Cameroun, ça avance
Cameroun, ça avance
Voici une newsletter du Cameroun. Cette fois-ci, on ne vous envoie pas des nouvelles de nous avec précision (cf. le dernier journal de la semaine) mais des infos sur l’avancée du projet. En effet, nous avons pu commencer la semaine dernière à usiner des pièces de la pompe.
L’éolienne est déjà finie, elle tourne bien toute seule lorsqu’il y a du vent. Elle ressemble à celle faite à Cluny. Contrairement à la France , tout s’achète au Cameroun. Nous avons du acheter toutes les pièces de l’éolienne (bidons, roulements, …) et le prix de la pompe-éolienne augmentait à vu d’œil. Il faudra donc s’habituer au marché local et faire en conséquence.
La phase qui consistait à repérer les différents lieux où il est possible de trouver les matériaux nécessaires à la fabrication du système pompe éolienne est finie et les machines nécessaires ont été repérées, réparées où encore achetées.
Dans un premier temps, nous allons fabriquer une pompe en bois sec afin de bien expliquer les différentes étapes aux élèves et professeurs qui nous suivent. Le plus difficile étant passé, il s’agissait de mettre l’atelier en route et de trouver les outils nécessaires.
Pour la pompe nous venons de finir l’arbre à excentrique ainsi que les rouleaux. De nombreux problèmes liés au matériel font que nous n’avançons pas aussi vite que nous le voudrions. Le débit des planches nécessaire à la fabrication de différentes pièces est fait et le bois que nous avons collé, qui servira pour le coulisseau, les paliers et les pistons, est en train de sécher. Il ne reste donc plus qu’à usiner…
Les livrets de fabrication, de montage sont utiles et aident bien pour expliquer. La pompe pédagogique que nous avons emmené a été plus que nécessaire pour la présentation du projet.
Pour ce qui est de la vie de tous les jours, nous faisons attention à ce que nous mangeons donc nous ne sommes pas malade pour l’instant et nous essayons de rencontrer de nombreuses personnes. Nous avons tous les soirs les enfants du quartier qui viennent nous voir. Nous sommes également invité à manger chez le responsable du centre ou encore chez le pasteur du coin.
Et notre passion du foot nous a suivi au Cameroun puisque nous commençons à jouer, et nous allons même avoir une licence pour jouer dans des championnats le week-end.
Nous avons un peu visité la ville de Garoua. Pour la recherche des matières premières, nous avons du faire les marchés. Pas de grandes surfaces ici mais beaucoup de petits commerçants qui ont une tôle en guise de toit. Il y a des endroits très pauvres, il y a des décharges improvisées au bord de la route et beaucoup de routes non goudronnées.
Mais le paysage est vraiment joli, les gens sont sympas et il y a de belles photos à faire, on a encore un mois et demi pour faire le tour, il paraît qu’il y a des hippopotames en liberté dans la rivière à la sortie de la ville…
Partagez nos journées en lisant le journal de la semaine qui suit…
Vincent et Sylvain pour En Quête Du Monde au Cameroun
Journal de la semaine
· Samedi 22 juillet
Premier week-end à Garoua. Nous allons enfin pouvoir nous réveiller tard, très tard… Euh pas du tout en fait : Bref debout très tôt pour un week-end.
On envisage d’aller faire un tour au cybercafé pour vous donner le journal de la semaine. Puis, histoire de visiter pas trop loin, on bouge vers le marché. Il paraît qu’on y trouve des fruits et des légumes, il paraît. On a vu beaucoup de magasins vendant des habits en tout genre. On nous avait conseillé de marcher avec nos mains dans les poches pour pas se faire voler quelques affaires et on a bien raison parce que des petits nous suivent…On voit beaucoup de poissons avec pour chaque poisson, une vingtaine de mouches, ah oui, ça donne envie. On fait un tour rapide, c’est pas très propre par terre puis on a l’impression d’être vraiment observé. Quelques marchands nous saluent mais la plupart nous fixent.
· Dimanche 23 juillet
Un réveil encore mouvementé : les bruits des enfants du quartier jouant au football sur la place, juste à coté de notre demeure… Ce n’est pas grave on se rendort mais malheureusement le téléphone se met à sonner aux alentours de 9H30, sûrement Bernard qui nous appelle pour que l’on se retrouve à l’église. Je me lève puis c’est au tour de voodoo. Ce midi c’est spaghetti ; Kevin passe nous saluer et reste avec nous pendant environ une demie heure. D’ailleurs il ne semble pas vouloir partir alors il va falloir ruser : « tiens une pièce pour t’acheter des bonbons va vite la ranger chez toi ». Il faudra faire connaissance avec les personnes du centre histoire de ne pas rester seul le week-end et par la même occasion de faire un peu de tourisme mais ici, il n’y a aucun site touristique alors faudra voir…
· Lundi 24 juillet
Ce matin, on reprend le boulot. Arrivés pas trop tard pour une fois, on finit l’éolienne puis surtout, on trouve au fond d’un placard, une raboteuse/dégauchisseuse. Comme ça, ça fait pas trop rêver mais on est bien content de voir un peu de matos. Du coup, on va même dans un autre atelier pour finir de percer certaines pièces. Les élèves font souvent ça. Il y a plus de matos ailleurs, et ils se déplacent pour pouvoir travailler, je pense que l’on va procéder comme ça. La journée a été bonne de ce coté là. Le chauffeur n’a pas été en retard, les élèves étaient motivés, on a trouvé une nouvelle machine.
Il faut profiter de l’aide de Félix le chauffeur pour aller faire des courses. On choisit de prendre le max de truc et comme de par hasard, le supermarché a reçu plein de nouveaux trucs, dont du lait demi écrémé. Alors, on prend encore des Frosties. On se tente à prendre un ananas du pays, on verra pour le ventre. On dit aussi qu’on travaille à Garoua et que les gens doivent s’habituer à nous voir, le vendeur d’ananas l’a bien compris.
Ce soir, Kévin est venu avec 2 amis à lui, c’est parti en karaoké sans connaître les paroles. Ils sont bien drôles les petits. Une heure après, toujours sans connaître les paroles, ils deviennent un peu usant, alors hop, on décide de travailler…enfin de jouer à l’ordi mais ça ils le savent pas. Merci les enfants, à demain.
On nous a invité à l’église dimanche prochain puisque pour hier, on ne connaissait pas l’heure de la messe. Ben oui, il fallait bien trouver un truc…
· Mardi 25 Juillet
Cette journée commence plutôt mal car nous sommes réveillé par un régiment de canards en rut.
Debout, on mange, on se lave, s’habille et hop dans la voiture. Arrivé au centre nous finissons l’assemblage de l’éolienne et attaquons la structure de celle-ci. Il est vite 12H. Nous rentrons et pour nous c’est raviolis au menu.
Cet après midi nous continuons l’armature de l’éolienne mais nous la finirons demain. Pour ce qui est de la machine dont nous avons tant besoins (raboteuse-dégauchisseuse pour les pro) finalement dans un premier il nous est dit de faire une croix dessus à cause de problèmes de trésorerie mais après négociations avec Bernard, nous parvenons à le convaincre d’acheter un moteur d’occasion que nous rembourserons plus tard…
Avant de partir, un petit briefing avec le chef d’atelier, qui n’était pas là le jour de notre présentation, pour lui expliquer le fonctionnement du système éolienne-pompe.
La mise en place de l’éolienne est un peu plus longue que prévu car les personnes avec qui nous travaillons veulent absolument faire comme il est écrit sur le livret de fabrication. On a répété plusieurs fois que c’était un exemple mais apparemment, ils veulent continuer comme ça, pas de problème. L’éolienne ressemble à deux gouttes d’eau à celle de Cluny.
Petit évènement : nous gonflons le ballon de foot tout neuf devant les ouvriers envieux. Nous organisons donc un match de foot (enfin ! ! !) pour le lendemain après le boulot.
Nous rentrons et dès notre arrivée Kévin est là pour nous saluer ; il semblait nous attendre assis sur la moto de son père.
La soirée passe plutôt vite ; rien à signaler sinon la venue du pasteur qui nous promet que bientôt nous dînerons avec lui et toute sa famille afin de discuter et d’apprendre à se connaître. Nous attendons son retour pour le début du mois d’août.
· Mercredi 26 juillet
Grande journée au centre puisque nous avons prévu de finir l’éolienne aujourd’hui. Ce sera chose faite dans l’après-midi. Robert nous a suivi et aidé tout le long, nous lui avons montré comment procéder, il a changé quelques trucs en fonction de l’atelier qu’il connaissait bien mais très peu de changement quand même. Mais, en même temps, il ne s’agit que de ferraille, nous expliquons que la fabrication de la pompe est beaucoup plus intéressante. D’ailleurs, il est bien chaud pour commencer maintenant Robert, mais nous souhaitons faire un listing des machines disponibles pour ne pas se retrouver à court par la suite. David, le chef soudeur et Ignace, nous rejoindront pour le travail de la pompe.
On a pas pu jouer au foot aujourd’hui, personne n’était prévenu mais apparemment, ce sera bon pour demain. Il y a plein de tournois de foot ici. Des entraînements commencent le matin très tôt, les matchs se déroulent jusqu’à la nuit, on espère pouvoir faire un petit tournoi un de ces quatre, on verra demain, ça se trouve, on a pas le niveau mais on est des vrais stars en France alors pourquoi pas ici… J
Ce soir, personne ne nous attendait à la case, mais une fois la partie de PES commencée, 5 à 7 gamins nous regardaient jouer puis on a regardé un épisode de Desperate housewise avec eux.. Ce qui est marrant, c’est qu’ils sont étonnés de voir qu’on a plein de poils aux jambes. La petite qui nous regardait jouer a osculté un poil du mollet de Voodoo, a même tiré le poil. Ensuite, pareil avec un autre môme sur la jambe de Tata. C’était bien marrant mais bon, on va pas laisser nos poils en souvenir.
On prépare le repas. Toujours en forme, pas de mal de ventre, pas fatigué, pas d’effets secondaires du médicament contre le palu, pourvu que ça dure.
On commence à discuter du rapport de stage que l’on veut finir avant de partir du Cameroun, on discute aussi sur nos futurs boulots, dans un an peut-être, où sera-t-on et qu’est ce que l’on va faire comme job? En tout cas, il y a un an, on s’imaginait pas être 2 mois au Cameroun pour faire un stage ingénieur, alors….
· Jeudi 27 juillet
Très mauvais réveil. Il y avait une fête ce matin apparemment. Les canards se sont déchaînés à côté de notre chambre. Les musulmans vont prier très tôt ici (4h45 du matin selon nos montres), ils appellent à la prière du haut d’une tour, désolé pour le vocabulaire, je sais plus le nom. Enfin bon, on se lève et on attend Félix pour le centre. Aujourd’hui, on sait pas trop ce que l’on va faire mais il faut qu’on fasse le tour des ateliers de menuiserie dans le ville et cela nous prendra la matinée. En effet, nous sommes allés voir tous les vendeurs de bois afin de voir leur différents articles puisque nous comptons nous échauffer sur du bois sec pour fabriquer la pompe (en fait, nous n’avons toujours pas trouvé d’arbre sur pied, il faut une autorisation en plus). Un marchand nous dit plein de bons trucs mais inspire pas trop confiance donc on va en voir un autre qui a l’air de connaître un peu mieux et qui propose un peu plus d’articles. Il peut même recevoir du bois humide. Il nous montre même son atelier de menuiserie pour voir d’où viennent ses produits. Et là, c’est le drame. C’est pas du tout propre, les machines sont là mais peu nombreuses. Il y a une micro décharge à coté, il y a des enfants qui ramassent les copeaux de bois pour aller les vendre ailleurs, ils sont pieds nus. Nous ne trouvons pas trop notre bonheur concernant les machines et nous avons pas trop envie de travailler dans un tel endroit, nous resterons au centre. Beaucoup plus propre et convivial. Sur le chemin, nous allons voir un autre menuisier qui propose aussi des machines mais même topo, ne vous imaginez pas le petit atelier de menuisier sympa à l’artisanale. Le toit est une tôle, les murs ont des trous partout et le système électrique est à deux doigts de mettre le feu à tous les copeaux présent sur le sol, avec les gamins dessus. Enfin bon, une fois remise en fonctionnement, la machine présente au centre fera largement l’affaire. Si vous ne suivez pas trop l’histoire, appelez-nous. Bref, en plus de ça, on va voir un petit atelier de perçage pas loin du centre. Le gars est sympa et il peut faire plein de trucs alors on profitera de son aide. Envoi d’un petit mail concernant le matos à M. Scharr, et nous voilà parti manger nos saucisses aux lentilles avant de reprendre la route des marchés pour cette fois-ci faire des achats et non pas juste regarder. Nous mettons tout en place et nous prenons la route pour le …terrain de foot. Enfin, le match tant attendu. Mais il y a des arbres sur le terrain, la pelouse est trop grande et on pas trop envie de se fouler une cheville donc … mais … on nous propose un autre terrain avec des buts en bois et une ficelle pour faire la barre transversale (on vous en avait parlé une fois !) et là, on a bien rigolé, on a bien couru et on est bien crevé mais bon, on a fait sensation : Un blanc d’en chaque équipe, Tata met 4 buts (2 de la tête, 1 frappe et une talonnade) et Voodoo en met 3 de l’autre coté (2 frappes et une tête). Score final, 7 à 6 pour l’équipe à Voodoo. Du coup, on nous a proposé de jouer dimanche dans un tournoi juste à coté de là où on dort. « les gens seront contents de voir des blancs jouer avec nous ». Donc, c’est bon esprit mais il faut bien se reposer parce qu’on a pris une tarte quand même a courir comme des lapins blancs. En même temps, on a bronzé. Allez, 2 litres d’eau fraîche chacun et un petit Desperate. Bonne soirée.
· Vendredi 28 juillet
Nuit un peu plus calme, du moins le réveil. Pas de canard ou de brebis à 6h du mat. Aujourd’hui, il est prévu de commencer la fabrication de la pompe. Alors hop, un bon bol de Frosties et c’est parti. Malheureusement, il nous manque une pièce importante pour fabriquer alors il faut la trouver. Après avoir fait toutes les quincailleries du coin, on se rend compte que Garoua est une ville où l’on ne trouve pas grand chose. A peine on demande quelque chose hors du commun et il faut voir avec les grandes métropoles. On décide alors de faire fabriquer la pièce qui sera prête pour lundi (pour les connaisseurs, c’est une griffe pour tour à bois qui nous manquait J). On commence à avoir l’habitude de faire les magasins et c’est une bonne chose d’avoir participé à toutes ses expéditions au marché. On pourra par la suite donner de précieux renseignements sur le choix des sites d’implantation des pompes ou sur le choix des villes pour la fabrication.
Une fois rentré, on travaille au centre mais le rythme est pas trop élevé. On fait quand même le boulot et proprement. On nous propose un foot, mais on a plus de jambes, on verra dimanche au tournoi (le tournoi où quand il y a un but, tous les petits du quartier sautent sur le buteur, va falloir être bon….)
Ce midi, un peintre est venu exposer ses tableaux devant notre porte et autant vous dire qu’on n’est pas sur un grand axe de passage. Ca commence à se savoir que l’on est ici.
Aujourd’hui, c’était aussi le moment choisi d’aller au pressing. Caleçons, chaussettes, T-shirt et hop, nous voilà parti. Mais une fois arrivé au pressing, la fille qui s’en occupait a pris peur en voyant tous les T-shirt. Alors, quand elle a vu les sous-vêtements, c’est pas qu’elle a reculé d’un pas mais elle nous a bien fait comprendre que va falloir le faire nous même et que les laveries automatiques ici, ça n’existe pas…. On lui laisse quand même 4, 5 T-shirt les plus sales. Alors, on vous laisse imaginer la suite. Lessive à la main dans l’évier qui s’est enfin débouché mais où est ce que l’on va tout étendre ? Il faut d’abord trouver une ficelle. Enfin bon, ça nous fera une occupation le week-end de laver le linge.
Ce soir, on se repose parce qu’on est un peu fatigué. Puis on verra ensuite notre emploi du temps de demain. Lessive, cybercafé, foot… On commence à se faire des amis, on a un portable, va falloir penser à échanger nos numéros.
Le rendez-vous pour la messe est pris pour dimanche à 9h30… Se lever aussi tôt un dimanche, ça faisait bien longtemps mais ça fait beaucoup plaisir à tout le monde de nous connaître alors on fait l’effort d’y aller. Quand on peut faire plaisir. De toute façon, un canard ou une petite chèvre nous aurait bien réveillé à 7h dimanche alors… on vous racontera, c’est l’anniversaire de la chorale de l’église, on amène le dictaphone.
· Samedi 29 juillet
Nous nous sommes couché aux alentours de 1H29…
La nuit est bonne mis à part le bruit fait par les voisins qui claquent la porte une vingtaine de fois (à environ 6H du matin Rrrr).
Il est 16H, après avoir mis à tremper nos habits sales, nous décidons de partir au cyber café. Retour vers 17H15. Nos journées se ressemblent mais après tout sans voiture ni quelconque moyen de transport il est difficile de faire autre chose. Nous n’allons pas traîner dans les rues quand même, surtout qu’il y a des endroits qui craignent et que nous ne voulons pas courir un risque. Beaucoup de personnes nous regardent lorsque nous nous déplaçons. Ici, la couleur de la peau a une signification…nous sommes riches et certains peuvent en profiter. Nous attendons de faire connaissance avec des personnes au centre. Cette semaine, nous avons déjà vu et parlé a beaucoup plus de monde. Nous n’avons pas voulu précipiter les choses et c’est une bonne chose.
L’après midi est déjà bien entamée et le soleil ne tarde pas à se coucher. Ce soir le repas est composé de riz à la sauce bolognaise puis de tartines à l’abricot ( on fait avec ce qu’on a…). La soirée s’annonce tranquille : un petit film et au lit car demain nous avons rendez-vous avec Dieu…
· Dimanche 30 juillet
La nuit fut fraîche même si il n’a pas plu depuis 3 jours. Nous ne sommes pas en période la plus chaude, au contraire. Tous les camerounais nous disent que nous avons de la chance d’être arrivé à ce moment-là. Les mois de Mars et Avril sont intenables (45° le plus souvent). Mais nous profitons du soleil et nous sortons pour aller au culte. Bernard est venu nous chercher et a emmené son petit de 3 ans avec lui. Ils sont tous bien habillés pour aller à la messe, alors on a essayé de pas trop montrer qu’on avait pas pris nos habits du dimanche mais ça se voit quand même. La messe ressemble à celle de Douala sauf qu’il y a une batterie et 2 guitaristes en plus. On rentre en musique, c’est toujours très différent de la France. Les discours sont semblables mais les chants sont plus sympas. On a même le réflexe d’applaudir mais ça se fait pas dans une église ici. On a encore eu le droit de se présenter devant tout le monde. « Je suis étudiant français présent au Cameroun pour mon stage, merci pour votre accueil » « c’est vraiment sympa » rajoute même Voodoo. Fin de la messe, on repart avec Bernard.
Sur le chemin du retour, on passe chez lui pour rendre visite à sa femme et sa belle-mère. Petite maison bien sympa, bien aménagée. Bernard attend un autre enfant. Pendant notre séjour, il nous invitera à prendre un vrai repas typique du Cameroun.
On passe par les champs pour rentrer chez nous, toujours accompagné par Bernard, ça nous donne envie de visiter le pays mais on n’ose pas trop s’aventurer tout seul en ce moment. On a déjà vu une partie de la ville et on est déjà dépaysé mais en ce qui concerne le reste du pays, on s’affairera à trouver un guide qui nous montrera des biens beaux endroits pendant notre semaine de vacances. Puisque le centre réouvre fin août, les ateliers seront occupés, on en profitera alors pour visiter et pour prendre de jolies photos que l’on vous montrera… puis on vous prendra des souvenirs aussi…
Aujourd’hui, on a attendu nos partenaires de foot mais ils ne sont pas venus nous chercher. On rejouera sûrement avec eux dans la semaine mais on s’attendait à participer au tournoi du quartier, tant pis, il y en aura sûrement d’autres vus le nombre de matchs qu’il y a ici.
On s’est bien reposé ce week-end, prêt pour attaquer une nouvelle semaine…
· lundi 31 juillet
Encore une nuit un peu mouvementée pour Voodoo qui a encore entendu l’appel à la prière. Tata, lui a dormi comme un bébé. Ce matin, on envisage de commencer la fabrication de la pompe, les mettre vraiment dans le vif du sujet. Bernard, qui n’est pas en retard vient nous chercher à 8h. Arrivés au centre, on finit les rouleaux avec Robert et Fabien. Pour continuer la pompe, il nous faut la pièce que nous avons commandé vendredi dernier. Malheureusement, cette pièce n’est pas encore prête et notre journée de travail s’arrête à 10h. On décide alors d’aller acheter du bois qui nous manquait. Les dimensions que l’on souhaitait ne se font pas ici, va falloir improviser… la journée est finie, il est 11h. On décide d’estimer le prix de la pompe-éolienne, maintenant que nous avons tout payé. Autant vous dire que ça ne prend pas des heures pour trouver des factures, alors cet après-midi, ce fut très tranquille, trop même. On attend la pièce pour tourner et le moteur de la superbe raboteuse-dégauchisseuse. Cet après-midi, le chauffeur avait 1h15 de retard.
Ce midi, le gaz nous a lâché. Pas moyen de faire cuire le riz alors on emprunte chez les voisins.
Ce soir, après une promenade au supermarché où on a encore tout dévalisé (d’ailleurs, on a pris tellement d’articles que la caissière nous offre une grenadine), on a acheté un ballon de foot pour les petits. Ils ont bien vu que ce soir c’était open-door, ils étaient 13 à la maison. Ils ont même eu le droit de jouer à l’ordinateur. En même temps, Bruno, un collègue du centre passe nous saluer et nous explique pourquoi il n’est pas venu nous chercher hier pour jouer au foot. On avait pas de licence. Demain, le photographe passe au centre et on aura notre licence de foot. Il y a 6 matchs à jouer avec eux, sur le terrain juste à coté de la maison, bon esprit. Et, par la même occasion, on commence les entraînements demain….
Ce soir, on a appris qu’on pouvait trouver des guides et qu’il y a un endroit où il y a des hippopotames dans la nature, on commence à planifier notre semaine de vacances.
Mais bon, demain, c’est fabrication de la pompe… ou pas, faut voir avec le matos.
· Mardi 1er août
Cher journal, la nuit a encore était fraîche alors le sommeil était profond, mais malheureusement le portable de Voodoo sonne à 7H10 et la montre de Tata sonne 5 minutes plus tard. Il faut se lever. Frosties et beignet pour Voodoo ; pain au chocolat et tartines pour Tata. Le chauffeur n’a que 10 minutes de retard ; s’améliore t-il ? affaire à suivre…
Arrivé au centre, et pour attendre 10H (arrivée de la griffe), nous préparons le débit des différentes pièces pour aller plus vite par la suite. Le matériel n’est pas très sûr, Tata, en branchant la scie circulaire prend une grosse châtaigne mais sans gravité. 5 minutes plus tard, c’est un jeune du centre qui prend de la même façon une châtaigne ; et pour finir, alors que Tata a sa main sur la scie circulaire, un élève s’apprête à l’allumer, mais heureusement un autre attentif l’en empêche… Nous partons donc entier, à 10H, direction l’atelier du coin pour récupérer la pièce que nous avons commandé. Elle est prête, c’est bon, nous enchaînons donc directement l’usinage de l’arbre à excentrique assisté de Bernard et Fabien. Le travail ne sera pas fini à midi. Le photographe fait un saut au centre pour nous prendre en photo, photos nécessaires pour les licences de foot camerounaises. Pause traditionnelle et reprise du travail à … 14H15. Le chauffeur était en retard bien sur.
Nous travaillons donc sur l’arbre pendant l’heure restante. Avant de partir nous sommes informé d’une bonne nouvelle : la dégauchisseuse raboteuse est réparée ; le travail va enfin pouvoir s’accélérer.
Départ à 15H30 pour une petite partie de football. Après avoir attendu tout le monde nous entamons une partie de 2H qui finira sur le score de 4 –3 avec une victoire de l’équipe à Tata, un but de Tata et une magnifique ouverture à la lèvre pour Voodoo… Nous sommes vraiment loin d’être ridicule mais le jeu est physique et les tacles de bouchers ne sont pas sanctionnés.
Bruno nous invite à boire un coup au quartier comme il dit mais nous remettrons ça plus tard, nous sommes trop sales.
Nous rentrons donc fatigué et alors que Tata prend sa douche, Voodoo entame une dernière partie de foot avec les enfants avant que le soleil ne se couche. Les enfants sont ravis de la venue de « zidane » comme ils disent et notre soirée n’en sera que plus tranquille.
Bonne nuit la France …
· Mercredi 2 août
Un chien… c’est un chien qui nous a réveillé à 6h environ, mais on s’est rendormi très vite, les fatigues du foot de la veille étaient encore présentes. Ce matin, nous avons normalement accès à la raboteuse-dégauchisseuse, et nous pourrons alors entamer rapidement la fabrication de la pompe, mais il faut d’abord nettoyer la machine. Tout fonctionne normalement et à part le travail un peu répétitif, le travail avance. On a l’impression de ne pas trop faire de la formation pour l’instant mais ça avance bien.
Ce midi, nous rentrons manger pour midi et nous attendrons jusqu’à 14h15 pour pouvoir retourner travailler… décidément, le retard est une habitude ici mais Robert et Fabien ont anticipé et ont commencé à raboter les pièces pour la fabrication. Mauvaise nouvelle, la machine a un problème et ne fonctionne pas correctement, il faudra attendre le lendemain pour que tout soit en place. Mettre un atelier en forme au Cameroun est une chose un peu difficile décidément.
Nous rentrons pour 15h30 chez nous, la journée fut courte mais on a bien avancé le travail. Dès notre arrivée, les enfants nous sautent dessus pour avoir le ballon de foot, mais nous partons au cybercafé pour donner quelques nouvelles. Le serveur est très lent et on doit attendre 5 minutes entre chaque clics, désolé pour les news, on fera ça ce week-end.
De retour chez nous, on discute avec la voisine, une française d’Aix. On attend Bruno qui nous a invité à prendre un pot. Il est en retard mais on ne s’alarme pas. Il arrive une demi-heure après et nous propose une sortie en ville.
Au volant de sa Corrola, on fait le tour de pas mal de quartiers. Ce soir, c’est notre guide et ils nous raconte beaucoup de choses. Souvent, il prononce le nom des quartiers mais, même en étant attentif, on ne se souviendra jamais de ce nom dans la langue traditionnelle de la région. La visite est très sympa, nous avons jamais vu Garoua de nuit, et apparemment, on a bien fait car certains quartiers sont un peu craignos. On apprend qu’il y a des épiceries de nuit pas loin de chez nous, que les personnes sont encore dehors même si il fait nuit noire. On passe dans des rues inconnues jusqu’alors, il y a des maisons très riches, de jolies demeures, des rues spécialement dédiées aux buvettes, d’autres pour les commerçants. On passe ddans des rues où nous passons la journée. La nuit est bien différente, des commerces ferment, d’autres s’ouvrent…le marché où nous avions l’habitude d’aller est fermé, il y a même des gardiens qui surveillent les rues. Bruno nous emmène partout, il nous fait même visiter les hôtels de la ville, on aperçoit même une boite de nuit. Il y a beaucoup de camp militaires, de camp de police, il y a aussi une ancienne boîte qui fabriquait autrefois les munitions du pays… mais elle a coulé car elle faisait du marché noir. On aperçoit des HLMs, oui oui, c’est rare ici mais il y en a, ils se situent près du stade de foot de Garoua. Il y a un match ce week-end, peut-être qu’on ira le voir. Bruno continue sa visite et on s’arrête ensuite à un restaurant proche de chez nous afin de boire un verre avec Bruno. Apparemment, la bière a un franc succès ici alors on se décide à prendre une bière du pays, une « smoult » qui se transformera plus tard en smooth…. Une bière européenne, l’accent du pays nous a bien eu encore. On passe ensuite une heure environ à parler avec Bruno, un collègue du centre qui travaille dans l’atelier de mécanique automobile et qui nous a sélectionné dans son équipe de foot. Il nous raconte beaucoup de choses sur son pays. Il fait la différence avec l’Europe qu’il n’a jamais pu visiter, sa maman ne voulant pas…. On remarque qu’il n’y a pas de grandes différences parfois, à une échelle différente, c’est sur mais il y a pas mal de similitudes, à propos des inégalités, les différences qui existent entre les personnes des grandes villes et les personnes des villes de province, faites la comparaison avec Paris et une ville de province… L’insécurité existe partout, les bagarres sur les terrains de foot avec les supporters qui poignardent les joueurs (pas à notre niveau heureusement).
Les blancs sont vus comme des personnes très riches, donc les demandes en mariage sont fréquentes et les rackets aussi. Bruno nous explique que la France , où l’Europe, sont des pays de rêve et qu’il sera difficile de retourner en Afrique par la suite, c’est pour cela que sa maman ne voulait pas le voir partir, de peur ne pas le revoir… mais de toute façon, Bruno avait peur de travailler comme un esclave en Allemagne, le pays qui devait l’accueillir….
Le Cameroun est un pays qui a connu des problèmes d’insécurité dans les années 1990. Il y a certaines personnes qui portent encore des armes pour se défendre mais, à part le souvenir des problèmes d’autrefois, rien a survécu à cette période, les gens aiment la paix ici.
Le Nord du Cameroun l’endroit où nous sommes est à 70% musulmans. La différence entre musulmans et chrétiens se fait sentir. Il y a des bars où l’on ne trouve aucun musulman, ou d’autres bars où l’on ne trouve aucun chrétien. Apparemment, le divorce est plus fréquent chez les musulmans. Ils se marient souvent pour « voir ». Bref, il est facile ici, de voir la différence entre ces deux religions. Entre-temps, la « copine » de Bruno qui était dans le bar pendant notre discussion quitte les lieux. Elle se sentait gênée selon Bruno.
Quelque chose nous a frappé. Selon Bruno, si il n’y a pas un blanc dans une entreprise au Cameroun, l’entreprise coulera dans les 3 ans qui suivent. Pourtant, on lui explique qu’on a pu voir qu’il y a énormément de capacité ici, que les gens ont autant de connaissance que nous, mais il manque juste un petit quelque chose, et il en est conscient. Le gouvernement ne met pas la main à la patte. Mais, les « blancs » ont, pour lui, quelque chose de plus. Le Cameroun est selon lui un pays pauvre mais qui arrive à s’en sortir.
On apprend beaucoup de chose donc sur la vision des blancs ici, mais aussi, sur les différences qui existent ici entre eux. On a eu un point de vue sur le pays en lui-même.
On a pas parlé tout le temps de ça, le football était aussi un autre grand sujet de discussion et on attend plus que tout de faire notre match mercredi prochain. En tout cas, demain c’est entraînement.
Un litre de bière chacun plus tard, une pause pipi dans des toilettes qui se réduisent à un simple trou dans le plancher, puis on repart chacun chez nous pour le repas. Spaghetti et une petite série… Quelqu’un vient frapper à la porte. Un missionnaire qui cherche des français… c’est sûrement pour les voisins d’Aix juste à coté…bonne nuit ;)