prix de l’affaire. L’opération n’est pas très honnête, et nous ne gagnons rien à discuter avec un de ses amis qui nous sert des théories indigestes sur les clivages blanc/noir… Nous sommes agacés par ce bonhomme qui n’a en plus rien à voir avec le travail effectué ; un simple amuseur qui joue les érudits, un griot comme on les appelle ici.
Le menuisier ne cèdera pas sur son prix :