27-28-29-30juillet

Publié le par en quête du monde

27, 28, 29 et 30 juillet

 

Ca y est, nous commençons enfin la formation au centre Don Bosco. Nos élèves sont au nombre de six, Cheikh, deux professeurs de mécanique : François Faye et Etienne, un professeur et un élève de menuiserie : Emmanuel et Jacques et un professeur d’électricité : Michel. Nous nous retrouvons à 8 heures pour un cours théorique d’une heure et demie où Damien joue très bien son rôle de professeur en présentant notre association, notre projet et nos objectifs. Il enchaîne ensuite sur la fabrication de la pompe, de l’éolienne et de la transmission. Quelques questions sont posées, des précisions données, nos élèves ont l’air intéressés et nous en sommes d’autant plus motivés.  Nous enchaînons ensuite directement sur la répartition des deux équipes qui fabriqueront chacune un système complet, Anaïs et Philippe débuteront par la fabrication de l’éolienne avec Cheikh, Etienne et Jacques tandis que Damien et Julien commenceront par la pompe avec le reste des élèves. Les deux équipes se répartissent dans l’atelier, les tours seront utilisés pour la pompe, pour l’éolienne ce seront les postes de soudure et de perçage. Nous nous mettons au travail en essayant de laisser faire au maximum nos élèves. La situation est assez étrange, nous sommes en train de former des hommes jusqu’à 20 ans plus vieux que nous, cela peut avoir de quoi nous déstabiliser mais nous trouvons rapidement l’équilibre et l’ambiance est assez bonne.

La matinée et le début de l’après-midi passent sans s’en rendre compte, nous avançons bien et sommes confiants quant au reste de la formation. Bref, nous nous quittons vers 15heures avec un esprit plutôt optimiste. Quelques courses sont réalisées et nous voilà de retour sous le manguier pour un « débrieffing ». L’avancement est bon, les élèves semblent comprendre le principe de fonctionnement, nous sommes plutôt confiants. Quelques enfants de Peycouck nous rejoignent et nous entreprenons d’en former un, Massamba, aux joies de l’informatique.  Cheikh nous rend visite également pour nous inviter à une cérémonie pour le mariage de sa nièce. Le mari est absent, cela nous emble étrange mais nous finissons pas comprendre qu’il s’agit en quelque sorte de son enterrement de vie de jeune fille. Ses amies sont toutes réunies sur des tapis dans la cour de la maison et chantent des poèmes écrits par leur guide spirituel. C’est très beau, très festif. Des enfants, des adultes, dansent autour des femmes assises qui chantent. Les heures passent et la nuit tombe doucement. Nous rentrons ensuite, mangeons et nous nous couchons tôt afin d’être en forme pour le lendemain…

         8hr, nous nous retrouvons et nous mettons directement au travail. Hélas, 2hr plus tard tout s’éteint : coupure d’électricité. Il fallait s’y attendre, la société qui s’en occupe ne peut pas desservir tout le réseau et doit donc alterner la distribution entre les quartiers, cette situation dure depuis 1992 (On nous a quand même fait remarquer que ces pannes ont été évitées pendant toute la durée de la Coupe du Monde)… Nous attendons une heure puis deux, en essayant de ne pas perdre trop de temps. La structure de l’éolienne a été redéfinie, il faudra d’ailleurs revoir tout le livret de fabrication, des explications sont données concernant l‘excentrique. Finalement, nous décidons de revenir plus tard dans l’après-midi si toutefois l’électricité veut bien être de la partie. Nous nous occupons, patientons et espérons. Finalement, Philippe-Antoine et Anaïs partent à Thiès à la recherche de trois bidons vides pour fabriquer les pales de la prochaine éolienne. François nous appelle vers 16hr, le courant est revenu. Nous retournons au centre et continuons nos différentes taches jusqu’à 19hr, la journée n’a pas été perdue. Nous sommes désormais plus réservés quant à l‘avancement de la fabrication mais restons confiants pour le respect des délais.

 C’est déjà le week-end, nous décidons de faire du tourisme et de partir à Touba, la ville sainte des Mourides,  toute la journée du samedi. C’est une ville franche dirigée par un Khalife qui n’est autre que le descendant du guide spirituel Cheikh Ahamadou Mamba ou Selim Touba (le marabout de Touba). C’est ici qu’a lieu chaque année le Grand Magal, 3 millions de Mourides venus du monde entier se retrouvent pendant une semaine pour fêter le retour d’exil de leur grand marabout. Nous visitons la grande mosquée, la plus grande de toute l’Afrique noire, avec ses cinq minarets dont un dépasse les 85 mètres de haut, ses murs en marbre de Carrare, ses portes en bois de Teck (et ses hauts parleurs qu’on entend à plus de 3km),  et qui est en perpétuelle construction grâce à l’argent de ses fidèles. Anaïs doit porter le voile et la djellaba et nous devons tous nous déchausser. Un guide nous fait faire le tour et nous explique les origines de cette confrérie musulmane et de son guide spirituel. Nous allons ensuite manger puis nous partons visiter les locaux d’une association de mourides qui vit en autarcie en se servant des talents de chacun et surtout des donations du monde entier. A l’instar des jésuites, ces mourides s’occupent de répandre la bonne parole de leur guide spirituel à travers le monde, nos deux interlocuteurs essayent d’ailleurs un peu de nous convertir. Nous rentrons ensuite à Peycouck et allons prendre le thé chez Moustafa, le jeune bachelier, où nous discutons de différents sujets de société jusqu’à tard dans la nuit.

Dimanche, nous partons à 8hr pour Sowane, un des deux villages dans lequel nous devons installer une pompe. Nous sommes heureux de pouvoir enfin associer une réalité à ce nom que l’on entend depuis le début de notre stage. Nous sommes accueillis par Seikou, en mission dans le village et toujours aussi souriant, qui nous présente le chef du village ainsi que le président du comité villageois de développement. Ce comité a été mis en place par la DAHW afin de mieux cibler ses actions en ayant un seul et unique interlocuteur pour chaque aspect de la vie du village : l’agriculture, l’éducation, l’élevage, l’environnement,… . Ce représentant est nommé par les villageois et est membre du comité qui se réunit chaque mois. Une organisation qui semble bien rodée. Nous faisons une petite visite du village : son école maternelle en construction, son centre de formation pour couturier et teinturier, ses cultures et surtout ses puits. Nous sommes rejoints par Adrien Sarr, un jeune étudiant en géographie à qui Xavier Durand (le président de l’association Asaal) avait remis un anémomètre lors de son dernier passage. Il a ainsi pu prendre de nombreuses mesures de vent qui nous seront fort utiles  pour déterminer le diamètre de piston de la pompe que nous allons fabriquer. Nous sommes inquiets car il n’y a pas un souffle de vent durant toute la matinée, des villageois nous rassurent, c’est normal pour la saison, le vent revient durant la période de sécheresse, c'est-à-dire d’octobre à mai, lorsque les pompes sont nécessaires.  Nous visitons les vergers et découvrons enfin le puit qui devra accueillir notre pompe. Il est légèrement surélevé par rapport aux cultures, peu profond, des conditions optimales pour un bon fonctionnement...Maintenant c’est à nous de jouer et de fabriquer un système qui réponde aux attentes des habitants !

 

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Publié dans nouveautés sénégal

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